‹ Les blasphèmesChapitre 51 sur 64 · L'ESCHOLIER · texte numérisé non relu

L'ESCHOLIER

Léger d'esprit et de pochette.

Je n'ai ni soucis, ni deniers.

Mais je sais comme on décacheté Les flacons que les taverniers Au caveau tiennent prisonniers.

Quand gratis je m'y désaltère,

Comme les oiseaux printaniers Mon cœur plane entre ciel et terre.

Je n'ai rien de ce qu'on achète,

Pas même un lit dans les greniers.

Mais je sais trouver ma couchette

Où la trouvent les lanterniers,

Dans les vieux fours, dans les charniers.

Parfois je me fais locataire

D'un arbre, où, loin des centeniers,

Mon cœur plane entre ciel et terre.

Souvent aussi j'entre en cachette Chez les seigneurs mal aumôniers, Et là je dîne sans fourchette Aux dépens de leurs cuisiniers.

Quand ils surgissent, chicaniers, £n les tuant je les fais taire.

Pour fuir les remords rancuniers Mon cœur plane entre ciel et terre.

Prince^ à ce jeu mes jours derniers Risquent une fin gibé taire.

Si Ton me pend, adieu paniers I Mon cœur plane entre ciel et terre 1

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