ALEXIS AUGER
Alexis Auger, surnommé Tifan, fils de Alexis Auger et de Elisabeth Baril, naquit à Lotbinière, où il se maria à Zoé Gastonguay. En 1848, il résidait sur le côté sud du chemin allant à Warwick, près de la perlasserie de James Goodhue. Alexis Auger mourut à Saint-Christophe le 3 février 1876, âgé de 65 ans. Zoé Gastonguay mourut le 3 février 1886, âgée de 82 ans.
Tifan, comme tout le monde l'appelait, passa une partie de sa vie à acheter de la cendre et à transporter de la perlasse pour James Goodhue.
Le transport de la perlasse se faisait en voiture traînée par des chevaux ou par des bœufs. Tifan mettait dans sa voiture un quart de perlasse pesant environ 500 livres et se dirigeait vers les Trois-Rivières. Ces voyages duraient ordinairement une dizaine de jours. Il fallait pas-
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ser par Saint-Norbert, Stanfold, Blandford, Gentilly et Bécancour. Un quart de perlasse se vendait $25.00. En revenant des Trois-Rivières, Tifan emportait deux ou trois quarts de farine pour payer les fournisseurs de cendre et de potasse.
Une anecdote qui fera voir la sorte de renseignements que j'ai eus, quelques fois, à ma disposition, pour préparer les petites généalogies des colons du Mont Christo, en 1848.
Ferdinand Beauchesne m'assurait qu'un nommé Tifan, charroyeur de perlasse pour James Goodhue, résidait, en 1848, sur le chemin allant à Warwick. Tous les anciens se rappelaient bien de ce Tifan, mais personne ne pouvait me donner son nom de famille. Un jour, en causant avec Ferdinand Beauchesne, il me dit : '' Si vous pouviez trouver l'acte de mariage de Elzéar Beauchesne, fils de Charles Beauchesne et de Marguerite Levasseur, vous auriez le nom de famille de Tifan, car Elzéar Bgauchesne était marié avec sa sœur." Ce renseignement fut ma boussole. Je visitai les registres de Saint-Norbert, et le 23 janvier 1845, je trouvai le mariage de Elzéar Beauchesne ; sa femme était Odile Auger. Tifan était donc un Auger.
La liste des contribuables de Saint-Christophe, faite en 1854, m'apprit son nom de baptême. C'était Alexis.
Alexis Auger était marié. Tout le monde de son temps le disait, mais, avec qui ? Personne ne s'en rappelait. Sachant que Alexis Auger est mort à Saint-Christophe, je fis une revue des registres et c'est ainsi que j'ai pu savoir que sa femme s'appelait Zoé Gastonguay.
PIERRE BOURBEAU-BEAUCHESNE
Pierre Bourbeau-Beauchesne, fils de Joseph Bourbeau-Beauchesne et de Josette Bourbeau-Carignan, fut baptisé à Gentilly, le 1er juin 1802. Il se maria à Bécancour, le 25 octobre 1825, à Louise Darois, fille de Jean Darois et de Marguerite Pépin.
Pierre Beauchesne était forgeron et exerça d'abord son métier à la rivière Gentilly. Un jour, des colons de la rivière Bécancour descendirent à Gentilly et exhibèrent des tiges de blé et d'avoine si fortes et si longues, que l'on crut qu'il y avait là des terres d'une qualité supérieure. Quelques familles de Gentilly prirent le parti d'aller s'y fixer. Pierre Beauchesne fut du nombre. Il y séjourna près de trois ans. Mais comme le succès ne répondait pas à son attente, il résolut de revenir à son ancienne place et de reprendre son métier de forgeron.
Pendant son séjour à la rivière Bécancour, sa femme, Louise Darois, faillit y perdre la vie. Un jour qu'elle traversait la rivière sur la glace, elle enfonça dans l'eau, presque sous les bras. Elle était dans cette position dangereuse depuis près d'une heure et elle allait se noyer, lorsque heureusement la femme de Antoine Marchand, Françoise Mailhot, vint à son secours et lui sauva la vie.
En 1848, Pierre Beauchesne, voyant les garçons grandir, songea à les établir sur des terres. En ces tempslà la maladie d'émigrer dans les villes et aux Etats-Unis n'était pas encore connue.
Comme il avait déjà un frère, Charles, établi à Saint- Norbert, Pierre Beauchesne décida de monter dans les Bois-Francs. Ce fut au commencement de l'été de 1848,
qu'il mit ce projet à exécution. Il arriva au Mont Christo avec sa femme et huit enfants : Eusèbe, âgé de 20 ans ; Honoré, 18 ; Eléonore, 15 ; Ludger, 12 ; Agnès, 10 ; Ferdinand, 7 ; Arzélie, 3 ; Clovis, deux mois. Pierre Beauchesne était alors âgé de 46 ans. Il acheta une maison inhabitée, sur les bords de la rivière Nicolet, appartenant â Elzéar Beauchesne, et la transporta à l'endroit 011 est aujourd'hui la Banque de Montréal. Le terrain appartenait à Moïse Fournier, qui lui céda un emplacement de un demi-arpent de front, sur deux de profondeur. Le 6 novembre 1849, Pierre Beauchesne acheta de Moïse Fournier, un second emplacement (aujourd'hui l'emplacement de Camille Dumont) et paya les deux emplacements vingt piastres.
A cette époque, un ruisseau longeant la maison de Pierre Beauchesne traversait le chemin provincial, et formait, sur l'emplacement de Dame veuve L. O. Pépin, un marécage, dans lequel croissaient des quenouilles. Le gouvernement a fait construire sur ce ruisseau, en face de la maison de Pierre Beauchesne, un pont d'une vingtaine de pieds de longueur. La boutique de forge de Pierre Beauchesne était très en vogue. On venait de bien loin pour le faire travailler. Il était obligé de faire de longues journées. De bonne heure le matin et tard le soir, on entendait le bruit de son marteau frappant sur l'enclume. Il en fut de même pendant quatre années. En 1852, il acheta la terre de Moïse Ouellet, sur le troisième rang d'Arthabaska, à une dizaine d'arpents au nord de la rivière Gosselin. C'est aujourd'hui la terre de Napoléon Marcotte, rang 3, lot 7, cadastre 189.
Le 10 février 1854, Pierre Beauchesne vendit ses deux emplacements à Athanase Beaudet, pour le prix de $400.00.
Avant 1854, les colons d'Arthabaska n'avaient la malle qu'une fois par semaine. Elle était transportée par une diligence allant de Québec à Richrnond. En 1854, les malles furent transportées par la voie ferrée, que le Grand Tronc venait de construire de Richmond à Québec.
Un bureau de poste fut ouvert chez Adolphus Stein, et Pierre Beauchesne obtint du gouvernement un contrat pour transporter les malles du village de Saint-Christophe aux chars, car il n'y avait pas alors de bureau de poste à Victoriaville.
Pierre Beauchesne confia la charge de courrier à son fils, Ferdinand, alors âgé de 13 ans. La route à parcourir était d'environ trois milles. Quand les chemins étaient beaux, le jeune Ferdinand voyageait en voiture, mais quand les chemins étaient mauvais, il était obligé de voyager à pied.
La distribution des malles entre Saint-Christophe et Victoriaville se faisait à domicile. Souvent le jeune Ferdinand était bien embarrassé, car il ne savait pas lire. Comment faire la distribution des lettres ? On ne parlait pas de journaux en ces temps-là.
Pour remédier à cet inconvénient, Ferdinand Beauchesne prit le parti d'aller, le soir, chez une ancienne maîtresse d'école, afin d'apprendre à lire et à écrire. Il ne l'a jamais regretté.
Pierre Beauchesne fut aussi le premier qui prit le contrat pour transporter les malles à Saint-Paul et à Ham. Il fut le détenteur de ces divers contrats pendant 17 ans.
Pierre Beauchesne fut inhumé à Saint-Christophe, le
16 avril 1875, et son épouse, Marguerite Darois, fut inhumée au même lieu, le 25 avril 1889. Le père de Pierre Beauchesne, Joseph Bourbeau-Beauchesne, fut inhumé à Gentilly le 18 septembre 1848, âgé de 82 ans.
Après la mort de son mari, Josette Bourbeau-Carignan alla demeurer à Saint-Norbert, avec son fils, Charles. Elle y mourut le 20 avril 1860, âgée de 92 ans.
Pierre Bourbeau-Beauchesne était le cousin germain de Charles Bourbeau-Beauchesne fondateur de la paroisse de Saint-Christophe.
Le grand-père de Charles Bourbeau-Beauchesne marié à Marguerite Levasseur, et de Pierre Bourbeau- Beauchesne marié à Louise Darois, était Charles Bourbeau-Beauchesne, marié à Marguerite Pré-Richard (1).