‹ Les BoersChapitre 8 sur 11 · XV. — LE « GELDET^LAND · texte numérisé non relu

XV. — LE « GELDET^LAND

Creuse les flots mouvants de ta svelte carène ; Beau Geîderland y c’est toi que la Petite Reine Envoie à l’Oncle Paul, sublime pèlerin.

Va, sillonne les mers et que chacun se range... A ta poupe rayonne un lambeau souverain : L’auguste Pavillon de la Maison d’Orange.

O vous qui m’écoutez, ô Rois, Pasteurs des hommes Je suis le Pèlerin Krüger qui vient vers vous.

On égorge mon peuple et j’implore à genoux Votre pitié pour les malheureux que nous sommes.

Pitié pour mes soldats qui, jadis laboureurs,

Pour défendre leur sol ont quitté la charrue Et d’une ardeur, par le péril sans cesse accrue,

Ont bravé saintement la guerre et ses horreurs.

Pitié pour les vieillards de qui les yeux en larmes Pleurent sur les espoirs fauchés de leurs vieux ans, Et qui, vers le Seigneur, soulèvent impuissants, Leurs torses amaigris, trop faibles pour les armes.

Hélas, dans leurs Amours ainsi que dans leur Foi, Qui vous dira jamais ce que souffrent nos femmes, Nos mères et nos sœurs : Empereurs et vous, Rois, Pitié, tant de douleur doit émouvoir vos âmes.

Oh! Pitié, mille fois pour notre pauvre enfant Exilé dans ces camps où l’Anglais hypocrite Préserve soi-disant sa faiblesse et l’abrite,

Quand il ne brûle pas la ferme en l’étouffant.

Pitié pour vous, hélas, et pour les autres hommes Esclaves de l’honneur et de la loyauté,

Qui refusent, épris d’humaine dignité,

Une tache à leur âme et pour aucunes sommes.

Pitié pour toi, Jésus, qui fut crucifié Parce que tu rêvas d’une haute doctrine ;

Pitié pour toi qui vois, de la droite divine Où tu sièges, ton pauvre fils sacrifié...

Enfin, pitié pour Dieu, seul et dernier Refuge,

Pour le Père Eternel qui nous voit et nous juge...

Les Rois, les Empereurs, muets, semblaient dormir, Et Krüger soupira : « Nous n’avons qu’à mourir ».

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Aveugle comme Œdipe et comme lui fatal,

Le vieux Krüger va vers la reine Wilhelmine.

Mais au suppliant qui s’incline :

« Je te salue au nom du vieux sol Ancestral, Dit-elle, et si le Ciel, pour achever vos peines, Réclamait ma couronne et le sang de mes veines,

Je les donnerais au Transvaal.

Je ne puis que prier, en évoquant l’Histoire : Souviens-toi du duc d’Albe et du grand roi Loui Et des Anglais et de tant d’autres, éblouis Par mes aïeux qui sont les tiens devant la Gloire Sache qu un tel flambeau ne s’éteint pas ainsi Krüger baisa la main royale et dit : Merci.

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L’orage a disparu derrière la colline :

Sa pipe aux dents le fermier Boer songe ; il s’incline Sous le poids du labeur et des ans révolus.

Mais tandis qu’il rêvait de ceux qui ne sont plus, Voyant venir l’espoir des aurores prochaines,

Le chariot ployé sous la riche moisson,

Ses enfants qui lui font au cou de douces chaînes,

Il pense : le Seigneur a béni ma Maison.

Paris , Bévrier 1902.

Gabriel MONTOYA.

Le Calme ayant l'Orage

Le Calme avant l'Orage (Suite)

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Tu ne connais pas ta for. tu ne.

o fermier Boer

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