LE TURC
Hop! mon cheval, hop! galope!
Mon sabre nous enveloppe D'éclairs bleus en tourbillon^
Ta crinière que je flatte Dans la mêlée écarlate Déroule un noir pavillon.
Quand aux carrefours des villes
Nous broyons les foules viles
Des chiens de Chrétiens tremblants.
Tes pieds plus vifs que des ailes
Arrachent des étincelles
De feu rouge aux pavés blancs.
La mer aux flots de sinople Qui garde Constantinople, Demain nous la franchirons.
J'irai dans les basiliques Déclouer l'or des reliques Pour ferrer tes sabots ronds.
Les Grecques, mes prisonnières.
Seront tes palefrenières,
Et leurs mains aux doigts nacrés,
Pour te rafraîchir la gorge,
Mêleront le miel et l'orge
Au fond des vases sacrés.
i[(5 LES BLASPHÈMES
Afin que ton poil qui fume Se repose et se parfume, Tu prendras si tu le veux Leurs chambres pour écuries Et pour litières fleuries Les gerbes de leurs cheveux.
Tu les verras toutes nues, Et, pris d'ardeurs inconnues.
Tu henniras en rêvant Devant leurs croupes rivales De la croupe des cavales Qui s'en vont la queue au vent.