‹ Les Bois-Francs (volume 3)Chapitre 126 sur 127 · LE BRONZE LECLERC · texte numérisé non relu

LE BRONZE LECLERC

une bonne cuite dans le four bâti à quelques pas de la maison. On se régalera en mangeant du bon pain de *' chez-nous ".

Voilà bien les pensées que nous inspirent tout naturellement les haches et les gerbes qui ornent le bronze Leclerc, Pellerin, Béliveau.

Soulignons que M. Tabbé G.-A. De Jordy, auteur de rinscription gravée sur ce bronze, est un connaisseur, un expert.

Ce bronze commémoratif a coûté trois cent soixantequinze piastres. Le bloc de granit dans lequel sera enchâssé ce bronze mesure trois pieds et demi de largeur, vingt pouces d'épaisseur, et six pieds quatre pouces de hauteur. Il reposera sur une base en pierre d'environ deux pieds de hauteur. M. Z. Ducharme, marbrier, de Victoriaville, est l'entrepreneur de ce monument. Le coût des travaux sera d'environ quatre cents piastres. M. François-Xavier Lacroix, propriétaire actuel de la terre de Edouard Leclerc, a bien voulu donner gratuitement le terrain et Messieurs les membres du Conse'l du canton de Stanfold se sont chargés bien volontiers de la garde et de l'entretien de ce monument (1). Remerciements et félicitations à qui de droit.

M. l'abbé A. L. Leclerc aurait bien désiré faire installer le monument des trois premiers colons de Stanfold

(1) Province de Québec,

Municipalité du Canton de Stanfold.

A une assemblée régulière du conseil municipal tenue le douze avril mil neuf cent vingt-six, au lieu et heure ordinaires des sessions du conseil et à laquelle étaient présents M. le Maire Ludger Pellerin et MM. les Conseillers Napoléon Boisvert, Zéphirin St-Cyr, Alfred Roux, Achille Carignan et Firmin Lecomte formant un quorum, la résolution suivante a été adoptée :

" Lue une lettre de M. l'abbé Charles-Edouard Mailhot, auteur de

à l'automne de 1925, mais certaines circonstances l'en empêchèrent. Le dévoilement du bronze commémoratif aura lieu en juin ou juillet 1926. A cette occasion, il y aura sans aucun doute de grandes démonstrations religieuses et patriotiques. Toute la population de Saint-Eusèbe de Stanfold est dans la jubilation et apprécie bien hautement le magnique don que M. l'abbé A. J. Leclerc vient de leur faire. Elle n'a qu'une voix pour lui dire un cordial merci.

En effet, le geste de piété filiale que M. l'abbé A. J. Leclerc vient d'accomplir commande notre admiration et notre plus sincère reconnaissance. En outre de sa grande générosité, il a fait preuve d'un grand patriotisme, d'amour véritable et d'une admiration réelle pour la classe agricole.

Il m'est bien agréable, en finissant ce quatrième volume, de pouvoir annoncer deux nouvelles qui réjouiront certainement tous ceux qui s'intéressent à l'honneur, à la gloire des Bois-Francs.

" " l'Histoire des Bois-Francs ", au sujet d'un monument à Edouard "Leclerc, premier colon et fondateur de la paroisse de Stanfold, que pro- " jette d'ériger M. l'abbé Leclerc, un de ses petits-fils, demeurant à Man- " chester, E.-U., sur la terre où ce colon est venu s'établir et qu'il a défrichée "dans le douzième rang de Stanfold. M. l'abbé Mailhot, se faisant l'inter- " prête de ce M. Leclerc, demande au conseil d'accepter la cession d'une " partie de terrain de Monsieur François-Xavier Lacroix, le propriétaire " actuel de cette terre, pour placer ce montiment et aussi de se charger " de l'entretien de ce monument et de la clôture."

" Sur ce, il est proposé par le conseiller Napoléon Boisvert, secondé " par le conseiller Zéphirin St-Cyr, que ce conseil se rende avec plaisir à " la demande de M. l'abbé Mailhot, et en conséquence décide d'accepter la " cession que lui fera M. Frs-Xavier Lacroix, d'une partie de terrain d'en- " viron douze pieds carrés, sur le lot No. 6a du douzième rang de Stanfold, " pour ériger un monument à Edouard Leclerc, premier colon et fondateur " de cette paroisse, offert par un de ses petits-fils, l'abbé Leclerc, curé à " Manchester, et aussi s'engage à clore ce terrain et toujours l'entretenir " convenablement." Adopté.

Vraie copie de la résolution ci-dessus, extraite du livre des délibérations du canton de Stanfold.

Princeville, ce quatorze avril mil neuf cent vingt-six.

B. FEENEY, Sec.-Trés.

Premièrement, Charles Héon aura son monument. M. Wilfrid Girouard, député fédéral, a obtenu du gouvernement d'Ottawa une plaque en bronze, sur laquelle sera gravée une inscription (1) qui se lira comme suit :

LE FONDATEUR des Bois-Francs

Charles Héon, né à Bécancour le 19 mars 1799, arriva ici le 14 mars 1825.

En dépit de grands et de nombreux obstacles, ce pionnier,

par son seul courage et sans aucune protection,

a tracé la voie que des milliers

d'autres ont suivie.

Charles Héon, born in Bécancour, 19th March 1799, settled hère, 14th March 1825.

In spite of many great obstacles, by courage, alone,

unassisted, this pioneer paved the way

that many others followed.

Le gouvernement de Québec, sur la demande qui lui en a été faite par THonorable J. E. Perrault, ministre de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, fournira le monument dans lequel sera enchâssé le bronze commémoratif.

Félicitations et remerciements à nos deux députés.

Secondement, messieurs les membres du Conseil du Canton de Stanfold parlent sérieusement d'élever un mo-

(1) Le texte de cette inscription a été fourni par M. l'abbé C.-E. Mailhot, à la demande de M. Wilfrid Girouard, député pour Drummond- Arthabaska, à Ottawa.

nument à la mémoire de M. Tabbé Chs-Ed. Bélanger et de Ambroise Pépin, tous deux morts de misère et de froid dans la nuit du 23 au 24 novembre 1845.

Ils s'en occupent activement.

On se rappelle qu'en 1895 M. l'abbé Chs F. Baillargeon, ancien curé de Saint-Eusèbe de Stanfold (1) avait agité la question d'élever un monument à Monsieur l'abbé C.-E. Bélanger. L'organisation était complète, le monument commandé. L'installation devait avoir lieu à l'automne de 1895.

Mais, malheureusement, un éteignoir (on en rencontre hélas ! trop souvent quand il s'agit de démonstration religieuse et patriotique) vint mettre des entraves et imposer des conditions impossibles, pour ne dire rien de plus.

Il fallut remettre à plus tard l'exécution de ce projet.

C'est ce noble et patriotique projet de M. l'abbé C. F. Baillargeon que les membres du Conseil du canton de Stanfold ont décidé de ressusciter. Alléluia !

Ces messieurs prouvent, à nouveau, qu'ils ont le culte de notre histoire régionale, qu'ils ont la véritable notion du patriotisme.

La voie est ouverte. L'inauguration du monument Héon et du monument Leclerc aura lieu dans le cours de l'été ou de l'automne 1926. Le monument Bélanger suivra de près.

Continuons à marcher dans les sentiers de la reconnaissance : soit que nous soyons nés dans les Bois-Francs,

(1) Voir à ce sujet ce qui a été dit dans le tome premier des Bois- Francs, page 293.

soit que la Providence nous ait dirigés vers ce charmant coin de terre de la province de Québec, tous, nous devons n'avoir qu'un cœur et qu'une âme quand il s'agit de la glorification des ancêtres ou de la célébration d'un événement important de notre histoire régionale.

Au mois de mai 1925, une idée fut émise : ériger une croix sur le Mont Saint-Michel, en face de l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska, pour commémorer l'année du premier centenaire de la fondation des Bois-Francs. Ce projet fut très bien accueilli. Des démarches furent faites pour le mettre à exécution.

Continuons notre travail. Ayons de l'entente, de la bonne volonté, de la persévérance, et le succès couronnera cette patriotique entreprise. Prochainement donc, espérons-le, nous verrons apparaître la Croix lumineuse du Mont Saint-Michel, monument glorieux pour toute la région des Bois-Francs. Soyons fiers ! nous avons un passé sans exemple, rempli de hautes leçons et de grands exploits.

Avant de clore la dernière page de ce volume, j'inscris volontiers, bien que d'une main presque tremblante, le sonnet suivant que m'adresse avec bienveillance Monsieur Albert Lemieux, car j'ai le sentiment très vrai de n'avoir pas mérité les éloges délicats que m'adresse ce poétique admirateur des Bois-Francs. Mon seul espoir, à moi, est que les patientes recherches de ma sincère bonne volonté contribueront quelque peu à conserver le souvenir " des joyaux d'héroïsme où s'était ramassé le meilleur de la race " comme dit si bien le poète dont je ne saurais, je le répète, accepter sans réserve les compliments indulgents. Si l'écrin contenant une partie de l'héroïque passé des Bois- Francs avait jailli d'une plume mieux taillée que la mienne, au lieu de savoir gré à l'auteur de la simple exactitude des faits historiques qui seule fait l'humble mérite de mes œuvres, le lecteur eût joui alors d'un vrai régal littéraire. Néanmoins, sûr d'avance que l'on pardonnera encore toutes les lacunes de la forme pour ne se ressouvenir que de l'amour profond, je dirais du culte du passé, qui gît dans un cœur que l'on connaît depuis longtemps déjà, j'inscris le sonnet et ferme le livre, les yeux tournés vers ce passé que j'admire et que je voudrais à l'honneur et à la gloire comme il fut à l'angoisse et à la peine.

A M. l'abbé Chs-Ed. Mailhot

Ceux en qui ruisselait l'amour poignant du rêve D'associer leur âme à l'âme des Bois-Francs Et dont la vie eut soif des plus beaux dévouements. Jamais plus ne viendront se prodiguer sans trêve,

Mais pour ressusciter la force qui s'élève Des exploits surhumains de ces êtres ardents ; Et parce que l'Histoire unit les cœurs vivants Au désir des cœurs morts avant que le grain lève.

Vous avez découvert dans le champ du passé

Des joyaux d'héroïsme où s'était ramassé

Le meilleur de la race et votre œuvre est si belle.

Qu'à travers la splendeur de vos récits anciens, Nous sentons palpiter le frôlement d'une aile Et monter à nos yeux l'âme intense des siens.

ALBERT LEMIEUX

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