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EPILOGUE

ANS le prologue de ce volume, je signalais les différents sujets que je croyais pouvoir traiter ;

mais voilà que les monographies paroissiales et les gé néalogies des anciennes familles suffisent, à elles seules, à former un volume. Force m'est donc de remettre à plus tard la publication de l'œuvre des premiers Missionnaires colonisateurs, Laurier et ses amis d'Artliabaska de 1867 à 1887, l'histoire du Barreau d'Artliabaska et quelques autres documents historiques concernant les Bois-Francs.

Aie reprochera-t-on d'avoir trop fouillé les archives ? Ceux qui sont familiers avec ce genre de recherches connaissent très bien ce qu'il en coûte de visiter les études des anciens notaires ou les vieux registres paroissiaux. Me blâmera-t-on d'avoir trop questionné les anciens ? Il était grand temps de le faire, car ils sont rares aujourd'hui les témoins des premiers jours de l'établissement des Bois-Francs. Ceux qu'il m'a été donné de consulter jadis sont disparus les uns après les autres. Parmi la génération qui a succédé aux ouvriers de la première heure, ils sont peu nombreux ceux qui peuvent nous renseigner pertinemment. La mémoire, pour un bon

nombre, commence à faire défaut. Les traditions ancestrales menaçaient de disparaître dans le sillon de l'oubli.

Plus j'avançais dans mon travail, plus je constatais l'opportunité de les remémorer ; plus je trouvais judicieux le conseil de M. P. Aubert, de Gaspé, auteur " Des Anciens Canadiens " : '^ Hâtons-nous de dire ce qu'étaient les moeurs, les coutumes, les travaux, les vertus de nos pères, avant que les innovations du progrès moderne ne les aient fait entièrement disparaître."

Les Bois Francs sont un écrin tellement surabondant de glorieuses actions accomplies par les valeureux défricheurs à l'aurore de la colonie, de traditions territoriales qu'il importe de conserver aussi intégralement que possible, d'événements palpitants d'intérêt, les uns embaumés de consolations, les autres navrants de tristesses que deux volumes n'ont pu les contenir tous. Un troisième volume, 'si les circonstances sont favorables, me permettra, non pas d'épuiser le sujet, mais de relater, en plus grand nombre, les faits et gestes qui sont du domaine de l'histoire des Bois-Francs.

Arthabaska, 7 juin 1920.

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