L L I INTRODUCTION
Neuf années de guerre pèsent lourdement sur la première. moitié de ce siècle, qui se réclame du progrès.
Les temps qui l'avaient précédé ne connaissaient guère que là blessure par arme blanche.
En. 1914, malgré les enseignements de la guerre russojaponaise, le mot de Souvarof valait toujours : « La balle est folle, seule la baïonnette est sage », et les règlements, selon. les armes, considéraient comme acte final du combat l'assaut ou la charge.
La guerre de 1914-1918 affirma de façon péremptoire la : puissance destructrice contre le « matériel humain » de l’obus explosif et de la balle débitée automatiquement. Nos anciens, durant quatre ans,’ se sont penchés sur les affreuses bles-
sures ainsi provoquées,
La guerre de 1939-1945 devait voir plus horrible encore avec les plaies p ar fortes bombes et mines.
L'extension des moyens de destruction a provoqué une extension des moyens de conservation.
Cette étude portera exclusivement sur ‘les eltets de la shumine.
. La mine-piège n'était pas complètement inconnue en 1939. ; Elle avait fait son apparition en 1947, lors de l'évacuation par les Allemands du saillant de Soissons. Mais les diiférents types n'en étaient pas encore établis et les engins, dus à l’ingéniosité des sapeurs, se limitaient à des grenades amor-
cées reliées à quelque objet ou à des obus munis de fusées spéciales, particulièrement sensibles.
Dès 1939, les Allemands firent un emploi généralisé d’engins étudiés en vue d'effets déterminés. La parade vint rapide avec le détecteur électromagnétique, vite inopérant par suite de l’utilisation de métaux non ferreux, de verre et de bois. Ces mines indétectables se multiplièrent et les Américains les recherchèrent avec un nouvel appareil : l’oscillateur électrique à 1.000 périodes, dont le dérèglement par une masse métallique, même infime et quelle que fût sa nature, entrainait un crépitement aux écouteurs.
Ce procédé scientifique n'était pas à la portée de tous, et trop souvent le combattant français en fut réduit à sonder le sol avec des baïonnettes, qui, enfoncées prudemment, devaient déceler la présence de corps solides.
Les pertes par mines furent par endroits impressionnan tes, au point de dépasser en certains secteurs celles provoquées par les autres armes.
L'expérience amena la méfiance, et nous voyons encore une rangée d'orangers bordant une route suivie par un division coloniale, sans qu ‘un indigène se risquât à cueillir un fruit. :