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ÈME CURE DE ST-PAUL-DE-CHESTER

A l'arrivée de M. Edouard Laflèclie à St-Paul-de- Chester, à l'automne dé 1875, la population était de 1468 âmes, dont 876 communiants. Il y avait six protestants : / deux familles et un homme marié vivant seul.

Le calme et la paix commençaient à renaître dans St-Paul ; mais voilà que ceux qui avaient émigré aux Etats-Unis pour y apostasier plus librement revinrent dans la paroisse. Ils furent cause que les dissentions recommencèrent et se prolongèrent encore pendant queltjues années.

Ces apostats appelèrent à leur secours des ministres cliiniquistes, qui employèrent tous les moyens diaboliques pour faire pénétrer de nouveau dans la paroisse les démons de la discorde et de l'insubordinaticm. Ils réussirent à maintenir dans leurs tristes égarements les pauvres fourvoyés ; mais leur mission dans la véritable vigne du Seigneur se réduisit, en définitive, à créer des misères et des ennuis au pasteur de la paroisse.

En face des dangers auxquels étaient exposés les paroissiens de St-Paul, Mgr Laflèche leur écrivit une lettre pastorale pour les mettre en garde contre les faux prédicants,contre leurs doctrines pernicieuses, et défendre aux parents d'envoyer leurs enfants aux écoles qu'ils avaient ouvertes.

Cette lettre est encore pleine d'actualité, puisque de nos jours, sous une forme ou une autre, en maints endroits, on fait encore une guerre acharnée à l'instruction religieuse.

Lettre Pastoî^ale de Monseigneur V Evêque des Tr ois-Rivières aux fidèles de la paroisse de St-Paul-de-Chester.

LOUIS FRANÇOIS LAFLECHE

Par la Miséricorde de Dieu et la grâce du St-Siège Apostolique, Evêque des Trois-Rivières, Etc. Etc.

Aux fidèles de la paroisse de St-Paul-de-Chester. Salut et bénédiction Apostolique en Notre-Seigneur Jésus- Christ.

Nos Très Chers Frères,

En présence des dangers auxquels votre foi est exposée, la charge pastorale nous fait un devoir d'élever la voix et de vous donner les avis les plus

propres à vous éclairer sur la gravité de ces daugers, et à vous faire compreudre l'obligation où vous êtes de vous en éloigner avec le plus grand soin. Ce devoir nous est tracé bien clairement dans ces paroles de l'apôtre St.Paul, patron de votre paroisse, et que nous lisons au chapitre vingtième des actes des Apôtres, verset 28 et suivants : "Veillez donc sur vous-mêmes et sur tout le troupeau sur ''lequel l'Esprit-Saint vous a établis évêques pour gou- *'verner l'Eglise de Dieu qu'il a acquise par son sang. ''Je sais qu'après mon départ il s'introduira parmi vous ''des loups ravissants qui n'épargneront point le troupeau. "Et d'entre vous-mêmes il s'élèvera des hommes qui en- "seigneront des doctrines perverses, afin d'attirer des disciples après eux."

Le scandale que vous voyez aujourd'hui dans votre paroisse ne* doit donc point vous surprendre, N. T. C. F. puisqu'il a été prédit en termes si clairs par l'Apôtre St- Paul. Ainsi, qu'il y ait parmi vous des hommes qui enseignent des doctrines perverses, et que quelques-uns de ces hommes aient été de vos frères, enfants de l'Eglise catholique contre laquelle ils sont aujourd'hui en révolte, et qu'ils cherchent par tous les moyens à attirer des disciples après eux, c'est ce qui doit nous affliger sans doute, mais nullement nous scandaliser, puisque le Grand Docteur des nations nous en prévient, et qu'il nous trace avec tant de précision la ligne de conduite à suivre en ces circonstances difficiles. Vous le voyez, c'est aux Evêques qu'il s'adresse pour préserver le troupeau du danger de ces hommes pervers qu'il appelle des loups ravissants. Et pour faire mieux comprendre aux Fidèles l'obligation

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OÙ ils sont d'écouter attentivement les avis et les directions qui leur sont donnés par leurs pasteurs, il leur rappelle que les Evêques n'ont pas été établis parles hommes dans l'Eglise de Dieu, et que l'autorité qu'ils ont ne vient pas des hommes, mais il dit en termes formels que c'est l'Esprit-Saint qui a établi les Evêques sur le troupeau des Fidèles,et que c'est l' Esprit-Saint qui leur a donné l'autorité pour gouverner l'Eglise de Dieu.

Or, c'est en cette qualité d'Evêque légitimement constitué dans ce diocèse, c'est avec cette autorité que nous tenons de Dieu même par son Vicaire et Représentant sur la terre, Notre Très Saint Père le Pape, que nous nous adressons à vous aujourd'hui, N. T. C. F., pour vous avertir du danger auquel vous êtes exposés de la part de tes faux docteurs et de ces faux frères qui viennent vous enseigner une doctrine fausse et perverse, et vous apprendre à ne pas écouter l'Eglise et ses Pasteurs, mais à les mépriser par les mensonges et les calomnies qu'ils ne cessent de répandre contre cette Eglise Sainte que Notre- Seigneur nous ordonne d'écouter sous peine d'être regardés comme des païens et des publicains, et contre ces Pasteurs vénérables que le même Seigneur et Sauveur nous ordonne de respecter et d'écouter comme lui-même. Voici, en effet, les paroles que nous lisons en St-Mathieu, chap. i8 V. 17 "Et s'il n'écoute pas l'Eglise, qu'il soit "pour vous comme un païen et un publicain. "

Et en St. Luc, chap. 10, V. 16, le Sauveur dit aux Pasteurs, dans la personne des disciples, en les envoyant prêcher : " Celui qui vous écoute m'écoute ; et celui qui

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" vous méprise nie méprise. Et celui qui me méprise méprise celui qui m'a euvoyé. "

Vous voyez doue, N. T. C. F., combien se rendent coupables ces docteurs de l'erreur et ces faux frères qui débitent ainsi le mensonge et la calomnie, dans leurs discours et leurs petits tracts ou traités et leurs livres contre notre Mère la Sainte Eglise Catholique, et contre ses légitimes Pasteurs qui sont nos pères dans la Foi.

De là aussi il vous est facile de comprendre avec quel soin vous devez éviter et éloigner de vos maisons et de vos enfants ces hommes dont la langue est plus dangereuse que celle des serpents, puisque le venin de l'erreur dont elle est imprégnée atteint l'âme même et peut lui ôter la vie de la foi.

Car vous savez que la foi est le principe de la vie surnaturelle, comme le dit St. Paul dansl'Epître aux Romains, chap. I, V. 17 : "le juste vit de lafoi'\ Et encore dans l'Epitre aux Hébreux, chap. 11, V. 6 : "Et sans la foi il est iimpossible de plaire à Dieu." En vous recommandant d'éviter ces hommes et de les éloigner de vos familles, nous ne faisons que vous intimer l'ordre de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même qui nous dit dans l'Evangile de St- Mathieu, chap. 7, V. 11 : "Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous sous des vêtements de brebis et qui an dedans sont des loups ravissants".

Et en St. Jean, deuxième Epitre, V. 10 : "Si quelqu'un vient à vous et n'apporte point cette doctrine, ne le recevez point dans votre maison et ne le saluez point."

Ainsi vous voyez, N. T. C. F., avec quel soin vous devez éviter ces hommes qui viennent à vous e^ vous

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prêclient une doctrine contraire à celle de l'Eglise. lisse donnent le nom de Pasteurs, mais ce sont de faux pasteurs, puisqu'ils viennent d'eux-mêmes et sans être envoyés par une autorité légitime, et sans aucune mission ni recommandation du Pasteur Suprême à qui le Seigneur a confié le soin detoutle troupeau, quand il dit au chef de l'Eglise, dans la personne de S. Pierre : '' Pais mes agneaux, pais mes brebis". Il n'y aura qu'un bercail et qu'un Pasteur. Ainsi, N. T. C. F., le Pasteur unique et Suprême dans toute l'Eglise, c'est Notre Très-Saint Père le Pape, le successeur légitime de S. Pierre et le Vicaire de Jésus-Clirist sur la terre, le Pasteur unique dans le diocèse, c'est l'Evêque que le Pape y a nommé et à qui il a communiqué la juridiction et les pouvoirs nécessaires au salut des âmes, et enfin le Pasteur dans la paroisse, c'est le curé régulièrement nommé par l'Evêque, avec les pouvoirs nécessaires pour enseigner aux Fidèles qui lui sont confiés les vérités dont la connaissance est nécessaire au salut et leur administrer les sacrements que Notre-Seigneur Jésus- Christ a institués pour la sanctification de leurs âmes. Vous connaissez depuis longtemps ces vérités que vous avez apprises dans votre jeune âge, N. T. C. F., cependant Nous avons cru qu'il était à propos de vous les lappeler dans les circonstances où vous vous trouvez, pour vous prémunir davantage contre les dangers auxquels vous vous trouvez exposés.

Votre devoir est donc d'éviter avec soin ces faux pasteurs, ces docteurs de l'erreur et du mensonge, qui viennent à vous couverts de la peau de brebis, mais qui n'ont aucune mission, et ne sont nullement envoyés par

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l'autorité légitime. Vous ne devez ni les écouter, ni recevoir leurs livres mensongers, ni leurs bibles ou testaments falsifiés ou tronqués. Vous devez, à plus forte raison, ne point les recevoir dans vos maisons ni leur permettre de débiter leurs erreurs, leurs mensonges et leurs calomnies contre notre sainte religion devant vos familles. De là, vous comprenez combien se rendraient coupables les parents qui leur confieraient leurs enfants pour les emmener dans leurs écoles hérétiques, et leur arracher cette foi catholique qui est le bien le plus précieux que nous ont légué nos pieux ancêtres.

Or, Nous avons eu la douleur d'apprendre que c^est là ce qu'ont fait quelques parents imprudents.

Nous les avertissons donc qu'ils ont manqué à l'un de leurs plus importants devoirs en agissant ainsi, et Nous leur enjoignons et ordonnons par l'autorité que Nous tenons de Dieu de faire revenir sans délais dans leurs familles ces chers enfants qu'ils ont ainsi exposés à un danger éminent de perdre la foi. Nous leur déclarons de plus qu'ils ne peuvent être admis aux sacrements, même à l'article de la mort, ni recevoir la sépulture ecclésiastique, s'ils négligent et refusent de les retirer de ces écoles. Enfin, N. T. C. F., nous avons eu aussi la douleur d'apprendre que quelques-uns ont eu la faiblesse et la témérité d'écouter ces faux docteurs, ces docteurs du mensonge et de l'erreur, et de se laisser entraîner par eux dans la voie de l'hérésie ! C'est là un malheur que nous déplorons de tout Notre Cœur, et Nous avertissons ces enfants égarés que s'ils avaient le malheur de persister dans cette voie fausse ils ne pourraient manquer d'arriver au malheur

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suprême, puisque hors de l'Eglise il n'y a pas de salut à espérer.

Nous les engageons donc à ouvrir les yeux sur la grandeur de ce mal. Nous les engageons, de toute l'aiïection de notre cœur et pour le salut de leurs âmes, à sortir de cette voie funeste, et à revenir à leur Mère la Ste- Eglise Catholique. Nous leur déclarons de plus que si quelques-uns en étaient venus jusqu'à apostasier la foi catholique et à se faire réellement protestants par un acte formel d'hérésie, ils auraient commis un crime si grand, qu'ils seraient par le fait même excommuniés de l'excommunication majeure réservée au Pape. Nous aimons cependant à croire qu'ils n'en sont point venus jusqu'à ce point, et que c'est plutôt par imprudence qu'ils se sont ainsi laissés entraîner hors de la voie de la vérité. Nous prions le Dieu de toute miséricorde d'avoir pitié d'eux, de les éclairer et de toucher leurs cœurs d'un sincère et véritable repentir, et de les ramener au plus tôt au sein de cette Mère la Ste. Eglise Catholique qu'ils n'auraient jamais dû abandonner. Et nous vous engageons tous aussi, N.T. C. F., à prier aussi de même pour eux. Nous demandons également pour vous tous au Seigneur de vous préserver de tous ces dangers et de vous maintenir fermes et inébranlables dans la voie de la vérité et de l'obéissance à sa Sainte Eglise.

Le zèle avec lequel vous avez suivi les exercices du Jubilé et la piété avec laquelle vous vous êtes approchés des sacrements Nous ont bien consolé au milieu de toutes ces tristesses, et Nous avons la confiance que vous continuerez à faire notre joie et notre consolation ainsi que celle

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de votre zélé Pasteur et digue Curé, par votre fidélité à remplir vos devoirs de catholiques et votre docilité à suivre nos avis ainsi que les siens.

Sera notre présente lettre Pastorale lue au prône de la messe paroissiale de St-Paul-de-Cliester le premier dimanche après sa réception.

Donné au Séminaire des IVois-Rivières sous notre seing,le sceau du diocèse et le contre seing de Notre Secrétaire, ce dix-septième jour de décembre 1875.

t L.-F. Ev. des Trois-RivièreS.

Par ordre.

Ed. Ling, Ptre. Secrétaire.

4ÈME VISITE DE MGR LAFLÈCHE À Saint-Paul les 5 et 6 juillet 1876.

Les 5 et 6 juillet 1876, les paroissiens de St-Paul avaient le bonheur de recevoir la quatrième visite du premier pasteur du diocèse, Mgr L.-F. Laflèche. A cette visite 176 personnes furent confirmées. Après avoir félicité les paroissiens de St-Paul sur l'accord et la bonne entente qui revenaient dans la paroisse, Mgr engagea les marguillers à échanger le presbytère alors existant pour une maison que le conseil faisait construire, dans le temps. Cet acte d'échange se fit le 10 août 1876. C'est le presbytère actuel.

Extrait du procès-verbal de la visite :

''Nous voyons avec bonheur, dit Mgr Laflèche, l'ac-

cord et la bonne entente revenir entre les paroissiens, et nous les engageons fortement à oublier complètement les difficultés passées, et à être unis comme un seul homme, dans toutes les affaires paroisbiales, car Puuion fait la force. Et c^est ainsi qu'ils pourront assurer l'avenir, la prospérité de la paroisse."

Le 2 septembre 1877, ^- Laflèclie fut autorisé à relever les corps du cimetière de la vieille chapelle. Cette exhumation eut lieu en octobre 1877. Les ossements recueillis furent déposés dans le coin sud-ouest du cimetière, près de l'église. En 191 1, ils ont été transportés dans le cimetière actuel de St-Paul, ouvert en 1906.

En février 1878, M. Edouard Laflèche fut appelé à la cure de Ste- Victoire d' Arthabaska et eut pour successeur, le Révérend Messire Charles Trudel, vicaire à St-Pierreles-Becquets.

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