SCÈNE II
Les Mêmes, MONTORGUEIL, DIGONARD,
A leur entrée, les joueurs s'arrêtent un instant et les regardent.
LE garçon. Au cinq... au cinq à jouer.
UN joueur. Voilà !
Montorgueil et Digonard se mettent à une table; le Garçon leur sert un bol de punch.
digonard. «J'avoue , cher ami, que je ne comprends guère ton plan.
montorgueil. C'est possible, mais je te demande de m'aider, et non pas de comprendre.
DIGONARD. Fort bien ; je t'aiderai sans me compromettre.
MONTORGUEIL. Soit. Voici maintenant quel est mon but : ressaisir Paul , qui nous échappe , et les deux cent mille francs que
LES kohi:miens de paris.
>ns étions si prt'S dt* trnir. Je t'ai dit hier : rO(eraieul pas , jr ,■ - 1 : ■r.
DKio.NARD. Mais i)uiM|iic le frère c^a venu, k; uuriage est iiujwssible.
MOMORGLEiL. Oui , SI nous DC Tempeclmns pas d'agir...
i.K (;\i;(0.\. Au six à jouer.
i)u;()\vHi). Et tu dois le revoir ?
MoM<M5<;uEiL. Ici, tout à l'heure... j lui ai lait dire par Bagnolet que l'honneur de son frt're était encore entre mes mains, et que je Fatteudais pour tout terminer : il viendra. . . Kt puis, d'où naîtrait sa déflance?... un estaminet , un lieu public
DK^ON.VRD. Oui ; mais un quartier peu habité , une rue presque déserte.
MONTORGL'EiL- Il ne s'aperccTTa de tout cela que lorsqu'il sera venu.
LE GARÇON. Le Sept mort! Au huit i'acqnit! DiGONARt). Mais, si, au moment d'arriver, il allait rebrousser chemin... moi, d'al^ord, j'en serais capable; je rebrousserais.
MONTORGLEIL. Il ne le fera pas : j'ai des vedettes bien échelonnées, je serais vite instruit, et je pourrais le ramener moi-même. PLLRE d'oignon. Enlevé!... à moi la poule. POPLARD. Dis donc , est-elle grasse , an moins ?
PLi'RE n'oiGXON. Quarante - sept sous... > a m'attendre , avec Chalumeau , chez le père Baiivard ; vous y trouverez les amis , touîe la petite bohème ; je paye à souper.
CHALUMEAU. A souper , ça me va... mais ■ Tirquoi que tu ne viens pas tout de suite c nous?
PLCRE d'oignon. J'peux pas... j'ai affaire en route !
CHALUMEAU. Sois pas longtemps.
POP[..\RD. Adieu!...
Ih sortent tous les deax.
:»io>.ïutn. Lia. , qui a observé ce qui fe passait, se levant. Voici bientôt l'heure, il ne peut tarder.
DiGOMARD. Alors, je m'en vais; je ne
veux pas paraître dans tout ceci : c'est bien
assez de te prêter cet établis.sement et la
ison qui m'appartienui-nl ; je devais faire
litre la masure aujourd'hui, mais poi:r
toi je retarde de trois jours.
MONTORGUEiL. Il n'y a plus du' locataires?
DIGOXARD. Pas un seul !
MONTORGUEIL. A merveille! {Tirant un
cigare de sa poche.) Plure d'Oignon ! {Plure
d' Oignon s'approche la casquette à la main. )
Du feu !
PLURÉ d'oignon, apporte du feUy toujours la tète découverte. Voilà !
WONTORGUEIL. C'est bon , va-t'en !
Il ^'éloigne.
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