FRANÇOIS D'ASSISE BARIL
François d'Assise Baril, fils de Louis Baril et de Scholastique Petit, fut baptisé à Saint-Pierre les Becquets, le 2 septembre 1816. Il s'y maria le 13 octobre' 1835 à Sophie Nault, fille de Julien Nault et de Marguerite Lallier-Marche-à-terre, baptisée à Saint-Pierre le 6 mars 1813. François d'Assise Baril vint dans les Bois-Francs dans les mêmes temps que son beau-frère. Moïse Fournier. Il résida d'abord quelques années dans les Pointes de Bulstrode, et, en 1848, il vint résider à Saint-Christophe, à l'endroit où est aujourd'hui le magasin Ouellet.
François d'Assise Baril fut un des premiers chantres et marguilliers de Saint-Christophe. Il était aussi huissier.
Il mourut à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska le 21 mai 1906, âgé de près de 90 ans.
ELIZEE MARTEL
Elizée Martel, fils de Laurent Martel et de Mélanie Desrochers, naquit, le 23 janvier 1821, à Sainte-Croix de Lotbinière. A la fin de février 1843, il quitta, en compagnie de son futur beau-frère, Isaïe Pouliot, la paroisse natale et se dirigea vers les Bois-Francs. Nos deux voyageurs arrivèrent au Mont Christo le 1er mars. C'était à trois arpents environ du chemin provincial, en arrière de l'église actuelle, que Elizée Martel, aidé de son compagnon, commença le défrichement de la terre qu'il avait choisie. Les premiers arbres abattus, il se bâtit une maison de 18 pieds carrés. Le printemps, l'été et l'automne furent employés au défrichement. Nos deux colons retournèrent à Sainte-Croix, revoir les parents et les amis, au jour de l'An suivant.
Elizée Martel avait alors décidé de se marier avec Marie Pouliot, fille de Charles Pouliot et de Madeleine Boucher. Au cours du voyage, qui était long et pénible, Elizée Martel fut pris de fatigue. Il pouvait à peine marcher, et il restait encore une certaine distance à par courir. Alors Isaïe Pouliot dit à Elizée: '' Pense à Marie, ça va te donner du courage." Ce conseil produisit l'effet espéré. Nos deux voyageurs, bien fatigués, arrivèrent enfin chez les parents et les amis, heureux de les revo^'r après une si longue absence.
M. ALBERT LEMIEUX
Elizée Martel ne fut pas lent à faire visite à Marie et à lui faire part du but principal de son voyage. Consentir à épouser un homme établi si loin dans la forêt demandait un courage héroïque. Mais Marie Pouliot était une de ces femmes fortes qu'on ne trouve qu'aux extrémités de la terre. Elle n'hésite pas, sa détermination est prise : elle ira partager les labeurs, les ennuis, les privations ce celui que le Seigneur lui destine.
Le 10 janvier 1844, le vénérable Curé de Sainte-Croix, Monsieur J.-Bte Potvin, bénissait leur union et demandait au Ciel de les récompenser au centuple, et de répandre, en abondance, ses bienfaits sur leur généreuse et patriotique entreprise. Quelques semaines se passèrent à visiter les parents et les amis, et il fallut songer à prendre le chemin du Mont Christo. Au départ, d'abondantes larmes coulèrent des yeux de tous, mais l'homme courageux et la femme forte savent vaincre la nature en présence du devoir. Voilà les nouveaux mariés installés dans leur maisonnette, bâtie sur le versant sud du Mont Christo, à trois arpents environ du chemin provincial. Le travail sera de tous les jours, la nourriture souvent peu appétissante, dans les premières années, la vie bien monotone, les visiteurs peu nombreux. Pendant les soirées, on parlera avec attendrissement, quelques fois les larmes aux yeux, des parents et des amis de là-bas. Le dimanche sera un jour bien ennuyeux, privés du bonheur d'aller à l'église paroissiale, de s'entretenir avec les parents, les amis et les connaissances. La récitation du chapelet sera l'unique consolation des pauvres exilés. Quelle vie de sacrifices et d'abnégation ! Il fallait plus que du courage pour supporter tout ce cortège de misères et de souffrances, il fallait de l'héroïsme.
Ils eurent huit enfants : 4 garçons et 4 filles.
A la fin de juillet 1849, le missionnaire du canton d'Arthabaska vint dire la première messe au Mont Christo. Iva maison d'Elizée Martel fut transformée pour cette solennité en chapelle, et, pendant trois jours consécutifs, le prêtre y offrit le saint Sacrifice de la Messe. Une table recouverte d'une nappe blanche servait d'autel, et le luminaire consistait en deux chandelles de suif. Le servant de messe était Louis Béland-Provencher. Marie PouHot, malade depuis assez longtemps, eut le bonheur de faire sa communion pascale pendant ces jours de mission.
Le but de cette visite aux colons de la montagne était d'aviser aux moyens à prendre pour mettre à exécution un décret de l'Evêque de Québec, en date du 18 mai 1848, autorisant la construction d'une chapelle au Mont Christo. Cette demande n'était pas approuvée de tout le monde. Les colons du rang des Bras et des environs y étaient fortement opposés. Voici comment Monseigneur Suzor, dans ses " notes sur Saint-Christophe ", a relaté cet incident religieux, dont les anciens ont encore bonne mémoire. '' Il y a, dit-il, dans l'histoire des paroisses, des circonstances que j'appellerai critiques parce qu'elles troublent le bonheur de ceux qui les composent et en ralentissent les progrès. Ce n'est pas que, de leur nature, elles soient propres à produire ces résultats, mais elles en deviennent telles par la méchanceté de certains esprits artificieux qui ne cherchent qu'à neutraliser l'action de ceux qui ont reçu la mission de gouverner.
'' Or, parmi ces circonstances, je compte celle du changement de place d'une chapelle devenue nécessaire dans une localité. S'agit-il d'effectuer cette translation, vous voyez surgir un certain nombre de personnes qui ne veu-
ELISEE MARTEL et son épouse, MARIE POULIOT
lent entendre aucune raison, et s'abstinent à faire une opposition malheureusement trop féconde en fâcheux résultats.
" Je suis arrivé à cette époque critique de la paroisse de Saint-Christophe."
En 1848, il y avait, sur les territoires de Saint-Christophe et de Sainte-Victoire, environ 80 familles dont 45 environ sur le territoire de Saint-Christophe.
La chapelle des Bras, bâtie en 1843, était devenue trop petite, il fallait donc songer à en bâtir une nouvelle, et dans un endroit plus avantageux pour la majorité de la population. Monsieur Moïse Duguay, alors missionnaire du canton d'Arthabaska, résidait à Saint-Norbert, faisant la mission â peu près tous les mois dans la chapelle des Bras. Au mois de février 1849, Monsieur Duguay assembla les intéressés et leur parla du projet de bâtir une nouvelle chapelle. Il y eut des opposants, mais, séance tenante, on adressa une requête à Monseigneur l'Evêque pour lui demander la permission de bâtir une chapelle, une sacristie et un presbytère, à Tendroit qu'il jugerait à propos de désigner. Sa Grandeur ayant reçu la dite requête, chargea Monsieur Antoine Racine, alors Curé de Saint- Eusèbe de Stanfold, d'en vérifier les allégués et de lui faire justice. Voici la copie de la Commission qui lui fut adressée :
"JOSEPH SIGNAY, par la miséricorde de Dieu et la grâce du Saint-Siège Apostolique, Archevêque de Québec.
'' Attendu qu'il nous a été représenté que les fidèles de la mission de Saint-Christophe désirent construire une chapelle, une sacristie, un logement pour le prêtre desservant et un cimetière, nous avons nommé un député, nommons et députons Monsieur Antoine Racine, Curé de
Saint-Eusèbe de Stanfold, à l'effet de se transporter sur les lieux, après avertissements préalables, de vérifier si la majorité des intéressés désire procéder aux dites constructions, et ce vérifié de fixer la place et de déterminer les dimensions principales des dits chapelle, sacristie et logement pour le prêtre desservant, et cimetière, enfin de dresser un procès- verbal, qui nous sera référé, pour être par nous réglé ce que de droit.
'' Donné à Québec, sous notre seing, le sceau de nos armes, et le contre-seing de notre secrétaire, le vingt-neuf de mars mil huit cent quarante-neuf.
t JOS. Archevêque de Québec.
Par Monseigneur