LOUIS GARNEAU
Louis Garneau était originaire des Grondines, comté de Portneuf, où il fut baptisé le 15 janvier 1796. Il était le fils de Gabriel Garneau et de Françoise Trottier. Louis Garneau était célibataire et âgé de 49 ans quand il arriva dans les Bois-Francs, en mars 1835.
Mgr P. H. Suzor, dans son opuscule " Notes sur Saint-Christophe ", a raconté la première partie de la vie de Louis Garneau dans les termes suivants : Dès Tâge le plus tendre, dit-il, ses parents remarquèrent en lui Tamour des voyages, et cette inclination leur parut, avec le temps, tellement invincible, qu'ils ne crurent pas prudent de la réprimer tout à fait. A douze ans, après qu'il eût fait sa
première communion, il laissa la maison paternelle pour le Haut-Canada, où il passa vingt-quatre ans. Pendant cet espace de temps, il exerça le métier de charpentier de navires et de calfat. Son fils me montrait encore, il n'y a pas longtemps, l'instrument dont il se servait alors et qu'il conserve soigneusement. Ce fut pendant ses voyages qu'il contracta les fièvres tremblantes, qui l'incommodèrent beaucoup dans ses travaux de défrichement, et qui contribuèrent en grande partie à le conduire au tombeau.
Enfin, après vingt-quatre ans de pérégrinations, il revoyait sa paroisse natale, mais, comme la plupart des grands voyageurs, le gousset peu garni. C'est alors que, pour travailler à son avenir, il prit une terre dans un endroit que l'on nommait, dans le temps, la rivière Blanche, aujourd'hui la paroisse de Saint-Casimir, dans le district de Québec. Il y demeura trois ans, sans faire fortune. Or, à cette époque, on parlait fortement des Bois-Francs comme devant donner à ceux qui les habitaient du lait et du miel en abondance. Encouragé par les conseils qu'il recevait de ses amis, il se décida à vendre sa terre pour payer les dettes qu'il avait contractées, et, quelques jours après, il prenait la route d'Arthabaska, oii il arrivait, comme je l'ai dit, le 21 mars 1835. Il avait avec lui un fusil, une hache, vingt piastres en argent, un sac de farine, un baril de lard, mais avec tout cela un courage capable de lui faire surmonter tous les obstacles ; car il avait été instruit à l'école de l'expérience.
En arrivant à Arthabaska, Louis Garneau occupa, pendant quelque temps, la cabane qu'il avait bâtie, en société avec ses compagnons de voyage, les deux Rivard- Lavigne.
En 1848, Louis Garneau résidait sur le chemin allant à Warwick. Sa propriété est aujourd'hui occupée par Philibert Pouliot, rang 2, lot 4, cadastre 7-10-11.
Le 5 février 1838, Louis Garneau avait épousé, à Gentilly, Archange Roberge, fille de Jean-Baptiste Roberge et de Josette Tousignant. Elle fut la quai;ricmc fcmni:^ au Mont Christo. Louis Garneau mourut à Arthabaska, le 25 avril 1856, et son épouse le 4 avril 1879, âgée de S7 ans.
En 1,868, Mgr Suzor, parlant de Louis Garneau, le compagnon et Tami de Charles Beauchesne, disait : J'ai connu, pendant plus de quatre ans, notre pionnier et je puis dire qu'il a conservé, jusqu'à la fin son aménité de caractère qui le faisait aimer et rechercher de tout le monde. A toutes ses bonnes qualités il joignait un grand fonds de piété, qui lui faisait remplir exactement tous ses devoirs de chrétien. J'ai pu en juger pendant sa dernière maladie qui l'a cloué sur un lit de douleurs, pendant près de douze mois. Que de fois il m'a parlé des peines qu'il avait eu à endurer dans les Bois-Francs, mais qu'il avait offertes avec soin, en expiation des péchés de sa vie.
La patience, au milieu de ses souffrances, qui parfois étaient très aiguës, ne se ralentit jamais. Enfin, muni de tous les sacrements que l'Eglise accorde à ses enfants, il rendit son âme à Dieu le 25 avril 1856, regretté de tous ceux qui l'avait connu dans les Cantons de l'Est et ailleurs, laissant une épouse inconsolable, un fils auquel il avait donné l'exemple d'un travail assidu, et pour preuve irrécusable une des plus belles terres du district d'Arthathabaska, qui fait encore aujourd'hui l'éloge de son courage et de son énergie.
Le 28 avril, après un service solennel auquel assistait toute la paroisse, son corps fut déposé dans l'église de Saint-Christophe.
Il est donc bien vrai Que dans l'homme ici-bas tout finit, et la mort Ou précose ou tardive, est son funeste sort. Dans ce combat cruel, ce terrible passage, Où la nature en vain signale son courage, C'est la Religion qui, prompte à le servir. Reçoit et ses adieux et son dernier soupir. Le place dans son sein, le couvre de ses ailes.
Louis Garneau était le Grand-père de Albert Garneau, de Victoriaville, et de feu Ernest, Louis et Hercule Garneau, d'Arthabaska.
. PIERRE BOURBEAU-BEAUCHESNE
Pierre Bourbeau-Beauchesne, (Charlitte) était le frère du fondateur de Saint-Christophe. Il naquit à Bécancour, le 4 décen^bre 1797 et il s'y maria le 18 février 1822, à Archange Montambeault, fille de Joseph Montambeault et de Marie Giguère. Au printemps de 1836, il vint rejoindre son frère Charles et se bâtit une cabane sur le côté nord de la rivière Nicolet. Il avait sept enfants.
Quand il fut en état de se bâtir une maison, il se fixa sur le chemin qui conduit à Victoriaville, à l'endroit où est aujourd'hui, Joseph Laroche, rang 4, lot 5, cadastre
Archange Montambeault fut la troisième femme résidante au Mont Christo.
Pierre Bourbeau-Beauchesne fut inhumé à Saint- Christophe, le 20 décembre 1863, et Archange Montambeault, le 28 avril 1873, âgée de 80 ans.
Pierre Bourbeau Beauchesne fut le premier colon résidant sur le territoire de la ville d'Arthabaska ; il en est donc le fondateur.
Pierre Bourbeau-Beauchesne, fils aîné de Pierre Bcurbeau-Beauchesne et de Archange Montambeault, naquit à Bécancour le 29 mai 1823. Il arriva avec ses parents à Arthabaska, en 1836.
Le 23 janvier 1846, il épousa, à Saint-Norbert, Hélène Martin, fille de Olivier Martin et de Marguerite Rivard, de Kingsey.
Pierre Bourbeau-Beauchesne mourut à St-Médard, dans le canton de Warwick, le 12 septembre 1894.
Son épouse, Hélène Martin, est décédée à Lawrence, Mass., le 11 mai 1925, âgée de 96 ans.
Une des filles de Pierre Bourbeau-Beauchesne et de Hélène Martin, Léontine (baptisée sous le nom de Valentine), née à Saint-Médard, le 12 juin 1.863, se maria au même endroit le 27 août 1884, à Pierre Kirouac, fils de Louis Kirouac et de Adélaïde Gingras. C'est le père et la mère de Sœur Kirouac, née Corinne, religieuse à FHôtel-Dieu d'Arthabaska, et de Sœur Mance, née Lucille, aussi religieuse à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska. Sœur Mance est décédée le 14 mai 1922.
Léontine (Valentine) Beauchesne est décédée le 28 avril 1925, et son mari, Pierre Kirouac, est décédé le 6 mai 1916.
Prosper Bourbeau-Beauchesne, second enfant de Pierre Bourbeau-Beauchesne et de Archange Montambeault, naquit à Bécancour, le 21 février 1825. Arrivé
à Arthabaska en 1836, âgé de 11 ans, il y demeura jusque vers 1845, alors qu'il entreprit un voyage aux Etats-Unis, se dirigeant vers les Illinois, où il passa quelques années. Il revint au Canada, et le 19 juillet 1853, il épousa, à Saint- Christophe, Sophie Beaudet-Ducap, fille de Paul Beaudet- Ducap et de Félicité Beaudet.
De 1853 à 1859, Pierre Bourbeau-Beauchesne fut cultivateur à Saint-Christophe et à Saint-Paul, dans le canton de Chester. En 1859, il est résidant à Saint- Médard, dans le canton de Warwick. Lors du grand coup de vent qui détruisit tout le village de Saint-Médard, en 1864, la maison et les dépendances de Pierre Bourbeau- Beauchesne furent renversées. Après ce désastre, il reprit le chemin de l'étranger et alla s'établir à Necedah, Wisconsin. Quelques années plus tard, la famille Bourbeau- Beauchesne alla s'établir à Bakerville, Wisconsin.
Prosper Beauchesne est décédé à Bakerville, Wisconsin, le 20 janvier 1925, conséquemment âgé de 99 ans et 11 mois.
Son épouse, Sophie Beaudet-Ducap, est morte depuis le 10 aoîit 1905, âgée de 72 ans.
Emélie Beauchesne, dont la biographie a été écrite dans le Tome Ilième, page 419, était la troisième enfant de Pierre Bourbeau-Beauchesne et de Archange Montambeault.