L.-M. Laperriêre, Ptre
Lequel extrait, nous prêtre curé soussigné, certifions être conforme au registre original, déposé dans les archives de la dite paroisse.
St-Norbert, le 29 juin 1911
J.-S. Beliveau, Ptre."
A M. Louis Gravel, époux de Louise Paquin, revient dit-on, l'honneur d'avoir abattu le premier arbre sur la terre où est bâtie l'église de St-Norbert.
L'exemple de courage donné par M. Pien-e Landry Bercase ne manqua pas d'avoir des imitateurs. Bientôt arrivèrent plusieurs autres nouveaux colons, entre autres : Messieurs Alexis Turcotte, Guillaume
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Paquin, François Paradis, Alexis Paradis, Paul Paradis, PieiTe Paradis, Joseph Lanoie, Ambroise Luneau, Pierre Pen-eaiilt, Narcisse Verrette, Joseph Jiineau, François Dessert, François Etu, Pierre Vincent, Antoine Lebel, Xavier Ducharme, Narcisse Dessert, Antoine Paquin, Joseph Ayotte, Charles Landr}^, Edouard Charapoux, Godfro}^ Cormier, François Caron, Frs. X. Marcotte, Narcisse Béliveau, William Sharps, Edouard Prince, Louis Prince, Barnabe Picher, Antoine Prunelle, Joseph Antoine Brunelle, Charles Grosleau, Jean-Baptiste Roy, Rémi Trottier, Jean Matte, Guillaume Gosselin, Julien Roberge, François Mailhot, Damase Roberge, Xavier Roberge, David Prince, Pierre Nolin, Elzéar Nault, Jean Hamel, Jacques Hamel, Joseph-Etienne Landry, Moïse Cantin, Louis Guertin.
En outre des noms ci-dessus mentionnés nous trouvons dans les premiers registres de St-Norbert d'Arthabaska les familles suivantes :
Joseph Poisson (père), époux de Louise Marchand, Joseph Poisson (fils), époux de Adélaïde Leclerc, François Gagnon, époux de Thérèse Paradis, Alexis Gagnon, époux de Esther Insleur, Georges Insleur, époux de Marie Gouin, Joseph Ayotte, époux de Marie Bélanger, Louis Ayotte, époux de Eraélie Etu, François Etu, époux dejosephte Perrault, Narcisse Dessert, époux de Rosalie Luneau, Charles Landr}^, époux dejosephte Labissonnière, Joseph Rousseau, époux de Marguerite Bélanger, Rémi Ouellet, époux de Oville Prince, F.-H. Croteau, époux de Marie Chaurette,
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Louis Baron, époux de Julienne Côté, Edouard Champoux, époux de Rosalie Trottier, Pierre Turcot, époux de Barlie Morrisson, Alexis Langevin, époux de Cléopliée Cloutier, Richard Neigle, époux de Mary Murpliy, Joseph Richer, époux de Genevièvre Paquin, F.-X. Turcotte, époux de Calixte Gauthier, Eustache Paradis, époux de Eniélie Baril, J.-B. Baron, époux de Christine Charette, Louis Beaucage, époux de Aurélie Paquin, François Larivière, époux de Henriette Richard, Philippe-Napoléon Pacaud, époux de Clarisse Duval. ! Les débuts de la paroisse de St-Norbert, comme il arrive d'ailleurs pour la plupart des nouvelles paroisses, furent bien pénibles et bien laborieux.
En lisant ce que raconte un annaliste au sujet des misères des premiers temps de la colonie, vous serez étonnés, même serez-vous tentés de dire : Est-ce possible ? Est-ce bien réel ? N'a-t-on pas exagéré ? Tant de souffrances et de privations, et n'avoir pas été pris de découragement !
Si les anciens revenaient et pouvaient parler, ils vous diraient bien haut : Oui, c'est bien là le tableau fidèle des privations que nous avons endurées lors de l'ouverture des paroisses des Bois-Francs.
Ces patriotes au courage invincible et d'une énergie de fer ne savaient pas reculer devant les sacrifices ou les ennuis. Le découragement voulait-il s'emparer d'eux, ils le combattaient par cette pensée : nous travaillons pour nos familles, pour notre pays.
En efifet, sans les dtirs travaux, la persévérance de
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nos ancêtres, habiterions-nous aujourd'hui cette magnifique région canadienne-française qu'on a appelée à bon endroit : La Suisse des Cantons de PEst f
Par l'histoire de quelques-uns des premiers colons établis à Saint-Norbert, nous pourrons nous faire une idée de ce que furent la plupart des autres.
Vers 1841 arrivait à Saint-Norbert M. Alexis Turcotte, natif de St-Grégoire de Nicolet. Il emportait avec lui, pour toute fortune, deux quintaux de farine, quatre piastres et une vache, qui disparut au bout de quelques jours. Alexis Turcotte fut trois jours pour ainsi dire sans manger. Sans le secours de M. Pierre Landr}^, qui lui porta du pain et de la viande, il serait probablement mort de faim.
Alexis Turcotte allait à Gentilly chercher ses provisions, avec beaucoup de misère, obligé de les porter sur son dos et de faire ce long trajet à travers des forêts et savanes dangereuses.
M. Landry donna, pendant un temps d'indigence, quarante-cinq repas à des femmes et à des enfants dont la plus grande partie pleuraient de faim ! les autres avaient un peu plus de force, mais n'en souffraient pas moins. Cet homme courageux, qui soulageait ses frères avec tant de charité, fut un jour obligé d'aller chercher M. 01. Larue, curé de Gentilly, pour les malades, faisant le trajet à pied, à partir de la rivière Bécancour (distance d'au moins sept lieues, car à Gentilly on était encore dans la vieille église), M. Larue contracta dans ce voyage une maladie dont il souffrit jusqu'à sa mort.
M. Pierre Turcotte vint à St-Norbert avec environ $200.00 en effets. Il eut beaucoup à souffrir. Il passa
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un mois entier aux patates. Il allait au moulin d'Halifax, éloigné de plusieurs lieues, portant un minot et demi de blé sur sa tête.
Antoine Lebel, Charles Grosleaii, Rémi Trottier se sont nourris pendant quelque temps de sève de merisier, d'ail sauvag^e, de cerfeuil sauvage et de feuilles de bois blanc. Antoine Lebel descendit une fois au moulin de Gentilly (distance d'environ douze lieues), tellement exténué par la faim, qu'il fut près de trois jours sans pouvoir prendre aucune noumture substantielle. On croyait qu'il allait mourir.
Charles Grosleau était tellement pauvre, qu'il n'avait pas de sel pour assaisonner sa nourriture, qui se composait d'herbes sauvages.
Il est à remarquer que la soupe dont se nourrissaient ces pauvres pionniers, pendant les deux premières années de leur séjour au milieu de la forêt, et au plus fort de leurs travaux de défrichement, se composait d'un résidu d'ail sauvage et de feuilles, ce qui donnait après le repas une odeur tellement forte, qu'elle se répandait jusqu'à une distance assez notable.
Plus tard, lorsque des colons plus aisés, vinrent s'établir parmi eux, ils purent se procurer quelques livres de lard salé. Souvent le même morceau servait à faire la soupe de plusieurs familles voisines, car elles se passaient ce morceau de lard plusieurs jours de suite, jusqu'à ce qu'il fût réduit presque à rien, à la couenne.
Ils souffraient presque autant du logement que de la nourriture. Ils habitaient de misérables huttes de boisrond, quelques-uns d'entre eux, n'avaient pas même de
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logement. Un nommé Joseph Labonté hiveiTia dans un caveau.
Au milieu de cette grande misère, la religion vint adoucir les souffrances des fondateurs de cette paroisse. Monseigneur de Québec envoya des missionnaires qui, eux aussi, prirent une large part dans les privations des premiers colons. Sans la présence de l'homme de Dieu au milieu d'eux, il est certain que leur courage aurait failli.
Hâtons-nous de le dire : si les misères furent dans les commencements excessives, la récompense passée fut bien consolante. Après quelques années dans le dénuement, dans l'ennui, la plupart de ces vaillants colons purent réaliser, grâce à leur travail constant, à la richesse du sol, nn montant qui leur permit d'envisager l'avenir avec confiance. Quelques-uns même parvinrent à un degré de richesse qu'ils étaient loin d'espérer, vu leurs tristes et pauvres débuts.
Les gens des pointes de la rivière Nicolet, tant du canton d'Arthabaska que du canton Stanfold, furent desser\'is, de 1838 à 1840, par M. l'abbé O. Larue, curé de Gentiliy, et par son vicaire M. l'abbé Denis Marcoux, et de l'automne 1840 à l'automne 1844, par M. l'abbé C. Gagnon, missionaire résidant à Somerset.
Le premier registre authentiqué par le juge Mondelet, pour les Missions Catholiques des townships d'iVrthabaska et des environs, est daté du 30 novembre
Le premier acte enregistré, et signé par M. C. Gagnon, est le baptême de Célina, fille de Louis Gravel, et de Louise Paquin, le ler janvier 1845.
Les actes de baptêmes, mariages, et sépultures antérieurs à cette date sont consignés dans les registres de la paroisse de Gentill}^ et de Somerset.