HOTEL-DIEU D'ARTHABASKA
C'est en 1884, écrit M. Couanier de Launay, chanoine honoraire et ancien G. V. du diocèse de Laval, en France, dans son histoire des "Religieuses-Hospitalières de St- Joseph en France et en Canada", que fut traitée la question de l'établissement d'un Hôtel-Dieu à Arthabaska. Un excellent chrétien, frère d'une religieuse de l'Hôtel-Dieu, M, Quesnel, eut l'inspiration de se faire le fondateur de cette nouvelle maison. Il donna sa propre habitation, avec jardin et verger et une vaste étendue de terrain. La situation en est belle, l'air y est tiès pur, des sources d'eau vive arrosent les alentours, se prêtant à beaucoup d'emplois utiles.
x\rthabaska dépendait alors du diocèse des Trois- Rivières, et c'est avec Mgr L.-F. Laflèche, évêque de cette ville, que furent discutées les conditions de la fondation.
La supérieure désignée à Montréal pour aller fonder Arthabaska était la vénérable Mère Page, âgée de 73 ans, mais ayant toujours le cœur jeune et l'esprit mûr. On lui donnait pour compagnes la mère Quesnel, sœur du fondateur, sœur Marie du Crucifix, sœur Beauchamp et une converse, sœur Adéline.
A trois milles d' Arthabaska, la petite colonie descendit des wagons. Le fondateur l'attendait ; plusieurs dames avec lui devaient dans leurs carosses se partager les sœurs et les conduire jusqu'à la ville. On arriva au son de toutes les cloches ; des pavillons étaient hissés, les rues étaient pavoisées, la musique du collège des frères du Sacré-Cœur faisait entendre ses accents ; et le soir, il y eut une illumination générale, jusqu'à une heure avancée de la nuit. C'était le premier octobre. Le lendemain, jour des Saints-Anges Gardiens, eut lieu la bénédiction de la maison provisoire et l'installation. Mgr Laflèche donna pour titulaire Saint-Raphaël, dont le nom, qui signifie " Médecine de Dieu ", convient très bien à une demeure d'hospitalières. Le 6, les offices furent distribués entre les sœurs.
On voulut bâtir tout de suite, parce qu'où était empressé de recevoir des malades, mais les constructions ne purent se faire sans qu'un peu de gêne ne se fît sentir à la communauté. St-Joseph fut honoré, prié, chanté, et les fondatrices lui rendirent témoignage qu'il s'était "bien acquitté de sa mission".
Le 19 mars 1886 fut fêtée la cinqua.ntième année de profession religieuse de la vénérable Mère Page. Cette solennité de famille fut célébrée à la joie de la religieuse émérite, aux vertus de laquelle on rendait hommage, à
SAINT-CHRISTOPHE d'ARTHABASKA
la consolation de ses filles remplies pour elle de respect et d'affection, à l'édification des personnes du dehors, heureuses de voir comme s'aiment des cœurs religieux. Ce fut Mgr E. Gravel, évêque du nouveau diocèse de Nicolet depuis 1885, qui prononça le discours de circonstance.
A ce moment, les constructions étaient assez avancées pour que les religieuses les occupassent en partie. Elles songaient, ce qu'elles ont fait aussitôt que cela leur fut possible, à se mettre en clôture régulière et à vivre selon leurs saintes constitutions.