‹ Les Bois-FrancsChapitre 75 sur 117 · LES ANCÊTRES · texte numérisé non relu

LES ANCÊTRES

Dans un jeune pays, à défaut de ruines ^m interroge les vieux papiers. La voix des aïeux donne d'utiles enseignements. Leur foi et leur énergie ont créé la patrie, Sur un parchemiiï jauni on voit tomber les vieux chênes, défricher la terre, s'élever des autels et des calvaires et sur l'onde glisser le canot sauvage. On entend le canon qui gronde et la cloche de la chapelle sonner un baptême, des fiançailles et des glas.

Au tournant de la route, dans un siècle neuf, il ne faut pas laisser s'éteindre les voix anciennes. Mieux vaut prêter l'oreille à leurs enseignements séculaires.

(Une Ursuline des Trots-Rivières.)

FAIRE une généalogie, n'est-ce pas reconstruire l'existence de nos pères ? C'est l'histoire de notre sang sur le sol de la patrie. Les généalogies permettent de vivre avec les ancêtres. Un acte de baptême, de mariage, de sépulture, tout cela est bien froid. Mais quand c'est l'histoire des siens, tout prend vie et chaleur. Vous retrouvez les lieux où ils ont vécu ; vous remontez ainsi jusqu'au commencement de la colonie.

Un autre avantage des généalogies c'est de créer

chez nous plus d^mion, de mieux connaître ceux avec qui nous sommes apparentés.

Chaque découverte fait mieux connaître que nous sommes bien frères, frères d'origine et frères par le sang, frères dont les pères ont dû s'aimer beaucoup parce qu'ensemble ils ont beaucoup souffert. La souff"rance en commun engendre une inviolable fraternité. Voilà pourquoi vivre avec les ancêtres est bien de nature à nous mieux unir.

En parcourant ces généalogies, les uns se rappelleront, d'autres apprendront même où sont nés les aïeux, où ils se sont mariés, où ils ont vécu, où reposent leurs dépouilles mortelles. Il leur semblera revoir le coin de terre que ces braves ont défriché, qu'ils ont arrosé de leurs sueurs et de leurs larmes, toutes choses qui composent l'histoire de la colonie qu'ils ont fondée et dont nous sommes les heureux héritiers. Ces héroïques ouvriers de la première heure furent vraiment les acteurs de ce grand drame tantôt joyeux, tantôt triste, mais toujours glorieux, qui s'appelle l'histoire des '' Bois-Francs' \

Ces chapitres où s'étalent une foule de détails sur nos anciennes familles pourront paraître arides à quelquesuns.

Mais ces vestiges d'un passé déjà enseveli sous la poussière nous ont paru, dirons-nous, avec M. l'abbé H. A. Scott, dans son ^^Histoire de la paroisse de Sainte-Foy'\ précieux, sacrés, et s'ils laissent froid quelque lecteur, ne causeront-ils pas une douce émotion à ceux qui y trouveront la trace d'un ancêtre ?

CHARLES HÉON Fondateur de St-Louis de Blandford, en 1825.

Page 1