‹ Les Bois-Francs (volume 4)Chapitre 47 sur 145 · CURE DE ST-VALERE · texte numérisé non relu

CURE DE ST-VALERE

(de novembre 1897 à octobre 1908.)

L'abbé Joseph-Ludger Tourigny, né à Bécancour, le 13 avril 1856, fils de Gilbert et de Marie-Olive Champoux, fit ses études classiques et théoligiques aux Trois-Rivières ; fut ordonné dans sa paroisse natale, par Mgr Moreau, évêque de St-Hyacinthe, le 13 août 1882. Professeur au séminaire des Trois-Rivières, de 1882 à 1884. Successivement vicaire à Ste-Flore, à Bécancour, à Victoriaville, à Stanfold et à Warwick, de 1884 à 1887. Curé, fondateur de Ste-Christine de Drummond, en 1887, où il demeura jusqu'en 1897, et y bâtit une sacristie et un presbytère.

De 1897 à 1908, curé de St-Valère, de 1908 à 1918, curé de Ste-Perpétue. Retiré dans la paroisse du Précieux Sang, comté de Nicolet, depuis 1918.

L'ABBK J.-LUDGER TOURIGNY, troisième cure de St-Valère de Biilstrode.

M. Fabbé J.-L. Tourigny, curé de Ste-Christine, fut nommé curé de St-Valère par Mgr Elphège Gravel, évéque de Nicolet, le 10 novembre 1897, et prit possession de sa nouvelle cure le 19 du même mois.

La population confiée à M. J.-L. Tourigny, troisième curé de St-Valère, était, en 1898, de 1203 âmes, dont 770 communiants et 443 non communiants. Au recensement du gouvernement, en 1901., nous trouvons 1192 âmes, 211 familles.

Le recensement paroissial de 1905 donne 1300 âmes.

Le règne de M. Tourigny à St-Valère fut le règne de la restauration de l'établissement religieux.

Après avoir remis les dépendances à neuf, il s'occupa, en 1902, de la construction d'un nouveau presbytère, pour remplacer celui qui avait été bâti en 1861, et auquel M. Brunel avait ajouté une allonge, en guise de cuisine.

; Après la construction du presbytère on agita la question de bâtir une nouvelle église.

L'église,bâtie en 1867,par M. Edouard Hamelin,reposait sur des fondations en bois, et elle commençait à inspirer des craintes. Un incendie, origine chez un marchand voisin de l'église, fut cause que celle-ci fut la proie des flammes, le 29 mai 1904. Il fallait absolument rebâtir.

En attendant la nouvelle église, on construisit une chapelle temporaire, en bois, de 80 pieds de long par 30 de large, avec une allonge de 12 pieds pous servir de sacristie. On commença à tailler le bois de charpente, le 9 juin. La visite de l'évéque pour la confirmation était annoncée pour

le 18. On travailla avec tant d'ardeur et d'activité, que la chapelle fut mise logeable pour cette époque.

Les offices religieux se firent dans cette chapelle, de juin 1904 à août 1907.

, En 1905 eut lieu la translation des corps inhumés dans le cimetière près de l'église dans un nouveau cimetière, sur la rive sud de la rivière, à un mille environ de l'église, sur les lots numéros 775 et 781 du cadastre du 12e rang de Bulstrode.

Le terrain avait été donné par MM. Joseph Bergeron et Vilmaire Fournier. Ce cimetière fut bénit, le 24 septembre 1905, par M. Edouard Brunel, curé de St-Célestin.

Le sermon de circonstance fut donné par M. Omer Melançon, curé de St-Rosaire.

Deux autres cimetières avaient existé avant celui de

Téglise ; un près de la petite chapelle, côté sud de la rivière, et l'autre, près de la chapelle bâtie en 1862, sur le côté nord. Les corps de ces deux cimetières furent transportés dans le cimetière près de l'égiise, en octobre 1873.

Le 25 juin 1904, la presque totalité des francs-tenanciers de St-Valère présentèrent une requête à Mgr J.-S.-H. Brunault, évêque de Nicolet, lui demandant la permission de bâtir une nouvelle église et une nouvelle sacristie.

Le 4 août 1904, M. l'abbé J.-U. Tessier, curé de Victoriaville, se rendit à St-Valèrc, pour vérifier les allégués de la susdite requête. Le 18 août 1904, Mgr Brunault, évêque de Nicolet, émit un décret permettant la construction d'une nouvelle église et d'une nouvelle sacristie en

pierre, d'environ 130 pieds de longueur, 56 de largeur et 30 de hauteur. La sacristie devait avoir environ 45 pieds de longueur, 30 de largeur et 13 de hauteur.

Le 22 août 1904, les francs-tenanciers de St-Valère présentèrent une requête à qui de droit pour Télection de cinq syndics, pour la surveillance des susdits travaux. Les cinq syndics élus furent : MM. Magloire Tardif, Ambroise Thibault, Dolphis Vignault, Joseph Hébert et Alfred Martel.

Les travaux furent confiés à M. Joseph Giroux, de St-Casimir de Portneuf ; ils commencèrent au printemps de 1905 et furent terminés en 1907.

Le 3 décembre 1906, M. Tourigny chantait la première messe dans la nouvelle sacristie.

Le 9 août 1907, les travaux extérieurs et intérieurs de l'église étaient terminés ; le dimanche suivant, le 11, M. Tourigny chantait la première messe dans l'église neuve.

La bénédiction eut lieu le 13 août 1907, par Mgr J.-S.- H. Brunauît, évêque de Nicolet, accompagné de M. Edmond Buisson, curé de Victoriaville, et M. A. Longval, curé de Ste-Clotilde.

Un nombreux clergé assistait à cette grande cérémonie. La grand'messe fut chantée par M. J.-L. Tourigny, curé de la paroisse, qui en ce jour, célébrait le vingtcinquième anniversaire de son ordination sacerdotale.

Après la messe eut lieu la bénédiction d'un carillon de trois cloches. Sa Grandeur était accompagnée de M. l'abbé Eugène Roberge, curé de Ste-Eulalie et de M. l'abbé

Gustave Bourbeau, curé de St-Louis de Blandford.

La première cloche, du poids de 1550 livres, fut baptisée sous les noms de Pie-Hermann-Joseph-Ludger ; la deuxième, du poids de 1100 livres, sous les noms de Louis- Elie-Edouard, en mémoire des deux premiers curés, et de Jean, en mémoire d'un des premiers colons de St-Valère : Jean Landry ; la troisième, du poids de 900 livres, sous les noms de Joseph-Jean-Baptiste-Valère-Marie et Anne. En même temps eut lieu aussi la bénédiction d'une statue du Sacré-Cœur, placée sur le maître-autel.

Un splendide banquet suivit cette cérémonie.

Le lendemain, 14 août, M. l'abbé Omer Melançon, curé de St-Rosaire, fit la bénédiction d'un magnifique chemin de croix, en relief. Le prédicateur fut M. l'abbé Edouard Baril, curé de Stanfold.

Il n'y a pas encore dix ans que M. Tourigny est curé de St-Valère, et tout l'établissement religieux est restauré. L'état spirituel de la paroisse est aussi parfait que possible. Et tout cela sans bruit, sans aucune prétention.

Mais il sera toujours vrai de dire que, dans la vigne du seigneur, un sème et l'autre récolte.

A l'automne de 1908, la divine Providence, par la voix de l'évêque diocésin, appela monsieur le curé de St-Valère, à la cure de Ste-Perpétue. Là, comme à Ste-Christine et à St-Valère, M. Tourigny fut l'homme de Dieu, un pasteur dévoué, zélé et édifiant.

Après un travail de dix années, l'âge et le cortège des maladies qui l'accompagnent ébranlèrent sa santé et lui

firent prendre la détermination d'abandonner le ministère curial, en 1918.

De'puis lors, M. Tourigny vit dans la retraite dans la paroisse du Précieux-Sang, comté de Nicolet.

Il habite la maison paternelle, avec un frère et deux sœurs, occapé à méditer et à prier. Dans son ermitage, M. Tourigny s-^mble vouloir pratiquer cette belle mais crucifiante maxime de Fauteur de l'Imitation de Jésus-Christ : Ama nesciri et pro nihilo reputari. Aime à être ignoré et compté pour rien, (chap., 2 verset 2).

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