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Le prix des boîSjd'après les mercuriales de Cayenne, étaient, en 1897, d'environ : 90 francs le stère, pour les bois d'ébénisterie ; 75 francs le stère, pour les bois de construction ; 80 francs les t. 000 kilogrammes pour le bois rose.

StS. IVonvclIc-Calédoiile. — On y évalue à 200.000 hectares la surface boisée. Les parties boisées, situées le plus souvent sur le sommet et les versants des montagnes, ont un sol fertile quoique moins profond que celui des plaines ; la surface totale des véritables forêts est de 100.000 hectares environ. Elles sont composées d'arbres d'essences très diverses, propres à la charpente, à la menuiserie, au charronnage, à l'ébénisterie, etc. Il n'y avait encore aucune surface concédée en 1897.

Les essences d'arbres qui sont le plus répandues sont : le Niaoïdi ou Melaleiica vvndi/tora^ le bancoulier, le bananier, le cocotier, les acacias, le casuarina (fîlao) qui donne un bois de fp)\ l'oranger. On trouve encore du Dammara qui donne la résine de kaori ; le pin colummaire (Araucaria), le santal {Santahtm atistro caledonicum), le Banian Ficus, ainsi que des Palétuviers le long des côtes, dans les marais salants. Nous donnerons quelques détails sur ces essences :

Le Niaouli {Melaleiica viridiflora) (Myrtacées). Cet arbre se rencontre surtout dans les terres dites de pâturage où il est très répandu. Le bois en est dur et liant et convient particulièrement à la charronnerie. Sa densité estl,102 ; néanmoins il se travaille bien. L'écorcc se lève en feuilles nombreuses et sert à couvrir les hangars et les autres dépendances des habitations des colons. Mais Futilité et l'avenir

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de ce végétal réside surtout dans ce fait que ses feuilles^ comme celles du M. leticodendron de Tlnde, des Moluques, etc. fournissent par distillation une huile limpide, brunâtre ou verdàtre, très mobile, analogue à V huile de Cajepul, que produit Tarbre cité plus haut. Cette huile possède une odeur pénétrante qui rappelle celle de la térébenthine, du camphre, de l'essence de rose, avec trace de menthe. Les jeunes feuilles peuvent être employées en infusion comme le thé.

Le bancoulier {Aleurites Iriloba) (Euphorbiacées). Bel arbre dont la feuille rappelle le sycomore. C'est l'essence la plus abondante, elle forme des forêts entières sur les montagnes. Elle se développe mieux en Nouvelle-Calédonie que partout ailleurs et peut atteindre 18 mètres de hauteur sur 1 m. 50 de circonférence à la base. Le fruit est une drupe charnue, dont la coque brûle en produisant beaucoup de chaleur en même temps qu'une fumée noire considérable. On retire de ce fruit ou « noix de bancoul » une huile employée pour divers usages.

Le bois est blanc^ léger, propre au débitage en planches, il convient aux petits travaux de menuiserie et à l'emballage; après une longue immersion dans Teau saumàtre, il devient plus durable et plus résistant et peut être alors utilisé comme bois de charpente.

L'écorce sert en tannerie et en teinture, elle donne une couleur brune ou noire. Un arbre adulte abattu peut fournir environ 35 kilos d'écorce, mais Tarbre sur pied souffre de Técorçage.

Il découle de l'écorce une gomme blonde, qui peut être utilisée.

Le hois noir {Acacia Lebbeck). Pousse vite et donne un bon bois de charronnage. Cet arbre est de plus un excellent abri pour les caféiers.

Le Kohu. Arbre de 8 à 10 mètres de haut ; joli bois d'ébéniste rie.

Le faux gaïac {Acacia spirorbis). Bois brun foncé à grain très serré, excellent pour le tour, très durable. Densité 1,074.

Le chêne gomme [Spermolepis tannifera). Bois rougeâtre, un des plus durs de la colonie ; solide, fibreux, presque incorruptible.

Le hitre gris. BoU fourni par un arbre *du genre Grevillea d'un grain très fin.

Le hélrê noir (Sienocarpus laurifolius). Le plus beau boia de la colonie (1) ; densité 0,985.

Le noyré. Densité 0,764. Cœur dur noir&tre. A Tétat sec et verni il a Taspect du vieux noyer.

Le chfne blanc, que certains exploitants appellent ébène blanc. C'est un excellent bois d'ébénisterie.

Varalia, Bois blanc, grain fin, propre à remballage.

Le milnia (Milnea amtro^caledonica). Un des plus beaux bois de Tlle ; il pousse sur les bords de la mer ; il est dur ot de couleur rouge foncé.

Le bourao (Hibiscus tiliaceus). Il en existe des variétés nombreuses. Il croit facilement ot donne un bois jaune à veines noires qui convient à Tébénisterie ; Técoroe est textile, on en fait des liens pour l'agriculture.

Le cerisier bleu (Elwocarpus). Ces arbres fournissent des bois de grandes dimensions propres à la menuiserie et à la charpente.

Tamanou (Calophyllum inophyllum). Bel arbre, sorte d'acajou au bois rose brunissant avec TAge, dur, fibreux et veiné. On distingue le tamanou de plainâ et le tamanou de montagne.

Houp {Montrouziera Spherœflora). Bois dur, nerveux, jaune rougeâtre, veiné, à grain fin. Boi» d'ébénisterie.

Ehénier {Diospyros iomentosa). Fournit un bois blane infiltré de noir, dont le cœur en vieillissant donne une ébène uti* lisable.

UA^ou et le bugny^ deux arbres dont le bois rappelle le buis.

Le bananier [Mtisa fehi) ou bananier rouge croit auprès des torrents dans les vallées humides do la chaîne centrale. Cette Musacce possède un beau tronc, élancé, absolument droit, de teinte violacée ; au sommet s'épanouit un bouquet de longues et larges feuilles. Les fruits sont comestibles aprèscuisson. Le tronc laisse écouler, après incision, un liquide qui se colore en rouge carmin vif par addition d'un aoide, et

({ ) Renseignements provenant de la notice rédigée pour TExposition nniverselle de 1900, par l'Union agricole calcdonicnoc.

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en vert en présence d^unebase; si Toa ajoute de l'alcool, ce suc ne fermente pas. Additionné d'un peu de gomme il constitue une encre excellente qui est de plus indélébile. On peut s'en servir pour marquer le linge, car len meilleures lessives ne l'enlèvent pas. On peut encore s'en servir pour la teinture des étoffes en le préparant spécialement. Cet arbre donne encore des fibres argentées et souples qui peuvent servir pour le tissage et la fabrication du papier.

Le cocotier {Cocos nucifera)^ ce beau palmier est fort répandu dans la colonie. On sait qu'on utilise surtout le fruit de cet arbre, la « noix de coco ^. Avant la maturité on trouve à la place de Talbumen un lait opalescent, qui constitue une excellente boiiison. Cet albumen s*organise peu à peu de la périphérie au centre et lorsque Tamande est mûre et devenue complètement solide^ elle est comestible et sert de nourriture aux indigènes; on en retire par expression à froid une huile incolore, très fluide, Thuile de coco, consommée sur place, On importe des amandes entières [copra) en Europe où on en' extrait Thuile^ à Marseille, par exemple, par des procédés bien plus perfectionnés que ceux des pays d'origine. La graisse obtenue sert surtout à la fabrication des savons. Outre la Nouvelle-Calédonie, plusieurs de nos colonies fournissent de l'huile de coco: Sénégal, Martinique, Réunion, Tahiti, Guyane française.

Le mésocarpe fibreux du fruit fournit une fibre commerciale, le coîr. Elle sert à fabriquer des cordes, e&bles, tapis, brosses, couvertures, etc.

Le tronc est parfois utilisé comme bois de charpente. L'endocarpe « osseux », c'est-à-dire très lignifié du fruit, sert aux indigènes de vases tout faits, qui peuvent d'ailleurs être sculptés et être aussi livrés au commerce européen.

Le santal [Sanlalum aiistro-caledonicum) est devenu assez rare. Les indigènes en firent un tel commerce avec les premiers Européens qui visitèrent TUe, quils arrivèrent promptement à détruire cet arbre si précieux. Il serait facile d'en repeupler le pays en peu de temps et de créer ainsi pour l'avenir une source de revenus. Un essai de plantation fait il y a quelques années, au moyen de graines venant de l'Inde, a pleinement réussi.

Ce bois distillé donne une huile essentielle de couleur

1316 CHAPITRE Xil. — BOIS DES COLONIES FRANÇAISES

jaune clair, épaisse et collante, mais d*une odeur fine, délicieuse, pénétrante: elle est recherchée par la pharmacie et la parfumerie ; son rendement est seulement de 250 grammes par kilo de bois, ce qui, vu le prix élevé du bois de santal, porterait le prix de revient du kilo d'essence à environ 45 francs.

On peut encore citer d'autres bois à parfum:

Le bois de rose de rOcéonie, fourni par le Thespesia populnea Corr. (Malvacées). Ce bois est d*ailleurs très recherché pour Tébénisterie. Il donne par distillation une essence fine, collante, brunâtre, qui serait excellente pour la parfumerie ; le litre de cette essence reviendrait à 30 francs environ. Ce bois est rouge à veines noires. Les bois de faux santal sont ceux de Myoporum tenuifolium et crassifolium Forst. ; ils donnent par distillation une essence très agréable, ayant un peu le parfum de santal, mais avec une légère odeur de poivre. Elle serait certainement recherchée en parfumerie si elle était connue, et ces végétaux sont assez abondants en Nouvelle-Calédonie pour suffire à une exploitation de début précédant la culture de ces végétaux. Ces bois de Myoporum donnent environ 1 0/0 d'essence ; celle-ci reviendrait de 8 à 10 francs le kilo (1).

On tire du Banian Ficus ^ à l'aide d'incisions pratiquées sur l'écorce, un suc qui, coagulé, donne un excellent caoutchouc. Cet arbre est assez répandu dans Tile pour donner lieu à une exploitation d'une certaine importance.

Le long des côtes, dans les marais salants^ on trouve plusieurs variétés de palétuviers dontTécorce est employée dans la colonie pour le tannage des cuirs. La surface de ces marais est d'environ 30.000 hectares.

Les bois résineux, dans le midi de la Nouvelle-Calédonie, comme dans les îles des Pins y attenantes, constituent de belles forêts à haute futaie (Araucaria).

Dans le sol de certaines forêts, on trouve une résine fossile, la résine de kaori (Dammara), qui est très recherchée en Europe pour la fabrication des vernis employés pour la carrosserie. Sa valeur dans la colonie est de 0 fr. 50 à 0 fr. 76 le kilo.

(t) Voir Hcckel K. Nutes sur les plantes à parfums et sur le développement pvssible de cette industrie en Nouvelle'Calédonie.

ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS DANS l'oCÉANIE 1317

L'araucaria ou pin cohimnaire donne aussi une résine qui peut faire Tobjet d'un certain commerce. Le nombre total d'arbres exploitables et de 60.000 environ. Le bois est blanc à grain fin.

Commerce des bois à la Nouvelle-Calédonie. — Comme nous venons de le voir, le bois est une des principales richesses de la colonie, mais les richesses forestières y sont peu exploitées jusqu'à ce jour. Le commerce des produits ligneux prendra certainement son essor lorsque le développement économique de l'île sera plus accentué. Non seulement Tîle renferme tout ce qui est nécessaire en bois, pour les usages locaux, mais encore elle pourra en fournir à l'exportation.

Importations à la Nouvelle-Calédonie

1895. Bois 128.457 francs.

1896. Bois 216.204 —

1897. Bois 228.564 —

Exportations de la Nouvelle-Calédonie

1895. Bois 300 francs.

Bois de construction sciés 12.190 —

. Bois d'ébénisterie 3.139 —

^^^^) Bois odorants 3.139 —

Total 15.329 —

Bois de construction sciés 3.119 francs.

Bois d'ébénisterie 1 .740 —

^^^^^ Bois odorants 22 843 —

Total 27.701 francs.

Sfaf. EtabllMiciiieiits fkfiiiiçfils de rOeèanlc. — Lexploitation des bois d'ébénisterie y a peu d'importance. La quantité exportée annuellement, pour la marqueterie surtout, ne dépasse guère 100 mètres cubes.

Les principales essences sont: le tamanoxi^ le tou^ le mrro ou faux bois de rose, Y oranger et le citronnier, le cocotier et le /)aAtr/anw.ç. L'industrie locale fabrique quelques meubles dont le prix est fort élevé à cause du défaut d'outillage ; la Direction de l'artillerie, et un industriel de Papaete, possèdent seuls le matériel permettant le débitage des grumes en planches.

tStH CHAHTtie XII. — BOIS D83 C0L0XIR9 FRâPIÇA ISES

Les bois de Construction sont fort peu exportés ; le pays expédie annuellement en Californie environ une centaine de pièces de bois de tamanou et 600 courbes de bois de burao.

Dans le pays on utilise pour la confection des pirogues, principalement les bois de burao et de tamanou.

En somme, les essences h bois ne manquent pas à Tahiti, mais la cherté de la main-d'oeuvre et les difficultés de transport empêchent que le commerce y prenne quelque importance.

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