NÉCROLOGIE DE L'HONORABLE LOUIS RICHARD
Le village de Priiiceville vient de voir s'éteindre son premier citoyen ; les Bois-Francs perdent un de leurs pionniers les plus infatigables.
Le treize novembre 1876, l'hon. Louis Richard, conseiller législatif pour la division de Kennebec,succombait à une maladie du cœur qui le minait sourdement depuis quelques mois. M. Richard réunissait en lui toutes les qualités qui font l'homme utile et le bon citoyen.
D'une vigueur peu commune, d'une grande intelligence, d'une honnêteté proverbiale, il avait su acquérir l'estime de tous ceux qui, par les liens de parenté ou par les relations d'affaires et d'amitié, avaient eu l'avantage de le connaître. Peu d'hommes pouvaient plus que lui aspirer aux honneurs que la patrie décerne à ses citoyens utiles, et il serait probablement parvenu à une position encore plus enviable si, à toutes ces qualités que nous avons énumérées, ne s'était jointe une humilité d'autant plus remarquable qu'elle est plus rare à l'époque oii nous vivons.
En effet, M. Richard, occupé du bien-être de sa famille et du progrès de Princeville, unissait à la trempe vigoureuse dont il était doué, une abnégation digne d'éloge. Méprisant une renommée achetée au prix de sacrifices indignes, il préférait être utile aux Bois-Francs en restant dans la sphère qu'il s'était tracée.
M. Richard appartenait à une des plus honorables familles de l'ancienne Acadie. Il était âgé de cinquante-
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neuf ans et sept mois, et, sans cette maladie qui Va. si prématurément jeté dans la tombe, il avait droit de compter sur une vieillesse heureuse, appuyée sur un passé honorable. Il était fils de M. Auguste Richard, cultivateur, de Saint-Grégoire-le-Grand, et il épousa Mlle Hermine Prince, fille de Joseph Prince, marchand, du même lieu, sœur du Révd J.-J. Prince, professeur au collège de Saint-Hyacinthe, et nièce de Mgr Jean Prince, premier évêque de cette dernière ville.
Il habitait Stanfold depuis trente-six ans. Avec le coup d'œil qui le caractérisait, il prévit l'importance que l'endroit qu'il avait choisi devait prendre, et il en assura davantage l'avancement en se mettant à la tête d'un mouvement qui devait faire changer le tracé du chemin de fer du Grand-Tronc. C'est là qu'il établit le centre de ses opérations commerciales, devenues en peu d'années très considérables.
En 1862, sollicité par un grand nombre d'électeurs influents de la division de Kennébec, il se porta candidat au Conseil Législatif contre l'hon. Charles Cormier. Mais, entré tard dans l'arène, ayant à lutter contre l'influence des représentants des trois comtés, MM. Jol}^ Hébert et Dorion, et opposant un homme honorable et estimé, il fut défait par une faible majorité en obtenant le plus grand nombre de voix dans deux comtés, Arthabaska et Lotbinière. M. Richard s'était laissé faire violence et ne convoitait nullement un siège au Conseil Législatif, aussi ne fut-il pas affecté de cette défaite.
Mais ce titre auquel il ne tenait pas, le gouvernement, voulant récompenser ses services, le lui offrit, et,en
1874, cédant aux vœux de ses uoiubreux amis, sans distinction de parti, M. Ricliard prit au Conseil Législatif le siège laissé vacant par la résignation de l'iion. M. Isidore Thibaudeau. N'ayant fait aucune démarche pour l'obtenir, il accepta cet honneur sans ostentation, et,en 1875 il proposait l'adresse au Conseil Législatif.
Comme on peut le voir par le portrait que nous publions de lui, M. Ricliard avait une figure aux traits accentués et énergiques. En le voyant, on s'aperçoit que ce n'était pas un homme ordinaire et que sous cette écorce vigoureuse battait un cœur capable de nobles actions et de grands sacrifices. En effet, il a prouvé qu'il était à la hauteur de l'une et de l'autre. Il suffit d'interroger la population en deuil de Stanfold pour avoir mille preuves qu'il sympathisait avec le malheur et ne comptait pas ses aumônes. Et en jetant un regard discret dans sa vie privée, on la voit remplie de sacrifices et de malheurs. Comme l'homme véritablement juste, il fut éprouvé de toutes manières, dans sa fortune, dans ses affections les plus chères. Il perdit deux fils dans des circonstances extrêm.ement déplorables. L'un, à peine âgé de quatorze ans, trouvait la mort en se baignant dans les eaux du Saint-François, à Sherbrooke, à la veille des vacances qui devaient le rendre à sa famille. L'autre subissait le même sort au moment où il allait continuer dans le commerce les nobles traditions de son père. Un incendie désastreux, alors qu'il ne faisait que poser les bases de sa fortune, vint détruire le fruit de plusieurs années de travail, et il eut à subir à diverses autres époques des pertes considérables. Homme intègre et dévoué, il aimait à favoriser les jeunes gens qui s'étaient,
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SOUS son habile direction, initiés aux affaires, mais il paya quelquefois cette confiance par des déboires nombreux.
Telle fut cependant la résignation chrétienne et la force de son caractère, que tous ces malheurs ne purent réussir à l'aigrir. Le citoyen éprouvé dans sa fortune, le père frappé dans ses plus sérieuses affections resta toujours l'homme affable et obligeant, l'observateur délicat et spirituel. M. Richard avait souvent le mot qui résout une situation ou qui peint un homme, et l'on cite de ce citoyen laborieux et grave mille traits heureux. Hélas ! ces malheurs qui l'avaient si souvent frappé sans aigrir son caractère, auront sans doute ébranlé sa constitution et aidé le travail de la cruelle maladie qui l'a enlevé à l'estime et à l'affection de tous ceux qui l'ont connu.
Il laisse une veuve, noble compagne de sa vie laborieuse, et quatre enfants, parmi lesquels se distingue le jeune député de Mégautic, M. Edouard Richard.
La fortune qu'il laisse, acquise par quarante ans d'un travail consciencieux et d'un commerce intègre, s'élève à un chiffre considérable.
Ses funérailles ont eu lieu à Stanfold au milieu d'un concours extraordinaire. De toutes parts la foule accourut déposer son tribut de regrets et de prières sur la tombe de ce citoyen remarquable, dont le souvenir restera longtemps gravé dans bien des cœurs, comme modèle de l'homme utile, honnête et vertueux.
L'église, toute tendue de noir, était encombrée. Beaucoup de prêtres, parmi lesquels on comptait plu-^ sieurs missionnaires des Bois-Francs, se rappelant la part active prise par M, Richard à la colonisation de cette
belle partie du pays, et l'aide puissant qu'ils avaient reçu de lui, voulurent par leur présence prouver l'estime qu'ils lui portaient. M. Baillargeon, le curé de Stanfold, se fit l'écho de tous eu faisant un éloge mérité et touchant du regretté défunt.
Les porteurs des coins du poêle étaient les honorables Dostaler et Proulx, conseillers législatifs ; l'hon. C. Cormier, sénateur ; MM. Laurier, M. P., A. Gagnon et Charles Pacaud.
Sa dépouille mortelle a été déposée dans l'église.
Charles-Auguste Richard, capitaine de milice, fils de Michel et de Madeleine Pelleriii, b. aux Trois-Rivières, le 15 janvier 1782 ; s. à St. Grégoire, le 8 mars 1854 ; m. à Nicolet le 8 octobre 1804, à Marie Hébert (fille de Honoré et de Madeleine Prince).
Michel Richard, fils de Joseph et de Madeleine Leblanc, né en Acadie en 1745, s'établit au village de Godfroy et eut le titre de concession de sa terre, le 23 mai 1770 ; inhumé à St. Grégoire, le 2 février 1829, âgé de 84 ans ; m. à Nicolet, le 17 février 1772, à Madeleine PellERIN (fille de Pien-e et de Marie Josette Béliveau).
Joseph Richard, fils de René II et de Marguerite Thériault,né en Acadie, en décembre 1718 ; exilé en 1755, il vint mourir à Québec, avec trois de ses enfants ; il fut inhumé le 17 décembre 1757 ; marié en Acadie, le 22 juillet 1743, à Madeleine Leblanc (fille de Joseph et de Marguerite Bourgeois).
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Renk II, fils de René I et de Madeleine Landry, né en Acadie, vers 1688 ; s. à Bécancour, le 26 décembre 1776 ; marié vers 1710 à Margukrite TirÉRiAUi^T, inlinmée à Bécancour, le 28 avril 1777.
René Richard I, fils de Michel et de Madeleine Blanchard. Au recensement de 167 1, à Port-Royal, René, fils de Michel,est âgé de 14 ans. Il est donc né vers 1657 ; m. vers 1680, à Madeleine Landry (fille de René et de Perrine Bourg). René Richard I demeura tantôt à Port- Royal, tantôt aux Mines.
Michel Richard, né en France, vers 1630, probablement dans la province de Saintonge, arrivé en Acadie en 1654 ; en i656,il épousa Madeleine Blanchard, âgée de 12 ans (fille de Jean et de Radégonde Lambert), décédée vers 1679 ; vers 1683, Michel Richard, alors âgé de plus de 50 ans, épousa en secondes noces Jeanne Barbin à peine âgée de 15 ans (fille d'Antoine et de Marie Mercier). Il ne faut pas oublier que l'histoire nous apprend qu'à cette époque, en Acadie, les filles en âge de se marier étaient très rares.