‹ Les blasons du plaisirChapitre 6 sur 6 · ELLE · texte numérisé non relu

ELLE

Au souvenir de mon amie Toutes^ comme d'une fumée Eteinte, aussitôt consumée^ En vain, comme d'une folie

Par son propre excès abolie, Meurent de l'heure dépassée) Il lui sufil d'être annoncée Pour posséder toute ma vie.

Je voudrais vaincre la matière^ Je me défends, mon âme altière^ Ordonne^ mais je n'obéis

Qu'à mon bonheur^ il est si grand Que je ne sais si je comprends, Ni vois, combien j'y suis soumis.

La peau douce d'un corps si beau Evapore un charme insensé!

Voici qu elle éclat. Cest asse?^.

Le reste a fermé son tombeau.

J'ignore si j'existe encor Alors que je suis au plus haut!

Ma main retrouve son anneau Dans le flot de tes cheveux d*or.

Te voici la. Nous voilà nous.

Tu m'as déjà donné ton cou.

Ma bouche fond contre la tienne.

Je ne veux souffrir que plus tard J'ignore tout de ton retard.

Notre querelle est trop ancienne...

Ce ventre infléchi doucement Pour renfler mieux au mont suprême Sous les mousses de son diadème Lasile de ïenchantement

Possède si parfaitement Ses cuisses rondes oîi s achève Autour du tabernacle d'Eve Le ton d'or de son firmament

Qu'il illumine ton corps blanc Teinté de rose et de safran. Il me parle comme un visage;

Quand le tien se détourne ou ment.

Il m^est^ silencieusement.

Ton plus véridique message.

Pas une place qui ne fonde En somme de perfecîwn La ligne, à la fois^ longue et ronde Que moule ta dileclion

Afin que tout y corresponde — Délire^ attente, inaction, — A sa merveille et quy réponde Le rêve au cœur de Y atlion

Enfin conquise^ dépassée^ La Grâce ici réalisée Toujours par la possession

Où le meilleur de la donnée Humaine à soi-même ordonnée Berce sa propre passion.

Ç^u importe mon lot si mes bras, Refermés sur autant d'extase, Retiennent la meilleure phase Que l'existence offre ici-bas !

Grandir vers le plus doux trépas Pour en renaître^ clos au vase Du secret^ sûr de cette base Et de n'en être jamais las!

Tu m'as toujours été plus belle ^ Meilleure, et si l'aile éternelle N'a pas encor livré ton âme^

C'est, sans doute, pour mieux, moins sûrs.

Perpétuer aux chenets durs

Du Temps les feux de notre famme.

Ne lutte plus. Reste liée Sur la fatigue^ dans mes bras; Le silence heureux permettra L'aile que tu retiens pliée.

Laisse-toi dormir peu à peu Que je puisse léployer toute; Elle éventera cette route Dont tu récuses le ciel bleu.

Je pourrai f aimer sans surprendre Ce qui blesse un souci trop tendre Quand il s abandonne ou s y voue !

J'adorerai ton corps splendide^ Je rêverai que je te guide Vers plus d'amour quil n'en avoue.

Ton sommeil apaisé dénoue^ Ce que la vie en toi oppressé^ Il semble^ contre la tendresse^ Alors que ma voix y échoue.

Mes baisers auraient-ils dissous La rébellion que ton front dresse Tour que plus femme ^ moins maîtresse^ Tu me laisses dans tes genoux ?

Je crois que je t'ai recréée zAu point de t avoir délivrée Du Mal au cercueil qu il te cloue

Et que ton âme, retrouvée^ T'apprend comme tu es aimée^ Son souffle aux roses de ta Joue.

Tes yeux d'or orangés d'agaîhe Sous leurs paupières et leurs cils^ Quand tu dors, à quoi songent-ils ?

Leur onde métallique éclate^

MaiSy muette à ce qui la dérange Quand j'interroge ses exils...

Tes yeux dorés, d'oii viennent-ils ?

Ils bercent plus d'un mauvais ange.

Je ne sais rien de leur secret, Joyaux de mon plus cher coffret Qui tient tout le bonheur du monde;

Rentrés en eux dans ton mystère^ Teut-étre, vers une autre sphère Tenirainent-ils, 6 Uagabonde !

La volupté mène plus loin Que la femme ne sait le voir U homme dont Têtre, sans déchoir, A dépassé son propre soin.

En moij comme dans ton miroir Le plus vraij demeuré sans tain^ Toute la nuit, jusqu'au matin.

Tu as vécu sans le savoir,

U infini du plus beau poème Entrait en toi mieux que moi-même Vers ton cœur...,Y a-t-il atteint ???

Peut-être le bon grain qu'il sème Renaît-il^ par delà toi-même, Dans l'inconnu de ton destin....

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