JEAN PAUL LANDRY
JEAN-PAUL LANDRY, un des trois fondateurs de St-Valère, était célibataire, et âgé de 29 ans, lorsqu'il quitta sa paroisse natale pour se faire défricheur dans les forêts de Bulstrode. Sa santé était alors un peu chancelante, mais comme il avait du sang acadien dans les veines, son énergie suppléait aux forces physiques. Le cortège des ennuis de l'isolement, les durs labeurs du défrichement n'ébranlèrent nullement son courage. Sa hache au bras, un sac de provisions au dos, une fortune de quatre piastres, voilà les seules ressources de Jean-Paul Landry pour accomplir son œuvre de prédilection, bien différent en cela de certains jeunes gens de nos jours qui, fascinés par les charmes trompeurs des villes, ont -mis la culture de la terre en dédain, la méprisent même. Ils rougissent de manier la hache, la bêche, de tenir les mancherons de la charrue. Ils préfèrent se faire les esclaves de certains bourgeois qui les exploitent et les rendent malheureux.
Comme ils comprennent mal la noblesse du colon ! En effet, le grand mal de nos jours, n'est-il pas dans la désertion des campagnes, dans l'éloigtiement, dans le mépris de la culture de la terre ?
Tout bon patriote a le devoir de travailler à enrayer ce fléau néfaste. Notre foi, notre langue, les mœurs, la
famille, notre prospérité nationale nous en font une impérieuse obligation.
Inspirons à nos jeunes l'amour du sol. Ne les éloignons pas de la profession de cultivateur, sous quelque prétexte que ce soit. C'est un fort mauvais service à rendre à eux et à la patrie.
Il nous faut des faiseurs de terre et des faucheurs de hioisson.
Rappelons-nous que c'est en s'emparant du sol, en l'arrosant de leurs sueurs, versées dans un travail fécond et bienfaisant, que nos pères nous ont conservé et légué, malgré bien des obstacles et des tracasseries, le territoire que nous habitons. Etudions leur vie, imitons-la, honoronsla. Nos pères ont fait le passé, à nous de faire l'avenir. Noblesse oblige.