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DÉFINITION DE LA GYNÉCOMASTIE

Presque tous les auteurs qui ont parlé plus ou moins longuement de ce sujet, se basant sur la simple étymologie (yuvv) , femme — ixocaTo;, mamelle), ont défini le gynécomaste : un homme qui a des mamelles comme une femme. Cette définition est vague et incomplète. On cite en effet des exemples d'hommes ayant eu de grosses mamelles et qui cependant n’étaient pas des gynécomastes.

De plus, en lisant les observations d’hermaphrodisme, j’ai remarqué que la gynécomastie était très fréquente chez les hermaphrodites mâles. Le Dr Mottet me citait dernièrement encore l’observation d’un individu muni d’un rudiment de verge perforée, encastrée entre deux grandes lèvres, avec cul-de-sac au-dessous, individu qui a joué le rôle des deux sexes et qui présentait des mamelles très développées. J’en ai moi-même observé un cas à l’asile d’aliénés de Sainte-Anne.

Le gynécomaste proprement dit, comme l’ont compris

presque tous les auteurs anciens et modernes qui ont écrit sur ce sujet, n’est pas un hermaphrodite. Le gynécomaste est un mâle chez qui les organes sexuels ne sont pas arrivés à leur développement normal et parfait, et les mamelles sont le seul attribut physique de la femme qu’il possède.

Chez l’hermaphrodite, comme chez le gynécomaste sans doute, il y a déviation du type spécifique; mais chez le premier cette déviation est congénitale, tandis que chez le second, au contraire, elle ne se manifeste qu’à l’époque de la puberté. Chez le gynécomaste, la nature hésite au moment de la puberté. Chez l’hermaphrodite, c'est pendant la vie intra-utérine que la nature hésite et dévie de ses lois habituelles.

Sans parler du développement des testicules et des ovaires, dans les premiers temps de leur existence, tous les fœtus humains ont leurs organes génitaux externes conformés de la même manière, et le type uniforme de cette conformation est celui de l’organe féminin. Les fœtus mâles comme les fœtus femelles offrent également l'apparence extérieure d’une vulve quand ils sont très jeunes : ce qui a permis à Dutrochet de dire que tout homme a été femme dans le principe. Mais, suivant la théorie du développement excentrique de Serres et suivant « les phases successives d'un développement qui tend des parties latérales vers la ligne moyenne », chez les mâles cette vulve se soude pour former le scrotum et le pénis; cependant un arrêt ou un excès de développement d’une des parties peut faire un mâle apparent ou imparfait d’une femelle effective et réciproquement d’un mâle effectif une femelle apparente : de là de nombreuses variétés d’hermaphrodites.

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