LES PREMIERS COLONS DU CANTON DE BULSTRODE
Les premiers colons de Bulstrode s'établirent dans le premier rang de ce canton, sur les bords de la rivière Bécancour. En 1827, nous y trouvons J.-Bte Neuville, I^ouis Tourigny, Jean Rousseau, Clément Mailhot, Rémi Auger, Joseph Gagnon, François Tourigny et autres. Ce fut vers
1830 que la colonisation commença sur les bords de la branche nord-est de la rivière Nicolet, dans la partie de Bulstrode appartenant aujourd'hui à St-Samueî.
Ce groupe de colons se composait de David Prince, Louis Héon, David Doiron (Poirier), J.-Bte Boudreault, J.-Bte Lafond et autres.
Vint ensuite rétablissement des Pointes de Bulstrode, près du canton d'Arthabaska, colonisées par Valère J^avigne, Charles Prince, J.-Bte Labonté, François Boisvert, François St-Cyr, Jean Gaulin et autres.
Jean-Baptiste Neuville fut le premier canadien à qui ie gouvernement octroya une terre dans le 1er rang du canton de Bulstrode, le 7 avril 1832.
En 1836, deux terres furent octroyées à Joseph Prince. De 1836 à 1840, octrois faits à Antoine Dupré, Pominique Tétreau, J.-Bte Roussel, Antoine Latour, !pierre Gervais, Antoine Larrivée, André Tétreau, Michel Ro)'- et Benjamin Larose. (1)
Le recensement du canton de Bulstrode, en 1839, donne 16 familles et 1 célibataire, soit 92 âmes, dont 42 communiants. Dans ce recensement, les colons des pointes de la rivière au loup, dans les 12e et le lie rangs de Bulstrode. ne sont pas compris. Ils furent considérés comme appartenant au canton de Warwick.
Pour les actes de baptêmes, mariages et sépultures de Bulstrode antérieurs à 1840, il faut consulter les registres de Gentilly, Bécancour et de St-Grégoire ; de 1840 à 1844,
( 1 ) Archives d'Ottawa.
les registres de St-Norbert ; de 1849 à 1852 les registres de Stanfold ; de 1852 à 1862, les registres de St-Christophe.
Je donne ces renseignements pour Favantage de ceux qui auraient à chercher des actes de baptêmes, de mariages et de sépultures de gens de Bulstrode pendant ces temps de missions.
Les premiers Colons de St-Valère
II est salutaire pour une paroisse d'évoquer le souvenir de ses courageux fondateurs pour retremper la vaillance de leurs fils.
Tété de 1835, quelques paroissiens de St-Grégoire formèrent le projet de pénétrer dans les forêts de Bulstrode, en vue de s'y établir.
Ils se rendirent sur les bords de la rivière Nicolet, à Tendroit où est situé aujourd'hui le village de St-Léonard. Là, ils embarquèrent dans un canot et remontèrent la rivière jusque dans les pointes de la rivière au loup. C'est ainsi que les sauvages appelaient la branche nord-est de 'la rivière Nicolet, dans le canton de Bulstrode.
Le trajet, sans être dangereux, était cependant as 'ez pénible. Les rapides que nos explorateurs eurent à franchir les obligèrent, à plusieurs reprises, à débarquer de leur canot, à marcher sur le rivage, portant sur leurs dos leurs provisions. Après avoir parcouru une assez grande distance, vu les sinuosités de la rivière, ils arrivèrent en face de pointes magnifiques, couvertes d'ormes, de noyers et d'érables. La présence de ces beaux et grands arbres
Io8 LES BOIS-FRANCS
firent comprendre à nos explorateurs que le sol devait être fertile et propre à la culture. Ils décidèrent de ne pas poursuivre plus loin leur course. Les sauvages Abénakis de Bécancour avaient déjà visité ces parages pour y faire la chasse et la pêche. Ils y avaient bâti plusieurs cabanes. Klles servirent d'abri aux nouveaux arrivés, en attendant qu'ils se bâtissent des demeures à la charpente en bois rond, au bord de l'abat i s, dominant à peine les souches avoisinantes.
Selon les traditions, les trois premiers colons qui commencèrent le défrichement des pointes de la rivière au loup et s'y taillèrent un domaine furent : Raphaël Poirier- Doiron, Joseph Poirier-Doiron et Jean-Paul Landry. Ce sont donc ces trois braves pionniers que nous devons considérer comme les fondateurs de St-Valère.
Les deux premiers étaient mariés et le troisième célibataire. Ils étaient tous trois natifs de St-Grégoire et d'origine acadienne. Raphaël et Joseph Poirier se fixèrent sur le 17e lot du lie rang de Bulstrode et Jean-Paul Landry sur la moitié du 18e lot du même rang.
L'autre moitié de ce lot fut prise, vers 1838, par Louis Blanchet.