FONDATION DE " L'UNION DES CANTONS DE L'EST
A l'automne de 1866, quelques-uns des principaux citoyens des Bois-Francs, voyant l'importance que prenait tous les jours cette partie de notre pays et ses développements rapides, crurent que c'était pour eux le temps de fonder un journal qui fût l'organe de nos Cantons et qui plaidât chaleureusement les intérêts de nos cultivateurs.
M. le curé Suzor fut l'âme de ce mouvement, et par sa prudence et son énergie, il le mena à bonne fin et au plus brillant succès. Une compagnie s'organisa, avec un capital souscrit ; elle était composée comme suit :
M. l'abbé Ph.-H. Suzor, curé de St-Cliristophe ; M. l'abbé C. Marquis, curé de St-Célestin ; M. l'abbé Pierre
Roy, curé de St-Norbert ; M. l'abbé Narcisse Pelletier, curé de Stanfold ; Antoine Gagnon, écuier, agent des terres de la couronne ; Bazile Théroux, écuier, avocat ; L. Gonzague Houle, écuier, avocat ; Onésime Caron, écuier, avocat ; M. Jacques Paradis, cultivateur et M. Mathias Talbot. cultivateur, tous de St-Christophe ; Joseph-Octave Bourbeau, écuier, marchand, de Ste-Victoire ; Louis Richard, devenu plus tard l'honorable M. Louis Richard, conseiller législatif ; François-Xavier Pratte, écuier, notaire ; M. Théophile Girouard, commerçant de bois ; M. Edouard-Germain Paradis, rentier, tous quatre de Stanfold, et M. Elzéar Ouellet, marchand, d'Arthabaska.
Le premier numéro de V Ujiion parut le 14 décembre 1866. vSon parrain fut le regretté Mgr Laflèche, alors coadjuteur de l'évêque des Trois-Rivieres, qui lui donna un nom en rapport avec la mission que s'imposaient les fondateurs.
" Il faut travailler, disait Sa Grandeur, dont le magnifique ouvrage " Considérations sur la société civile " venait de paraître, il faut travailler à la diffusion dans vos Cantons de l'Est, des bons principes, religieux, sociaux et politiques. C'est ainsi que nous arriverons à l'union des cœurs et des esprits dans une même foi et un même patriotisme."
Aussi fut-on peu surpris de trouver dans la toilette du nouveau né ce motto des plus appropriés, quintessence d'une vérité primordiale qui s'impose plus que jamais à la race canadienne-française en ce pays : " l'union fait la force."
SAINT-GHRISTOPHE d'ARTHABASKA 373
Voici les noms de ceux qui ont dirigé V Union des Cantons de PEst^ depuis sa fondation jusqu'à ce jour.
M. Onésime Caron, assisté de M. L.-G. Houle, tous deux avocats, de 1866 à 1868.
M. P. L. Tousignant, shérif actuel, 1868 à 1888.
Arsène Picher, avocat, de 1888 à 1890.
M. Joseph Lavergne, aujourd'hui juge de la Cour d'Appel, à Montréal, 1890 à 1897.
M. J.-S. Doucet, avocat, de 1897 à septembre 1899.
M. J.-E. Perrault, avocat, depuis septembre 1899 à
M. Antonio Perrault, avocat, 1901 à 1902.
M. J.-E. Perrault, avocat, assisté de son frère Gustave Perrault, avocat, 1902 à 1906.
Depuis 1901, M. Louis-Renaud Lavergne, avocat, est le propriétaire-directeur de U Union des Cantons de PEst et le rédacteur depuis 1906.
M. 2^phirin Nault en est l'imprimeur-gérant.
De 1S90 à 1906 L''Unio7i des Cantons de PEst était la propriété de " La Compagnie d'Imprimerie d'Arthabaskaville," et ayant pour gérant M. Louis Lavergne, aujourd'hui sénateur.
Le 30 janvier 1869, Mgr Thomas Cooke, évêque des Trois-Rivières, émit un décret permettant de bâtir une nouvelle église et une nouvelle sacristie, en réponse à une requête présentée par les paroissiens de St-Christophe, en date du 6 janvier 1869.
La bénédiction de la pierre angulaire de l'église fut faite le 23 septembre 1873, par Mgr Louis-François La-
flèche, évêqiie des Trois-Rivières qui, le 15 juillet 1875, en fit la bénédiction.
Cette église (église actuelle I9i4)a 144 pieds de long sur 63 de large ; le transept a 75 pieds de largeur. La hauteur de la toiture au-dessus du sol est de 38 pieds et celle du clocher 190 pieds.
En 1870, M. le curé Suzor, voulant gratifier sa paroisse d'une maison d'éducation supérieure pour les jeunes filles, fonda un couvent, dont il confia la direction aux Révérendes Sœurs de la Congrégation de Montréal.
Ayant pourvu à l'éducation des jeunes filles, M. l'abbé P. -H. Suzor s'occupa de celle des jeunes garçons. En 1872, il fit venir à Arthabaska, les Révérends Frères du Sacré-Cœur, qui ouvrirent un collège commercial, cette même année. Le premier directeur fut le Révérend Frère Cyrinus, ayant pour aides les Révérends Frères Théophile, Théodule, Hugues et Edmond.
Après avoir été curé pendant près de 27 ans, M. P.- H. Suzor quittait St-Christophe, au mois de février 1878, pour la cure de Saint-Jean-Baptiste de Nicolet.