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PLANCHE I

MORPHOLOGIE DES GYNÉCOMASTES

Le mamelon, peu saillant, légèrement rosé, s’érige sous l’influence d’un chatouillement ou d’une titillation. 11 est alors long d’environ 1 centimètre. 11 existe autour une aréole également très peu colorée et présentant quelques petits tubercules saillants, rappelant les tubercules de Montgomery chez la femme. Aucun liquide n’aurait jamais suinté par le mamelon.

En palpant le sein, on sent très nettement une masse glandulaire, du volume d’une orange.

La poitrine est glabre, ainsi que les membres, qui sont arrondis et sans saillies musculeuses. La peau est blanche et délicate comme celle d'une femme. Le bassin est élargi, et sa circonférence, en passant par les épines iliaques antérieures et supérieures, est de 87 centimètres.

La verge est peu volumineuse et très courte : elle ne mesure que 2 centimètres de longueur et une circonférence de 7 centimètres; pendant l’érection, elle acquiert 5 ou (> centimètres de longueur. Le gland est petit comme une noisette, bien recouvert par un rudiment de prépuce qu’on peut relever.

Au-dessous de la verge il existe deux petits replis cutanés, longs environ d’un centimètre et demi et larges d’un demi. Ces replis simulent un embryon de grandes lèvres et de vulve; mais il n’existe pas de cul-de-sac.

Les testicules sont gros à peine comme des œufs de moineau. Le gauche est mou, plus petit que le droit, et on peut le faire remonter dans l'abdomen.

Le triangle pubien est très nettement délimité et bien garni de poils.

J... a commence à se masturbera l'âge de sept ans; mais, à cette époque, il n’avait pas d’éjaculations, et celles-ci n’apparurent qu’à dix-sept ans. Aujourd'hui même, il lui arrive fréquemment de se masturber sans obtenir de résultat. Pendant son dernier séjour à la prison, comme je le questionnais sur ses habitudes d’onanisme et le priais de m’en-

voyer quelque jour un échantillon de son sperme pour l’examiner au microscope, il m’avoua qu’il s’était, à plusieurs reprises, longuement masturbé sans avoir pu obtenir une seule goutte de semence. Néanmoins, il assure qu’en présence d’une femme la grâce ne lui a jamais manqué et que l’éjaculation s’est toujours produite. Depuis l’âge de dix-huit ans, il se livre assez régulièrement au coït. Dans ces derniers temps, il avait une maîtresse avec laquelle il avait deux ou trois rapports tous les lundis. Seulement, cela le fatiguait beaucoup, et il était pris ensuite d’une envie presque invincible de dormir. Il ne lui répugnait point de toucher la poitrine de sa maîtresse, et celle-ci aimait, assure-t-il, à préluder aux autres caresses amoureuses en lui touchant les seins ou bien en les frottant contre les siens ou encore en lui titillant le mamelon avec la langue.

J... ne s’est jamais senti de goût pour les hommes. Il a toujours refusé de s’habiller en femme. Des hommes lui ont proposé de l’entretenir avec largesse ; il a toujours refusé ces propositions.

C’est, en somme, un être incomplet, au physique au moins, un être que la nature a mal servi.

Voici maintenant un autre fait, emprunté à Olphan.

D..., dix-sept ans, né à Clermont-Ferrand.

Ce jeune homme présente une taille ordinaire, des formes masculines, une corpulence bien normale; la face n’a pas de poils, ce qui n’a rien d’extraordinaire à cet âge; îe timbre de sa voix n’a pas encore subi la mue de la puberté.

La tête est bien développée, autant qu’on peut en juger sans prendre les mensurations craniométriques. Les épaules sont même larges.

Les deux seins présentent une tumeur de la grosseur d’une orange. Ces éminences se distinguent très nettement de ce que l’on remarque chez les hommes d'un certain âge, et qui ont un développement du pannicule graisseux ; au lieu de se continuer insensiblement avec les parties voi-

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sines, elles forment lin relief circulaire; on dirait que, coupant une pomme par le milieu, on l'a appliquée sur la poitrine; si ces seins ne se tenaient très droits, on remarquerait très bien le sillon qui existait en Ire la paroi pectorale et la glande, comme chez les femmes dont les seins retombent.

Ces tumeurs se sont développées, depuis huit mois, d une façon insidieuse et indolente. Si bon enloure leur base d'un lac et qu’on prenne la mesure, on trouve 12 à 14 centimètres ; elles paraissent hautes de 5 à G centimètres. La peau a sa coloration et sa mobilité normales ; pas de lacis veineux sous-cutané apparent ; le mamelon est saillant et l’aréole rose, sans tubercules ni poils.

On sent parfaitement, par le toucher, les lobes glandulaires.

Jamais d’écoulement d’aucune sorte. Le malade n’a pas su nous dire si, à certains moments, les mamelles entraient en érection.

Ces seins sont absolument semblables à ceux d'une jeune fille de cet âge, et si, cachant le reste de la personne, on les montrait seuls à quelqu'un, il commettrait sûrement une erreur de sexe.

Les deux testicules sont descendus; le droit est même plus volumineux que d’ordinaire; le gauche, au contraire, est assez fortement réduit dans son volume; l’épididyme paraît moins atrophié que la glande elle-même.

Le pubis est garni de poils. Le pénis est de forme ordinaire et présente un phimosis. Le malade a des désirs vénériens et il entre en érection pendant l’examen de ses organes génitaux; il prétend n’avoir jamais vu de femme, mais avoue des habitudes vicieuses.

Il n’est pas rare de ne rencontrer qu’un seul sein hypertrophié chez l’homme.

Cruveilhier en rapporte un cas dont j’ai déjà parlé.

Anciaux, dans sa clinique chirurgicale, cite un homme qui avait la mamelle gauche aussi développée que celle d’une femme, mais sans vice de conformation des organes génitaux.

Dans une lecture faite à la Société obstétricale de Dublin par Foot et rapportée par The quaterly Journal of medical Science , il est question d’un garçon de quatorze ans qui avait une hypertrophie de la mamelle gauche, mais toujours sans arrêt de développement des organes génitaux, ni féminisme.

O11 trouve aussi dans The medical Times and Gazette , de Londres, l'histoire d’un enfant de treize ans, qui avait la mamelle droite volumineuse. Mais cet enfant paraissait audessous de son âge ; il était, dit l’auteur anglais, « of rat hcr délicat aspect ».

Morgan, dans The Lancet de 1875, rapporte encore le cas d’un marin qui, à seize ans, eut une hypertrophie de la mamelle droite, avec une aréole brune et lobulée comme celle d’une femme. Les organes génitaux étaient bien développés, a fully and ivell developed ».

Enfin, tout dernièrement, le docteur Folenfant, médecin militaire, nous racontait avoir vu une mamelle hypertrophiée chez un jeune conscrit, que l'on avait dû réformer pour cette raison.

Olphan cite aussi un fait du même genre.

R..., quinze ans, ouvrier en bronze, né à Paris.

Ce jeune homme est d’une taille au-dessus delà moyenne,

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pour son âge; ses formes extérieures et l’expression de son visage sont celles des jeunes garçons de son âge.

Sa voix ne présente pas de timbre particulier. Il paraît avoir, de toute manière, le développement normal de son sexe et de son âge.

Depuis un an et demi, il s’est aperçu d'une grosseur qui se développait d’une façon lente et indolente au sein gauche.

Il présente autour du mamelon une tumeur cle la grosseur d’une orange moyenne. On sent, par la pression, les canalicules glandulaires.

Le mamelon n’est pas saillant, l'aréole n'est pas colorée.

Cette petite masse hypertrophiée est assez mobile et parfaitement ind-olore, même aux pressions assez fortes. Rien de particulier à l’autre sein.

Les deux testicules sont descendus dans les bourses et présentent absolument un volume normal à cet âge.

La verge présente un développement qui n’offre rien de particulier. Le pubis commence à se garnir de poils. Ce jeune homme affirme n’avoir jamais vu de femmes; mais il a des érections et des désirs vénériens, et accuse des habitudes contre nature.

Nous reportons encore nos regards vers son habitus extérieur; nous constatons et faisons constater par des personnes présentes qu’il n’offre absolument rien de particulier, et que, si on le plaçait dans une école, par exemple, au milieu des jeunes gens de son âge, il ne s’en distinguerait absolument en rien.

La polymastie se rencontre de temps en temps chez la femme; et, depuis Junia, fille de Junius Avilus et mère d’Alexandre Sévère, Junia qu’on avait surnommée « Main-

mea », jusqu’à Anne de Bolen, mère d’Henri VIII, et la belle madame Vitres de Trêves, les exemples en sont nombreux.

Mais ce phénomène est très rare chez l’homme. Nous ne connaissons qu’un fait de gynéco-polymastie, et encore deux mamelles seulement étaient hypertrophiées; les autres étaient rudimentaires. Ce fait curieux est rapporté par Handyside d’Edimbourg, dans le Journal of anatomy and phgsiologg . Sur cinq enfants d’une même famille, trois présentaient cette anomalie (nous en avons déjà parlé à propos de l’hérédité). Le premier de ces enfants avait quatre mamelles sur la poitrine, les deux inférieures étant rudimentaires. Les deux mamelles supérieures étaient normalement situées, à exacte distance de la ligne médiane, et elles étaient plus développées que de coutume, more fullxj developed than usual ; elles avaient un mamelon avec plusieurs papilles proéminentes. Elles s’étaient développées à seize ans. Cet homme était bien musclé, avait de belles formes, et ses organes génitaux étaient normalement développés, fulhj developcd and natural..

Le deuxième enfant avait deux mamelles seulement, mais développées d’une façon tout à fait anormale, et laissant exsuder un liquide laiteux.

Enfin, le troisième enfant avait, comme le premier, quatre mamelles, les deux supérieures hypertrophiées.

Les deux autres enfants ne présentaient rien d’anormal sous ce rapport.

L’auteur ajoute que, dans la suite de leurs années, ces cinq enfants devinrent grands, forts, bien musclés, big , strong , muscular and masculine. Néanmoins il reconnaît qu’il y avait chez eux un mélange des traits des deux sexes, blindig of the sexual features .

MORPHOLOGIE DES G YNÉCOM ASTES

Généralement, et à de rares exceptions prés, le gynécomaste a des testicules d’un volume au-dessous de l’état normal, gros comme une noisette, disent la plupart des auteurs. La verge est aussi généralement plus petite qu'à l’état normal. On cite même des cas où elle existait à peine. Bédor prétend avoir vu un sujet dont « le pénis était d’une telle brièveté qu’entre le scrotum et le gland, il présentait à peine la longueur de ce dernier ».

Fanaglio a vu aussi un jeune soldat qui, avec un développement exagéré des mamelles, avait un pénis rudimentaire et un scrotum bifide1.

Néanmoins, je dois reconnaître que, chez les individus qui n’ont qu'une seule mamelle hypertrophiée, il est beaucoup plus fréquent de rencontrer des organes génitaux normaux.

Nous avons dit que les gynécomastes étaient le plus souvent efféminés. Nous retrouvons en effet chez eux quelques signes fréquents, pour ne pas dire constants, de féminisme ou de dégénérescence.

D’abord la voix, au lieu de ce timbre mâle qu’elle prend chez l’homme après la puberté, reste grêle comme celle d’un enfant, ou douce comme celle d’une femme. J’ai fait chanter un jour devant moi un gynécomastc. Une personne qui l’aurait entendu sans le voir, aurait affirmé que c’était la voix d’une fdlette de treize à quatorze ans.

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