LA TOUR DE BABEL
Plus haut ! Dressons toujours plus haut ces hauts piliers ! Après les tours, encor des tours! Sur la terrasse, Des terrasses ! Vieux ciel dont l'inûni m'embrasse, Déjà ma main t'insulte en gestes familiers.
Des rampes, des arceaux, des piliers par milliers !
Plus haut I Montons toujours ! Chaque homme ! Chaque race !
Et bientôt Ton verra pour y laisser leur trace
Sur la vitre d'azur les clous de nos souliers.
Mais en vain notre orgueil armé de patience
Entasse sans repos et l'art et la science.
A mesure que nous montons, le ciel s'enfuit !
Et nous retombons las, vaincus, meurtris, exsangues, Sous Babel qui s'écroule et sous l'horrible nuit Où nous nous égorgeons dans le chaos des langu es.
LE IIALEUR
Oui, la mort est une arche au sein de ce déluge. Gomme dit la chanson, une fois là dedans C'est pour longtemps, on est exempt du mal de dents, De la potence et du carcan. C'est un refuge.
Pourtant, ne plus avoir mon cri dans le grabuge, Ne plus lutter avec les mystères grondants Du monde, dont les lois, les faits, les accidents, Tremblent, obscurs, devapt mon œil clair qui les juge;
Avouer .ma défaite et coucher au cercueil
Ce moi si fier, armé d'un indomptable orgueil;
Non, je ne puis! Fuyons cette porte d'auberge !
Haleur de Tinfini, je haie jusqu'au bout, * Et, quand viendra mon tour de tomber sur la berge. Je veux mourir dans, un dernier effort, debout.