ROLE PHYSIOLOGIQUE DES MAMELLES
Carpentier de Méricourt, dans son Traité des maladies des mamelles , cite un cas à peu près semblable.
Un matelot, ayant perdu en pleine mer sa femme dont l’enfant tétait, lui présenta le sein pour calmer ses cris ; il fut surpris de voir qu’à force de succion l’enfant put se nourrir pendant toute la traversée.
Villeneuve refuse énergiquement de croire à ces faits sans les avoir vus.
Bédor, moins incrédule, dit : « Je me persuade pourtant quune telle succion, sur les gynécomastes, aurait, plus vite que chez les autres hommes, pour . résultat d’amener la sécrétion lactée. Je m’incline aussi à croire qu’on l'obtiendrait d’autant plus tôt que leurs caractères sexuels seraient plus défectueux. »
Virey croit également que certains hommes ont pu rendre par les mamelons une sérosité laiteuse. « Ces hommes, ajoute -t-il, étaient d’une complexion molle, pauvres en barbe, et presque des eunuques. »
Il est impossible de nier ce fait, que des gynécomastes ont rendu par le mamelon un liquide ayant la consistance et la couleur du lait; mais, comme aucune analyse chimique ni aucun examen microscopique n’ont été faits, on ne pourrait affirmer que ce fût véritablement du lait, bien que logiquement la chose soit possible, puisque l’on a constaté, dans quelques cas, une glande très analogue à celle de la femme.
Le mamelon du gynécomaste entre en érection comme celui de la femme, et cette érection peut amener des sensations voluptueuses. Ce fait d’ailleurs n’a rien d’extraordinaire, puisqu il se produit normalement chez beaucoup d’hommes.
Chez la femme arrivée à l’époque de la ménopause, le sein, devenu inutile, comme l’utérus et les ovaires, subit avec eux une régression. La glande mammaire s’atrophie, subit une sorte de dégénérescence graisseuse ; le sein s’affaisse et devient flasque.
Le même phénomène se produit-il chez le gynécomaste arrivé à un certain âge?
Peu d’observateurs ont suivi leurs malades assez longtemps pour pouvoir répondre à cette question. Chez le nommé Martineau, dont j’ai rapporté l'histoire plus haut, les mamelles ont subi une espèce de régression vers cinquante-cinq ans. On cite encore un ou deux faits de ce genre.
Malgré ce petit nombre de cas, je suis porté à croire que, chez l’homme, le sein obéit plus ou moins aux mêmes lois que chez la femme, et qu'il s’atrophie quand disparaissent les spermatozoïdes dans le testicule. Cette idée est du moins logique et rationnelle.