OBITUAIRE
A Québec, le 6 courant, s'éteignait doucement, à Tâge de soixante-treize ans, Adolphus Stein, écuier, Tun des plus anciens citoyens des Cantons de l'Est. Allemand d'origine et de naissance, monsieur Stein, à peine âgé de vingt ans, arrivait à Québec, sans autre ressource que sa jeunesse et son intelligence. Il eut vite acquis l'estime et la confiance de ses nouveaux concitoyens, et quelques années plus tard, grâce à son énergie, il se voyait, à Gentilly, à la tête d'un établissement considérable. Il jouissait déjà d'une position enviable lorsque des revers l'assaillirent. Voyant sa fortune un peu ébranlée il laissa, comme tant d'autres, la rive du fieuve et s'enfonça dans les Bois- Francs. C'était à l'époque des premiers défrichements.
Il apporta à Arthabaskaville son esprit d'entreprise et son activité, et contribua à l'accroissement de notre village. Beaucoup de colons, venus à peu près en même temps que lui, se rappellent sa générosité et l'aide qu'il leur a souvent donnée. Il eut une grande part d'influence dans cette partie des Bois-Francs et fut jugé digne d'être, pendant de longues années, préfet du comté. En toute occ?.sion, il montra une grande habileté dans la gestion des aiTaires municipales.
De nouveaux revers de fortune lui étant survenus, il accepta, en 1870, une place du gouvernement fédéral. C'était une bien faible récompense des services nombreux
M. RENP] POISSON.— M. ET MME ADOLPHE POTIITER
qu'il avait rendus au parti auquel il avait voué son influence et son temps. Quelques années plus tard, il était affligé d'une infirmité terrible, il perdait la vue, et, après une vie si active, se trouvait par-là plongé à moitié dans le tombeau.
La nouvelle de sa mort va causer du regret parmi la population de ce district, surtout parmi les braves colons qui l'ont connu et estimé.
Quoique d'une autre origine, il ne se trouvait pas étranger parmi nous. Il joignait à la morgue allemande la vivacité française. Il avait vite pris les habitudes canadiennes et avait, jeune encore, abandonné le rite froid de Luther pour les cérémonies touchantes et la foi de l'Eglise catholique. Pour résumer, il fut un citoyen intègre, aimé de tous, et il restera une des plus grandes figures de l'histoire des Bois-Francs.
Nous offrons nos plus sincères sympathies à la famille.
Marguerite-Geneviève Buteau est décédée le 15 octobre 1.889, âgée de 82 ans, chez les Sœurs de la Providence, à l'Institut des Sourdes-Muettes, Montréal, où elle avait demandé d'être transportée lors de sa dernière maladie, car, à cette époque, elle demeurait chez sa fille. Madame Martin Honan.
La famille Stein était alliée aux familles Turcotte et Dubord, des Trois-Rivières. Adolphus Stein, par sa première femme, était beau-frère de François Toutant, fils de Pierre Toutant et de Marguerite Duval, de Gentilly, oii il se maria, le 24 avril 1837, à Eléonore Laurencelle, fille de Jacques Philippe Laurencelle et de Judith Métivier. Par sa seconde femme, il était le beau-frère de François- Xavier Buteau, fils de Jacques Buteau et de Françoise Thivierge, de Saint-Thomas de Montmagny.
Fr^/açois-Xavier Buteau fut d'abord marchand à Gentilly, où il épousa, le 22 septembre 1851, Rosalie Panneton, fille de Joseph Panneton et de Agnès Beaudet. Peu de temps après son mariage, François-Xavier Buteau vint s'établir à Saint-Christophe, où il mourut en 1889.
Enfants de Adolphus Stein, marié en premières noces à Emélie Laurencelle et en secondes noces à Marguerite- Geneviève Buteau :
Premier mariage (Registres de Gentilly)
Louis Adolphe, né le 15 janvier 1833.
Marguerite Emélie, née le 9 juillet 1834.
Judith Caroline, née le 29 juin 1835, décédée le lendemain.
Alfred Hector, né îe 14 juin 1836.
Marie Caroline Eléonore Philomène, née le 9 août
Malvina Adolphine, née le 27 juillet 1838, mariée à Saint-Christophe d'Arthabaska le 17 avril 1861 à Edouard- Horace Delphos, marchand, fils de Alexis-Arthur Delphos et de Marie-Charlotte Archambault, de Saint-Christophe.
Second mariage (Registres de Gentilly) Olivier Jules Napoléon, né le 21 août 1841, décédé le 3 septembre 1841.
Flore Joséphine Corinne, née le 19 juillet 1842, mariée à Saint-Christophe d'Arthabaska le 3 août 1864 à Hector Fabre, avocat de Québec, fils de Edouard-Raymond Fabre et de Lucie Perrault, de Montréal. Hector Fabre était le frère de Mgr Edouard-Charles Fabre, archevêque de Montréal. Hector Fabre a été nommé sénateur le 5 février 1875, et Commissaire Canadien à Paris le 12 juillet 1882. L'Hon. M. Fabre est décédé à Paris le 2
M. ET MME GEORGES SPENARD (Voir prénéalogie Spénarcl-Schelling, vol. 8, p. 276 ^
septembre 1910, alors qu'il remplissait encore les fonctions de Commissaire Canadien. Son épouse, Flore Stein, est décédée à Paris le 17 mars 1926.
Marie Louise Sara, née le 22 août 1843.
Théodore Ernest, né le 7 août 1844, décédé subitement d'une maladie de cœur, à Québec, le 3 juin 1872 et inhumé le 5 du même mois dans le cimetière de Saint-Christophe. Il était réglé, à cette date, que l'église serait démolie prochainement.
Marie Louise Julie Annabella, née le 15 février 1846. mariée à Saint-Christophe d'Arthabaska, le 7 septembre 1868, à Martin Honan, avocat à Arthabaska, fils de James Honan et de Mary Burns, de la ville de Fernoy, en Irlande.
Albert Adrien Napoléon, né le 23 octobre 1847, décédé à Saint-Christophe le 12 septembre 1866 et inhumé dans l'église paroissiale le 14 du même mois.
Marie Corinne Attala, née le 28 janvier 1849, décédée le 18 juillet 1850.
François Léonce Ludovic, né le 21 février 1850, marié à Québec, le 23 octobre 1877, à Marie-Alma Baillairgé, fille de Charles Baillairgé, écuyer, et de Marie Euphémie Duval, de Québec. Marie-Alma Baillairgé est décédée à Québec, à l'âge de 59 ans, le 31 mars 1915, et fut inhumée dans le lot de la famille Stein, au cimetière Belmont. Deux ans après la mort de son épouse, François Léonce Ludovic Stein est allé demeurer aux Eboulements, où il réside actuellement.
(Registres de Saint-Christophe)
Le 3 juin 1852, à Saint-Christophe d'Arthabaska, naissance d'un enfant baptisé à la maison, et inhumé le même jour.