‹ Les bonnes d'enfans, ou, Une soiree aux boulevards-neufsChapitre 11 sur 19 · FRANÇOISE, MARGUERITE, COCO, LOLOTTE · texte numérisé non relu

FRANÇOISE, MARGUERITE, COCO, LOLOTTE

jouant.

FRANÇOISE

Quoi qu'i' ne vous disait donc, jeune fille ? c'est que voyez vous , mon âge et la connaissance me permettent de prendre intérêt n'a vous.

MARGUERITE

C'est que c'est un pays ; il me parlait de sa tante.

FRANÇOISE

Pardine ! qu'il ne vous parlera bien de s&s cousins aussi . . . mais vous parlait-il de mariage ?. .

Marguerite, se levant.

Pas positivement.

Air ; Dans la vigne à Claudine.

Avant de se connaître , Ne faut-il pas se voir ?

De mariag', peut-être , Il ni'eût parle ce soir.

D'une manier' ingénue II me peignait son cœur ; Mais vous <jlcs venue , Et vous y avez fait peur.

FRANÇOISE

J'ai fait peur à bien d'autres... Tenez, entre nous deux , il ne serait pas n'en sauvé , s'il vous avait parlé pour des vues honnêtes... \ oyez-vous , jeunesse... méfiez-vous des militaires, je n'y ai été attrapée , et plus d'une fois encore...

MARGUERITE

Vous croiriez donc que celui-là voudrait me tromper.''..

FRANÇOISE

Je ne dis pas ... Mais d'abord, avant tout, n'êtes-vous libre de vous-même I Quelles sont les intentions de vos parens ï

MARCUERITiî

Ils sont couchés dans une lettre que j'ai reçue il y a un an ; que mon cousin m'a écrite lui-même sous la dictée de sa tante.

FRANÇOISE

Si vous l'aviez eue sur vous , je vous aurais dit ce que j'en pense...

MARGUERITE

Je l'ai là... si vous voulez me la relire...

FRANÇOISE

Est-ce que vous ne ^avez pas ?..

MARGUERITE

J'ai ce malheur-là...

FRANÇOISE

Dieux ! que les parens ^ont fautifs de ne pas melttre les enfans n'a même des premières élémens. (^EUe prend la lettre.) Moi , dieu merci, j'ai eu toutes mes principes... lire , écrire, carculer. {^En confidence') C'est bien bon de pouvoir faire ses mémoires soi-même, sans qu'une bourgeoise n'y mette le nez. Où ne sont donc mes lunettes., tiens , je les cherche et elles me crèvent les yeux... elles étaient dans mon estomac. (^Elle met ses lunettes et Ut en parlant du nez.) « Mademoiselle j) et chère cousine. » ( Elle parle. ) Ce n'est un cousin à ce qu'il paraît. {Elle lit.) «< Je vous écris ces lignes, de la part de » ma tante , pour vous faire part de ses intentions , qu'ayant » perdu son mari l'automne dernière , elle m'a préposé que » je vous épouse , si toutefois de quand et quand cela vous » conviendrait. » ( Elle parle. ) C'est bien dicté ! « N'ayant w pas C'iui de vous connaître, puisque vous étiez partie du -j» pays quand j'y suis venu, celle-ci est donc pour vous as- » surer que quant à moi, si vous ressemblez à ce qu on dit » de vous dans l'endroit , je n'y aurais aucune répugnance. » Ma tante vous prie en même tems , si vous y consentez ,

I» de lui envoyer un cent d'épingles, dont un quarteron d'ai- » guilles avec voire réponse , sur laquelle j'ai l'honneur M d'elre , ma chère cousine... voire cousin Ji;.in Canclaax... » {Seocrement. ) Canclaux , c'est donc votre nom «le famille .''

MARGUERITE

Oui , je m'appelle Marguerite Canclaus.

Vous voyez bien, jeunesse, que vous ne pouvez pas vous livrer au vis à vis du militaire, n'ayant des engagemens par votre famille.

MARGUERITE

C'es[ que je ne connais pas mon cousin, et que je connais le militaire.

FRANÇOISE/

Ah ! dame , je me mets bien à votre place... le cœur parle, et on a'a bien de la peine à se tenir tranquille... Tenez, moi , n'avant la révolution , n'ai connu un trompette du régiment de Royal-Cravatte, qui m'était bien attaché. . .Eh bien !il a désalté ; il a passé la frontière et s'est enrôlé dans les z'houlans. . . Ça m'a fait d'abord bien de ia peine, ma foi. . . j'ai pris mon parti.

MARGUERITE

Vous avez raison, mamzelle Françoise... vous avez devant vous plus d'expérience que moi. . . il faut nous en aller; de peur qu'il ne revienne.

FRANÇOISE

C'est très-bien , jeunesse • • ■ ( E'ie appelle. ) Lolotle ! . . . Appelé.: voire petit.

MARGUERITE

Coco !. . .

coco , accourant.

Me v'ià , ma bonne. . .

MAUGUHITE.

Allons nous en jouer plus loin.

FRANÇOISL.

Lololte. . . prenez mon tabelUer.

ENSEMBLE

Air : Allons aux prés Saint- Gervnis.

Allons-nous-en d'un côté Où l'on n' trouve guère De militaires ; Allons-nous-en d un côté Où nous soyons eu sûreté.

Elles vont pour sortir.

( i8 ) SCÈNE IX.

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