‹ Les Bois-Francs (volume 4)Chapitre 65 sur 145 · GENEALOGIE DES HONORABLES LOUIS ET JOSEPH LAVERGNE · texte numérisé non relu

GENEALOGIE DES HONORABLES LOUIS ET JOSEPH LAVERGNE

FRANÇOIS LAVERGNE, le premier du nom qui émigra au Canada, vers 1669, venait du Limousin. Il appartenait à une vieille famille française, qui est encore représentée dans cette partie de la France, dont le chef demeure à St-Priest-Ligouire.

D'après M. Claude de Bonnault, l'historien du premier seigneur de Saint-Ours, François Lavergne venait de St-Michel de Limoges, la paroisse de Jean de Douhet, qui épousa en 1686, Marie-Jeanne de Verchère. " C'est sans doute, dit cet historien, l'amitié, peut-être la parenté, qui a provoqué l'émigration simultanée de ces deux familles compatriotes, et on a le droit de supposer à la base de ces relations une identité. Le phénomène qui s'était déjà produit pour les LeNeuf et les Le Gardeur se serait renouvelé tout simplement.

D'ailleurs, on lit dans les registres de la paroisse de St-Michel-des-Lions (G. E. 108 fo. 33), que les Douhet et les LaVergne, s'ils n'étaient pas parents, étaient certainement amis. L'extrait suivant en fait foi : ''Le second du mois d'avril 1523, à 4 heures du soir, a été baptisé Raynaud, fils de noble sieur de LaVergne. A été parrain Raynaud de la Marthonie, évêque de Limoges, sa marraine. Dame Jehanne de Douhet, femme de M. le général Benoyt. Signé : POUILLARD, vicaire". (1)

Cette famille portait " d'Azur à trois cygnes d'argent deux et un ".

(1) M. le Sénateur Lavergne possède un portrait ancien de cet évêque de Limogres dont il est question dans les regristres de Limogres,

II a été gravé en 1615, par Léonard Gaultier.

Il a aussi en sa possession un document fort ancien et en parfait état de conservation concernant la famille Lavergne : un compte rendu de P. de Launoy, receveur de Terdecourt à noble Jean de Lavergne 1447-1448. Aussi un autographe de Vincent de Lavergne, gentilhomme ordinaire de la maison du Roi, 1628.

Mais, parmi une grande quantité de vieux papiers de famille, le plus précieux est un droit d'aubaine signé par Louis XIV lui-même et contresigné par Philippeaux, à Marly, en 1709.

; De plus, la présence dans le régiment de Carignan, d'un LaVergne, sergent de la compagnie de St-Ours, est un indice précieux et on peut en admettre que s'il a passé au Canada, ça été pour rejoindre son parent François LaVergne ".

lo. FRANÇOIS. 1651-1714. Le premier Lavergne canadien était le fils de François de LaVergne, sieur du Pescher et de Marguerite Guillemette-Perronne, fille du Sr de Loubetil.

Son père s'était marié en 1648 et mourut en 1652, laissant son fils orphelin. Il n'est pas étonnant de voir plus !tard ce jeune homme venir tenter l'aventure dans la Nouvelle-France. La famille, quoique de bonne souche, n'était pas riche si l'on en juge par le contrat de mariage.

François était le petit fils de Gautier de LaVergne, Sgr de Marginier, qui épousa par contrat de Vermeille du 14 février 161.1, Marguerite des Pousses, fille de Jean, écuyer, et de feu Léonarde de la Bonnetie. '' Elle portait 3000 livres, deux robes et deux cotillons, dont l'un de taffetas, l'autre de serge. Elle ne savait pas signer, non plus que sa belle-mère Jeanne Bazin ".

On pourrait remonter ainsi de père en fils, par contrats de mariage, jusqu'à Raymond de LaVergne, qui épousa par article du 30 novembre 1433, Antoinette d'Abzac, si le cadre de ce chapitre le permettait.

FRANÇOIS LAVERGNE épousa à Québec, en 1671, Françoise le François d'Ouville, de la ville de Lisieux. Elle décéda à Québec en juin 1699.

François épousait en secondes noces, le 10 sep-

tembre 1702, Jeanne Chartier, veuve de Pierre Roussel, qui décéda à St-Thomas, en décembre 1708.

En troisièmes noces, Renée Biret, veuve de Jean Brias, 15 avril 1709. Cette dernière décéda à Beaumont, le 1er juin 1714.

François Lavergne n'eut d'enfants que de sa première femme, Françoise le François, savoir : Marie-Anne, Françoise, Joseph, Jeanne, Hélène et Renaud.

François Lavergne décéda à Beaumont.

IIo. RENAUD. 1672-1712. Renaud Lavergne est Tancêtre de l'honorable sénateur Louis Lavergne et de l'honorable Joseph Lavergne, juge de la cour du Banc du Roi.

Ce Renaud Lavergne fut baptisé aux Trois-Rivières, le 17 aoiit 1672. Le 25 nov. 1683, il épousait, à St-Thomas, Marguerite Daniaux d'Encosse, fille de Jean Daniaux d'Encosse, de St-André, ville de Niort. Elle décéda en janvier 1709, à St-Michel.

Jean Daniaux d'Encosse était seigneur de Muy et capitaine de marine. Il était aussi gouverneur de la Lousiane, d'après les notes anciennes sur la famille Lavergne. Nous n'avons pu faire de recherches pour vérifier ce fait.

Huit enfants naquirent de ce mariage: 1er Marguerite, 1694; 2e Joseph, 1696; 3e Jean, 1698; 4e Marie-Louise, 1700 ; 5e Elisabeth, 1702 ; 6e Pierre, 1704 ; 7e Marthe- Angélique, 1706 ; 8e Augustin, 1708. Ces enfants naquirent à Montmagny.

Plus tard, cette partie de Montmagny oii demeurait

la famille Lavergne fut détachée pour former la paroisse de St-Pierre.

IIlo JOSEPH, 1696-1774. Joseph, fils de Renaud,né à Montmagny en 1696, épousa vers 1721, Louise Pelletier, née en 1696. Ils eurent quatre enfants : 1er Joseph, 1729 ; 2e Madeleine, 1736 ; mariée le 2 octobre 1752, avec Joseph- Marie Bacon, à St-Pierre de la Rivière du Sud. v3e Marie- Josephte, mariée à Louis Gagné, en 1722 ; 4e Marie- Louise, mariée à Auguste Gagné.

Joseph Lavergne épousa en secondes noces, 1747, Madeleine Charron, née en 1714, veuve de Jean Fleuret,, en premières noces et en secondes noces, d'Etienne Samson.

De ce second mariage naquirent quatre enfants :

1er F'rançois, 1748 ; 2e Madeleine, 1750 ; 3e Joseph, 1753 ; 4e Marie-Bonne, 1756.

IVo /06^£PH-My^i?/£. I757-1817.Joseph Laverg-ne, fils de Joseph Lavergne, porta les prénoms de Joseph-Marie jusqu'à la mort de son frère, fils de Louise Pelletier, Il épousa en 1774 Angélique Blanchet, qui descendait en ligne directe de Louis Hébert, apothica're, chef de ia première famille française qui s'établit dans la Nouvelle- Francs, à Québec, en 1617. Louis Hébert, avait rencontré Champlain à Port-Royal, en 1606.

Il eut cinq enfants : le Joseph ; 2e Augustin ; 3e Jean-Baptiste ; 4ç Rosalie ; 5e Julie.

L'aîné, Joseph, épousa une demoiselle McLean. Ses enfants sont : Noël, Célestin, Georges, Ferdinand et Edouard.

Le second,Augustin,est le grand'père du sénateur Lavergne. Le troisième, Jean-Baptiste, hérita du bien paternel, à la mort de Joseph-Marie, son père. Le bien des Lavergne s'était fort agrandi depuis deux cents ans. Jean- Baptiste se trouva un homme riche et considéré à la mort de son père. Seigneur de la Frenaye et célibataire, il prit chez lui son neveu, Louis-David Lavergne, fils de son frère 'cadet, Augustin, mort jeune encore. Vieux garçon, il épousa Mélanie-Antoinette DeLagrave, à qui il laissa toute sa fortune en mourant. Cette dernière, sur son lit de mort, fit perdre, d'un trait de plume, à la famille Lavergne, les fruits acquis par deux cents ans de durs labeurs.

Elle donna la seigneurie de la Frenaye au diocèse de Québec ; le monastère du Précieux Sang, de St-Hyacinthe, reçut en partage son cœur, avec une somme considérable ; et le curé Narcisse Beaubien, de St-Pierre, eut la balance. Elle laissa dans la misère son vieux père le notaire Louis-^ Benjamin DeLagrave, chargé d'une famille encore nombreuse.

A titre de legs particulier, son jeune frère Pierre- Théodule Delagrave héritait d'un livre de prières qui ne devait lui être remis que le jour de son ordination à la prêtrise. Il fut prêtre un jour, mais grâce à un dévouement filial digne d'être cité en exemple et d'être conservé dans la généalogie de la famille Lavergne.

Sa sœur Caroline Delagrave, afin d'aider à vivre son père, et de faire instruire son jeune frère, se fit modiste. En 1872, elle avait le bonheur de voir Pierre-Théodule Delagrave promu au sacerdoce ; puis, elle le vit plus tard curé de sa paroisse natale, où elle vint demeurer avec lui et lui

fermait les yeux dans son presbytère de St-Pierre, le 16. septembre 1920.

Madame Veuve Zéphirin Lecomte, autrefois de Stanfold, est aujourd'hui octagénaire et habite St-Pierre, avec ses deux filles, entourée du respect de tous.

Elle possède encore ce livre de prières qui représente pour elle tant de mérites. On peut y lire sur la première page, d'une écriture serrée et pointue *' Mélanie A. D. Biais ". La seigneuresse Lavergne avait épousé, en secondes noces, Godfroy Biais, seigneur de St-Pierre. Par ce mariage l'ancienne seigneurie de St-Pierre avait retrouvé ses bornes premières. A sa mort, cette seigneurie fut de nouveau divisée, mais, grâce à la sage prévoyance du seigneur Biais, sa femme ne put dépouiller les enfants de ce dernier de la seigneurie de St-Pierre.

Vo AUGUSTIN. 1787-1819 ; Augustin Lavergne, fils de Joseph-Marie et frère aîné de Jean-Baptiste, seigneur de la Frenaye, se noya jeune encore, laissant une épouse, Marie-Geneviève Talbot, qui mourut en 1863, à St-François, où elle avait épousé M. Boissonnault.

Elle avait eu quatre enfants avec Augustin T lavergne : 1er Prudent ; 2e Louis-David ; 3e Colbert ;. 4e Edouard.

VIo LOUIS-DAVID, 1810-1875. Naquit à St- Pierre et fut élevé au manoir de son oncle, Jean-Baptiste Lavergne, seigneur de la Frenaye. En 1844, il épousait, à Québec, Marie-Geneviève DeLagrave, fille de François DeLagrave et de Geneviève Amiot, et petite fille de Louis DeLagrave, le premier DeLagrave canadien, marchand, à

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Québec, natif de la paroisse de St-Sauveur, de la ville d'Argenton en Berry, fils de Gabriel DeLagrave et Jeanne T^grand.

Le notaire Charles Delagrave, de Québec, et Charles Delagrave, le grand libraire parisien, descendent de ce Gabriel DeLagrave.

Louis-David Lavergne laissa St-Pierre, pour Ste- Anne de la Pocatière, afin de faire instruire ses deux fils, Louis et Joseph. II mourut le 13 février 1875, chez son fils Louis, à Princeville. Madame Lavergne décéda à Arthabaska, le 3 mai 1886.

De ce mariage naquirent deux enfants, Louis et Joseph.

Vlloa LOUIS. 1845. L'Honorable Louis Lavergne, notaire et sénateur, naquit à St-Pierre de-la-Rivière-du- Sud, le ier décembre 1845, du mariage de Louis-David Lavergne et de Dame Geneviève Delagrave. Il fit ses éléments d'études classiques chez les pères Jésuites, de Montréal, puis son cours au collège de Ste-Anne-de-laPocatière. Après avoir fait sa cléricature chez son cousin, Edouard Lavergne, notaire à St-François de Montmagny, plus tard régistrateur de Montmagny, et chez le notaire F. DeGuise, à Ste-Anne, il fut admis à la pratique, le 5 octobre 1871. Le 7 novembre 1871, il s'établissait dans les Bois-Francs, à Princeville. Il épousait, à Bécancour, le 27 juillet 1878, Marie-Mélanie Landry, fille du docteur Elzéar Landry, et de Mélanie Quesnel. Le docteur Landry fut, avec sir William Hington, le premier médecin canadien, depuis la Cession, qui alla étudier la médecine à Paris. Il refusa de

se rendre aux sollicitations pressantes de sir William, qui l'invitait à s'établir à Montréal, préférant vivre à la campagne, pour y élever sa nombreuse famille. Madame Louis Lavergne décéda à Prince ville, le 18 mars 1887, et fut inhumée à Bécancour.

L'honorable Louis Lavergne épousa en secondes noces Marie- Aurélie-Alida Pacaud, en 1888, veuve de Philippe-Benjamin Dumoulin,avocat et protonotaire du district d'Arthabaska ; en deuxième noces de William Duval, C. R., avocat. Elle était la fille de Charlotte de La Bruère et de Philippe-Napoléon Pacaud, notaire, et patriote de 1837, qui fut condamné à mort par les Anglais. Il ne dut sa vie qu'aux prêtres du séminaire de St-Hyacinthe, qui le cachèrent jusqu'à la fin des troubles.

Madame Lavergne décéda à Arthabaska, le 1.1 mars 1917, et fut inhumée à Québec.

De 1871 à 1887, M. Lavergne exerça sa profession à Princeville. Il fut maire de ce village, durant plusieurs années. Depuis 1887, il demeure à Arthabaska ; il fut

maire de la ville d'Arthabaska, de 1907 à 1909.

Président de la chambre des notaires de 1903 à 1906.

Il fut élu député de Drummond-Arthabaska à la Chambre des Communes, le 13 novembre 1897, et depuis réélu en 1900, 1904 et 1908. Durant ce temps il fut nommé '' whip " du parti libéral.

Le 13 octobre 1910, le gouvernement Laurier nommait M. Louis Lavergne sénateur pour la division sénatoriale de Kennebec, en remplacement de l'honorable sir George Drummond.

L^honorable Louis Lavergne eut deux enfants, de son mariage avec Dame Eugénie Landry ; Louis-Renaud, avocat, ancien rédacteur et propriétaire de '' L'Union des Cantons de L'Est ", conseil du roi et ancien bâtonnier du Barreau d'Arthabaska, qui a épousé, en 1918, Mademoiselle Thérèse Prendergast, fille de Joseph-Marie-Alfred Prendergast, en son vivant avocat et gérant général de la Banque d'Hochelaga, et de feu Dame Louise Brault. M. Prendergast naquit le 31 octobre 1847, et décéda le 27 mai

En 1872, M. Prendergast fut créé, par Léon XIII, chevalier de l'ordre de St-Grégoire le Grand, pour ses services rendus à l'Eglise.

^. En effet, M. Alfred Prendergast s'enrôla à Rome, le 12 janvier 1867, dans la première compagnie du premier bataillon de zouaves ; en juin 1868, il était promu caporal de la troisième compagnie, puis Major. Il resta en service jusqu'en 1870 c'est-à-dire, jusqu'au moment où l'Eglise licencia ses bataillons de volontaires.

Le sénateur Lavergne a aussi une fille, Marie- Louise, épouse de l'honorable Albert Malouin, juge de la Cour supérieure à Québec, ancien député de Québec aux Communes.

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