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ERECTION CANONIQUE DE LA PAROISSE DE ST-PAUL-DE-CHESTER

Partout où il va, le Canadien françai.-î porte en lui sa paroisse. Il n'est pas catholique isolé pour son compte personnel, il est catholique socialement ; il lui faut la société religieuse dont il vit comme dans sa famille.

PAR un décret daté du 3 avril 186 1, Mgr Cooke, évêque des Trois-Rivières, érigea la mission de Cliester-Ouest en paroisse canonique, sous le vocable de Saint-Paul, apôtre, dont on célèbre la fête le 29 juin.

Ce territoire avait été érigé en municipalité le ler janvier 1859. L'érection civile est datée du 19 juillet 1861. La population à cette époque était de 1876 âmes.

M. L'ABBE DAMASE CARUFEL

PREMIER MLSSIOXNAIRH RésIDAXT EX 1860. PREMIER

ClIRK EX 1861

La population de Saint-Paul étant déjà assez considérable, Mgr Cooke, évêque des Trois-Rivières, crut opportun d'y mettre un prêtre résidant. Monseigneur

134 Jf^KS BOIvS-FRANCS

jeta les yeux sur M. Tabbé Damase Carufel, vicaire à Ste- Geneviève-de-Batiscan, et le nomma, le lo octobre 1860, missionnaire de Saint-Paul-de-Cliester et des S. S. Angesde-Ham. Lors de l'érection canonique de la paroisse, en 1861, il devint premier curé de Saint-Paul-de-Cliester,tout en conservant la mission des S. S. Anges.

Le premier acte dans les registres de St-Paul est daté du 20 octobre 1860. C'est le baptême de Marie- Cbristine Leclerc, fille d'Antoine et de Adèle Gagné.

Le 27 novembre 1860, Moïse René épouse Julienne Boulanger. Le même jour, sépulture de Marie Guertin, enfant de Augustin et de Adélaïde Provencher.

Le 5 février 1862, Monsieur P.-H. Suzor, curé de St- Christoplie, fit la bénédiction de la première cloche de St- Paul. Elle pesait 128 livres. Elle fut baptisée sous le nom de Marie-Agathe, et eut pour parrain : Sieur Amable Sicard-de-Carufel et pour marraine Dame Léocadie Grenier, son épouse, de la paroisse de St-Eusèbe de Stanfold.

Cette cloche reposa sur une chèvre jusqu'en 1865, alors qu'on fit un petit clocher dans lequel elle séjourna jusqu'en 1873. Elle est actuellement à l'usage de l'école du village.

PRExMIÈRE VISITE EPISCOPALE À SAINT- PAU L-DE-CH ESTER

LRS 28, 29 ET 30 JUIN 1863, PAR MgR ThoMAS CoOKE, ÉVEQUE DES TrOIS-RiVIÈRES

GR Cooke ordonna d'abord rexhumation des corps qui se trouvaient dans un petit cimetière abandonné, situé au nord de la chapelle. Cette exhumation ne se fit qu'en 1867. Après avoir examiné l'endroit où se trouvaient la chapelle et le presbytère, Monseigneur, au dire d'un ancien marguiller bien digne de foi, aurait prononcé les paroles suivantes : (i)

*'Ce n'est pas ici qu'on aurait dû placer l'église. C'est une barbassière^ un trou de bouette. Je consens à ce qu'elle reste ici tant qu'elle sera assez grande et convenable ; après cela il fraudra changer de place."

Cette relation est corroborée par le passage suivant de la lettre de Mgr Laflèche, du 27 septembre 1869, ^.u sujet du site choisi pour la nouvelle église, par M. Suzor :

"Or, l'endroit qu'il a désigné est précisément celui

(1) M. Cina Baril.

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que le vénérable Evêque de ce diocèse avait déjà iugé comme le plus conveuable pour cette fin, et c'est aussi ce que Nous avions jugé Nous-même, sans toutefois vous le dire clairement."

En attendant, Mgr Cooke conseilla, pendant sa visite aux paroissiens, d'aviser aux moyens d'allonger leur chapelle en reculant la sacristie jusqu'au ruisseau, afin de Ipouvoir la conserver encore une dizaine d'années et de retarder d'autant la construction d'une nouvelle église. En outre de ces conseils donnés pendant la visite épiscopale, Mgr Cooke avait déjà écrit, dans une lettre datée du 8 novembre 1862, que la chapelle était trop petite, même

xlano-ereuse.

Par ces quelques paroles il est facile de constater qiie cette chapelle, construite depuis à peine cinq ans, laissait beaucoup à désirer, tant sous le rapport de la solidité que sous le rapport des dimensions exigées par le nombre de la population.

En face d'un tel état de choses, un certain nombre de francs-tenanciers présentèrent, le 23 septembre 1863, une requête à l'évêque, lui demandant la permission de bâtir une nouvelle église et sacristie, un nouveau presbytère et un nouveau cimetière.

Le 26 octobre suivant, Mgr Cooke délégua M. le Grand-Vicaire L. F. Laflèche pour vérifier la susdite requête.

Quel fut le résultat de cette délégation ? Les archives sont muettes sur ce sujet.

En 1865, certains travaux furent faits à l'intérieur de

LKvS ROIS- FRANCS l J^J

l'église, mais ou ne tint pas compte de la direction épiscopalc au sujet de l'agrandissement.

A l'automne de 1866, M. ra])bé Damasc Carufel laissa St-Paulde-Cliester pour aller prendre possession de la cure de St-Etienne-des-Grès.

BIOGRAPHIE DE M. D. CARUFEL

M. l'abbé Josepli Damase Sicard-de-Carufel, né dans le district des Trois-Rivières le 24 octobre 1832, de David Sicard-de-Carufel et d'Agathe Lupien, fut ordonné à Nicolet le 25 septembre 1859. Vicaire à Ste-Geneviève de Batiscan (1859-1860) ; curé de St-Paul-de-Cliester (1860-1866), de St-Etienne des Grès (1866-1884) ; en repos (1884-1889) ; Vicaire de Waterville, dans le Maine (1889-1891) ; à BrunsAvick (1891-1900) ; à St-André de Biddeford (1900 1906, retiré aux Trois-Rivières (1906), oii il décède le ler novembre 19 10.

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