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LE CONQUISTADOR

Sur la rade où s'éteignent les feux.

Balance-toi, vaisseau de mes vœux !

Demain soufflera dans mes cheveux

Le vent mystérieux des voyages.

Vienne le dernier quart de la nuit, La flotte aventureuse s'enfuit; Et la boussole qui nous conduit, C'est l'espoir des vierges mouillages.

Quittons ce vieux monde où tout est vieux, Où le soleil las n'est plus joyeux.

Viens 1 je sens des larmes plein mes yeux Quand passe un nuage sur ma tête.

Comme lui je veux fuir loin du sol.

Laisse au bois chanter le rossignol Nous, les goélands au large vol, Allons crier dans la tempête.

Adieu, ma mèret Ma femme aussi!

De mes enfants qu'un autre ait souci !

La vie est trop lourde à vivre ici.

Vous demanderez sans moi l'aumône.

Je n'ai pas vos désirs ingénus, Mais j'ai soif de pays inconnus Où je puisse baigner mes bras Dans le sang rouge et dans l'or jaune.

Au large, au large, conquistador!

Sois chasseur d'hommes et chasseur d'or!

Ouvre comme une aile de condor La voile noire des caravelles !

Si rOcéan est couleur de fiel, Là-has la terre est d'ambre et de miel Et Ton y voit au jardin du ciel Fleurir des étoiles nouvelle?.

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