LES ZOUAVES PONTIFICAUX DES
Le 14 février 1868, Edouard Brunel, écolier au collège des Trois-Rivières, n'ayant pas encore 20 ans, prenait les chars à Ste-Angèle de Laval, en route pour Montréal. Il veut être soldat du Pape. Il sera du nombre des Î2S braves jeunes canadiens qui laisseront Montréal le 19 février, se rendant à Rome pour défendre la plus sainte des causes, la cause vraie de la religion, de la justice et de la civilisation.
Le Père commun des Fidèles, Tillustre Pie IX, est attaqué par une bande de soldats, de révolutionnaires. Nos jeunes canadiens sont prêts à sacrifier leur vie pour sa défense.
Les Bois-Francs, dont l'histoire est pétrie d'héroïsme, veulent aussi être à l'honneur.
Quatre braves jeunes gens de chez-nous seront des zouaves pontificaux de la première heure.
Elzéar Cloutier, de Ste-Julie de Somerset, Edmond Fréchette, de St-Christophe, Alfred Gaumont, de Ste- Julie de Somerset, F.-X. Roy, de St-Calixte de Somerset.
Que leurs noms vivent à jamais dans nos annales historiques !
Le clergé des Bois-Francs s'honore aussi d'avoir eu comme aumôniers des zouaves pontificaux canadiens deux
de ses membres les plus distingués : M. P.-H. Suzor, curé de St-Christophe, et M. P. Roy, curé de St-Norbert.
Ils accompagnèrent le quatrième détachement, parti le 25 juin 1868, composé de quarante-huit volontaires : Emery Cloutier, de St-Christophe, Ernest Noël de Tilly, de Stanfold, Ludger Gaudet, de St-Christophe, firent partie de ce détachement.
Plus tard six autres jeunes gens s'enrôlèrent dans la milice de Pie IX :
Philippe Hébert, de Ste-Sophie d'Halifax, Odilon Martel, de Warvvick, Octave-Louis Beauchemin, Adolphe Pouliot, Ernest Dubois et Philippe De Foy, d'Arthabaska.
La plupart de ces héros sont descendus dans la tombe. Si les Bois-Francs n'ont pu leur élever le monument <iu'ils méritaient certainement plus que bien d'autres, que leurs noms, du moins, soient inscrits dans les annales de notre petite patrie.
Leur histoire est une véritable épopée qui remonte à plus de cinquante ans.
Qui de nos jours connaît cette page glorieuse de notre histoire nationale ?
Combien ne connaissent des zouaves pontificaux que le costume pour l'avoir vu lors des grandes fêtes eucharistiques, à Victoriaville, en 1918, ou dans quelques-unes de nos fêtes nationales ? Nous avons loué, nous avons admiré les braves pionniers qui, hache à l'épaule, sac de provisions vsur le dos, s'enfonçaient dans nos forêts pour conquérir un territoire, octroyé arbitrairement aux amis de nos nouveaux maîtres.