‹ Les Blessures Par Shumine: Déflagrations et ProjectionsChapitre 17 sur 25 · RO · texte numérisé non relu

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écran radioscopique. L'ensemble des lésions sera poudré aux sulfamides, après nettoyage au Dakin, une gaze protectrice * recouvrant l’ensemble, accompagnée d'un méchage éventuel. À part quelques suppurations secondaires déjà signalées, la réparation est de règle rapide et n'excède pas une dizaine de jours,

D. — Lésions générales de voisinage, le shock et le Blast-Injury.

Le shock et le syndrome décrit par les auteurs britanniques et américains sous le nom de Blast-Injury (blessure par souffle) nous ont paru présenter des rapports suffisamment étroits pour qu'il nous soit permis de les réunir dans ce même paragraphe. Le terme de shock n’est que la traduction de l’état cénéral des blessés graves à Ja suite de traumatismes d’ampleur, de forme et de localisation très diverses. Si nous adoptons la classique distinction entre shock immédiat au moment de l'accident, shock primitif après la première heure et shock secondaire après la huitième heure, le shock du blessé par mines est indiscutablement un shock primitif. 1] n'apparaît que lentement, parfois plusieurs heures après la blessure; le malade, au début, a gardé toute sa lucidité, s'inquiétant de ses lésions et de leur gravité et, quoique capable de répondre à tous les stades aux questions qui lui sont posées, il devient de plus en plus indifférent. Nous n'avons ‘rencontré le classique facies grippé avec nez pincé et pâleur grise que chez des individus abandonnés sans soins sur Île

terrain. Le blessé-est donc conscient, il a froid et le dit; le.

pouls est accéléré, mais nettenrent perceptible; la dyspnée

ne pous à pas paru particulièrèement pénible, sauf dans les

cas où une petite hémoptysie est survenue; 1] ne nous à pas été possible de vérilier la tension. Le shock n'a pas non plus la forme éréthique parfois signalée; mais, devant l'étendue . des lésions, des gestes de désespoir sont bien compréhensibles. Nous n'avons pas eu davantage l'impression que don-

nent les blessé abdominaux, dont il et impossible dé tirer un mot. È

Quelles sont les causes physio-pathologiques du shock chez. le blessé par mine à |

— L'hémorragie. Elle ne joue sûrement qu'un rôle très secondaire, le blessé n'a presque pas saigné, même si le garrot n'a été placé que tardivement, ce qui est rare, car l’en- tourage est généralement prévenu.

— Les toxines et l'infection. Quénu a vu chez elles le primum movens. Dans le cas particulier, nous nous trouvons bien en présence d'une véritable bouillie musculaire à laquelle la pollution et la brûlure apportent leurs effets. Nous pensons cependant que l’aplasie vasculaire immédiate, à laquelle se surajoute le garrot, ne permettent pas la diffusion de substances toxiques dans une proportion telle qu'il puisse y avoir débordement du foie par la masse des polypeptides et ptomaïnes libérées en excès.

— Les lésions nerveuses. Elles jouent certainement un rôle; une influence nociceptive prend nâissance au niveau du foyer traumatique, qui englobe largement les éléments sympathiques et sensitifs. Mais une action unique ne peut donner lieu à un shock expérimental que lorsqu'elle intervient sur ‘des troncs primaires. La mise en cause de troncs secondaires ne Suffit pas, mais si à l’action sur un tronc secondaire se

surajoutent.de multiples microtraumatismes nerveux, disséminés dans toute la masse du corps, peut-être est-il possible de ramener le shoëk à l’ensemble de ces lésions nerveuses. Ces microtraumatismes disséminés sont l'effet de l’action de déflagration, et nous arrivons donc ainsi à la question du Blast-Injury. : |

— Le Blast-Injury n'est pas un inconnu. Déjà, après la dernière guerre, Forgue signalait le rôle des trains d'ondes gazèuses dans les plaies par projectiles et attribuait à ce qu'il appelait « le cône d'air » 14 disproportion des lésions avec l'exiguité du projectile. Mott, en 1916, avait déjà essayé d'in-

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terpréler ces laits. En cinq ans, les auteurs anglo-saxons leur - ont consacré de nombreuses études, et quoique différant sur cerlains points, en particulier le mode d'action physique, ils ont admis le principe de lésions de concussions résultant de trains d'ondes, naissant d'une explosion à grande puissance. Le Médecin-Commandant Bauman a étudié leurs constatafions, et les résume ainsi : dans l'air, une explosion produit un accroissement de pression formidable, dont l'énergie se dissipe en deux éléments : une vague de pression, suivie d'une vague de succion. Un vent, très puissant, mais vite tombé, souffle en toutes directions. L'effet, explosif est donc de courte portée, mais il est beaucoup plus dangereux en. milieu clos qu'en.plein air (shock très marqué chez la blessée de l'escalier; voir observations in fine). On à beaucoup diseuté de laquelle des deux vagues, de pression ou de succion, serait la vulnérante. Pour Hayward, c'est la vague de succion. qui agirait, et Lartener, soumettant des souris à des dépressions brusques, a observé des lésions comparables à celles du Blast. Pour Krohn, Whitteridge et Zuckermann, la vague de pressron est responsable, car si l’on place un lapin dans un cylindre. métallique protecteur en laissant à l'extérieur la tête et si on le soumet à un souffle explosif, dont la pression ne peut agir sur le corps, on ne constate aucune des tésions habituelles du Blast, bien qu'il soit soumis aux Conséquences possibles de la succion par le nez et la bouche. Nous nous £arderons de prendre parti dans celte discussion, quelque peu bizantine. Que la cause soit l’action au la réaction, l'effet seul est à retenir.

En clinique humaine, on peut, suivant l'importance des : lésions, distinguer trois grands types de Blast : — Le Blast généralisé immédiatement mortel, que la shumine n'a pas une puissance suffisante pour provoquer. A — Le Blast thoracoabdominal, qu'il ne nous a pas été donné de constater à la nécropsie, mais auquel nous pouvons rapporter deux faits probants : des douleurs abdominales el

des hémoptysies. Poumons et tube digestif sont généralement touchés ensemble, ce qui s'explique par la transmission de . l'un à l’autre par la paroi souple qu'est le diaphragme. La fine intrication à leur niveau d'éléments vasculo-nerveux, séparés par des masses gazeuses ébranlées par la déflagration, les rend particulièrement vulnérables. Au niveau du poumon, les lésions prédominant à droite et aux lobes moyen et infé- | rieur, surtout au voisinage du diaphragme, sont telles que les poumons peuvent porter l'empreinte des côtes, comme l'ont signalé Wilson et Cumbrrdge dans leur observation de dix-huit tués, trouvés danse un abri, à Malte, après explosion d'une bombe de 500 kilos. On trouve également de petites lésions hémorragiques évolutives pouvant aller jusqu'à l'infiltration d’allure pneumonique. À la radio, Westermark a vu des taches disséminées ou groupées de la dimension d’un grain de riz. Au niveau du tube digestif, on a signalé des lésions hémorragiques capillaires à localisation cæcale où iléale, avec parfois rupture d’un segment intestinal; la péritonile consécutive ne semble pas revêtir toujours son allure dramatique. Du melæna et des hématuries ont été signalées par Canneron, Short, Wakeley. Dans le cas qui nous intéresse, et qui nest qu'une forme primaire et alténuée des observations que nous venons de rapporter, nous retiendrons les deux points suivants : d’abord, qu'il n’y a pas lieu de s'inquiéter outre mesure des hémoptysies el douleurs abdominales accusées par le malade, elles cèdent naturellement; ensuite, que ces lésions minimes, mais multiphiées, ont uhe action sur le shock. Il est possible qu'une extension, un liraillement du plexus solaire, en soient la cause majeure.

— Le Blast auditif est extrêmement fréquent. Il frappe non seulement le responsable de l’explosion, mais ceux qui se trouvent à proximité. Les caractéristiques sont : une douleur extiêmement brutale et aiguë avec sensation d'introduction d'un corps étranger, une surdité immédiate et complète avec perception de sons modulés. Le tympan se perlore suivant une ligne rectiligne, et rarement par un orilice punctiforme.

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E doit y avoir aussi déplacement de la chaîne des osselets

puisque des lésions subjectives acoustiques sont enregistrées. en l'absence de perforations. Parlois, otorragies importantes, qui s'arrêtent par tamponnement, mais vont ouvrir la porte à l'infection plus ou moins rapide, si on laisse le caillot dans le conduit auditif (observations in fine). Ces lésions se réparent généralement d’une manière parfaite dans l’espace de quelques semaines...

— Traitement du shock et du Blast : Le repos, qui, d’après les auteurs anglo-saxons, est d’une ihportance primordiale, sera imposé même aux blessés légers. Les autres prescriptions seront classiques : cœur soutenu par caféine ou solucamphre, tension remontée par la cortine, angoisses et dyspnée combattues par la morphine, qua les lésions abdominales du Blast ne contre-indiquent pas. La transfusion sanguine ou plasmalique ne nous à paru que rarement avoir une indication impérieuse | |

Les lésions auditives nécessiteront une désinfection locale. Il vaut mieux s'abstenir d'injection de liquide, qui risque de propager l'infection. Alexander conseïlle la pulvérisation de sulfamides.

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