APTITUDES GÉNITALES DES GYNÉCOMASTES
Nous venons de voir que les organes génitaux des gynécomastes étaient souvent atrophiés. Dans ce cas, que deviennent leurs aptitudes génitales? Sont-ils impuissants ?
Je ne le crois pas. Presque tous ceux que j’ai observés avaient des érections suivies d'éjaculations. C’étaient, sans doute, des inférieurs sous ce rapport ; mais enfin, ils n'étaient pas impuissants. Du reste, beaucoup d'eunuques sont capables d’entrer en érection. Ils étaient même très recherchés des dames romaines, au dire de Juvénal :
Sunt quas eunuchi imbelles , ac mollia semper Oscula delectent ac clesesperatio barbæ.
Brantôme, dans sa crudité naturaliste, raconte aussi de drolatiques histoires qui ne laissent aucun doute à cet égard. Et Frank assure que, dans une ville qu’il ne nomme pas, quatre castrats pervertirent tellement les mœurs du sexe, que la police fut contrainte d’interposer son autorité pour taire cesser des excès trop scandaleux. . .
Voici, d’autre part, une observation de Robelin *, qui nous donnera une idée assez exacte des aptitudes génitales des gynécomastes.
Le nommé Laiset, âgé de vingt-quatre ans, charretier, d’une taille de cinq pieds trois pouces, entre au Val-de- Grâce, pour y être soigné d’un abcès dont il guérit en peu de temps.
Chargé de lui donner des soins, je m’aperçus un jour que ses mamelles étaient plus volumineuses qu’un homme ne les a ordinairement.
Cette particularité ayant fixé mon attention, j’explorai soigneusement les autres parties du corps, et voici ce que je remarquai. Les mamelles, très bien séparées, d'une forme demi-sphérique et d’une consistance assez molle, ressemblaient parfaitement à celles d’une femme. On sentait distinctement, comme chez le sexe, le corps glanduleux dont ces organes sont composés.
La poitrine était étroite, les épaules saillantes, la voix féminine et le visage enfantin et imberbe.
Les parties génitales, quanta leur conformation, ne différaient de celles de l’homme que par leur petitesse. La verge, semblable à un petit tubercule, pouvait avoir, pendant l’érection, suivant ce que m’a dit l’individu lui-même, un pouce et demi de longueur; les testicules étaient comparables, par leur volume, à une petite noisette.
Je lui trouvai le bassin très évasé, le pubis proéminent et peu garni de poils; ceux-ci manquaient aux jambes et aux bras, et se remarquaient en petite quantité à la région axillaire.
Du reste, le sujet avait peu d’embonpoint, il était même assez grêle. Je tirai de lui les détails suivants : né à Paris de parents bien constitués, il n’éprouva rien de remarquable depuis sa naissance jusqu’à l’âge de quatorze ans, époque à