‹ Les Bois-Francs (volume 4)Chapitre 74 sur 145 · ANGELIQUE POISSON · texte numérisé non relu

ANGELIQUE POISSON

ANGELIQUE POISSON, fille de sieur Jean Poisson, seigneur de Gentilly, née aux Trois-Rivières en janvier 1651, ondoyée à la maison vu le danger de mort. Le (18 octobre 1653, à Québec, le père Duperon suppléa aux ^cérémonies du baptême. (1) Au recensement de mai 1662, elle entra chez les Ursulines de Québec. En 1665, Angélique Poisson, fille du sieur Jean Poisson, sgr de Gentilly, (2) et de madame Jacqueline Chamboy, fit son entrée au noviciat des Ursulines sous la direction de la vénérable mère de l'Incarnation. Elle fut la septième ursuline qui prononça ses vœux à Québec, et la quatrième née en Canada. Ses trois devancières furent deux demoiselles Bourdon, filles de Jean P)Ourdon, procureur général et ingénieur en chef du Canada et demoiselle Jeanne-Louise Godefroy, fille de Jean- Baptiste Godefroy de Lantôt. concessionnaire du fief Godefrov en 1638.

(1) Registres de Québec, conservéa à l'archevêché,

(2) Vieux récit IJrsulin de Québec.

" En quittant les terres de Gentilly (1), en 1665, lisons-nous dans le vieux Récit ursulin de Québec, pour venir se renfermer au couvent, cette enfant prévenue des grâces du ciel fit à ces beaux lieux des adieux touchants, assurant ses amies, avec une gravité remarquable, que jatnais on ne reverrait plus ce '' petit oiseau " dans leurs bocages. On crut que c'était là de Tenfantillage, mais dans la suite, il ne fut pas possible de la détourner de ce pieux projet, et telle fut son ardeur, que madame Peltier de la Prade, qui eût voulu la retenir auprès d'elle, au moins jusqu'à l'âge de quinze ans, fut forcée de la laisser suivre sa mystérieuse vocation, à l'âge de quatorze ans et demi. Elle fut dans la suite un de ces vieux piliers du monastère qui en furent longtemps l'ornement et la joie.

Formée à l'école de la vénérable mère de l'Incarnation, la mère Angélique de St-Jean l'Evangeliste était bien digne de propager pendant soixante et quatre années de religion, l'esprit et les vertus de cette mère par excellence.

Le vieux Récit dit encore que Angélique Poisson avait une intelligence aussi rare que précoce.

Elle était d'un esprit vif et enjoué en même temps que solide, possédait une heureuse mémoire qu'elle continua de cultiver par l'étude et la lecture et avait beaucoup de facilité à parler et encore plus à écrire.

La mère Angélique Poisson de St-Jean, l'Evangeliste fut employée pendant de longues années à l'instruction des élèves.

(1) Cette terre était dans la paroisse même de Champlain. Elle appartient aujourd'hui à F. X. H. GâtttlH^r. Histoire de Champlain, vol., 2 page

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^ Dans un âge plus avancé, on lui confia la direction des [affaires de la communauté, d'abord en qualité de Déposi- -taire, puis comme supérieure en 1703.

Au mois de décembre 1716, elle fut de nouveau élue supérieure. Choisie pour une troisième fois supérieure en 1726, elle ne laissa le gouvernement de la communauté que pour aller régner au ciel. Elle ne parut atteinte d'aucune maladie particulière, elle sucomba à une espèce de défaillance générale qui paralysait ses membres et la retenait à rinfirmerie depuis quelques jours. Le désir de faire une petite revue du passé lui fit demander son confesseur. Ce dernier, ayant accompli sa mission, s'en retournait quand on courut le rappeler en toute hâte. Il revint pour lui administrer le sacrement des mourants, mais â peine eut-il fait une onction que déjà cette âme angélique était passée de ce monde à son Dieu qu'elle avait si fidèlement servi. Elle expira, le 17 avril 1732, âgée de 81 ans.

Elle était une chanteuse admirable.

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