M A ROUE RITE
Eh bien! est ce que nous ne nous en allons pas?
FttL^NÇOlîSE.
Un moment. . . un moment. . . Ces militaires sont bien honnêtes, qu'ils ne veulent pas nous faire de peine.
JEAN-JEAN
Ah I restez , mamzelie. . i nous allons nous rafraîchir. . .
FRANÇOISE. '
Qu'est-ce que dit le jeune hô'mine.^
JEAN JEAN
Je disais h mamzelie que nous allons prendre un doigt de vin. i .•
MARGUERITE
Je ne veux pas.
FRANÇOISE
Pourquoi «jue vous ne voulez pas?. . du moment qu'ils offrent, qu'ils n'ont pas l'intention de s'amuser de hous.
L\TULIPE
Eh non , mille bombes '■
FRANÇOISE
Sapeur .. nejurez pas devant c' te jeunesse... ce n'est pas pour moi que je vous dis ça , je sais que le militaire y est habitue... J'ai connu un carabinier... y n' pouvait pas dire un mot sans jurer.
LATULIPE
>Cest dit. . . sarpe. . •
FRANÇOISE , n'uuf.
Ah! je vous y prends n'encorc.
LATULU'E.
Eh ! toi . . . Jean Jean ... en avant ! . . fais apporter deux bouteilles et un bouchon de pain. ( Jean- Jean y va. )
FRANÇOISE
Allons , Lolotte , vous allez jouer avec le petit garçon ; soyez bien sage et ramassez des cailloux. LOLOTTE , pleurant.
Je ne veux pas ... je veux jouer là . . . COCO , pleurant.
El moi , je veux du plaisir. '
( Marguerite le aecoue par le bras. )
LOLOTTE , pleurant. '
J'ai soif... mol...
FRANÇOISE
V'ià l'autre , à présent... Sapeur... n'est-ce pas que si elle pleure, il va lui pousser des moustaches comme à vousi^
Oui , morbleu ! ( La petite Lolotte se cache derrière le tablier de Françoise.
FRANÇOISE
Elle est sage . . . monsieur le sapeur , il ne lui poussera pas des moustaches
LATULIPE
Non... non... nous allons les mettre à table avec nous. . ça fait qu'ils ne pleureront pas... ( Il les place à table. ) JEAN- JEAN , revenant avec le garçon.
V'iàt les munitions de bouche, j
LE GARÇON y posant les deu.v bouteilles et les quatre verres et du pain sur la table. ';.>^-(nf;it, Trente sous , camarades !..
LATUL PE
C'est l'usage , paye , Jean- Jean.
( 20 ) JKaN-JEAN.
• Oui , sapeur.
LA J ULlPE , à Jeun-Jean.
\ a chercher la parliculière. Mamzelle Françoise, donnezntoi la main.
( Latulipe donne la mta'n à Françoise et Jean-Jean la donne à Marguerite ; ils se placent ii la table , à droite et en face du sprriateur ; les enfans au rniiieu entre les deux bonnes. )
COCO , quand on est placé.
Je veux un gobelet.
LOLOTTE
Moi aussi.
' Oui ... il est gentil ce petit luron . . . garçon , un verre pour lui et pour la petite demoiselle.
coco , tout joyeux.
L'aime bien... moi, le soldat.
LOLOTTii.
£t moi aussi I
LA'rULlPE , au garçon.
A'iJ ' çà . garçon... fait-on des noces à la petite Arc-en-Ciel '?
LEGABÇON.
Oui , caaia:ades , noces et festins ; nous avons un salon de t5 couverts.
LATULIPE
Eh bien ! Jean-Jean , faudra faire la tienne ici. . . est-ce que «on cœur ne bal pas la géneiale pour une particulière? Eh ! va donc .. eh ! parle Jonc.
JE AN- JE ATS , rianl et regardant 3 Marguerite- Han^ han !
MAHcei'iriE, de même.
Han 1 han !
FRANÇOISE
Eh bien! ils i^e ricanncut îcutes les deux sans riei; dire... S'i! n'v a quelque chose. . il faut s'expliquer. . d'ailleurs , ({uand c'est pour le bon motif . car si ce n'était pour le bon motif. . . je ne boirais pas n'avec vous ; à vol' santé , sapeur . . .
JEAN-JE4N , irinijuant aiur Marguerite,
Santé , mamzeîle ..
Allons , coL.srrit, déboutonne loo cœur...
FRANÇOISE
Vous aimez la petite Lorraine... N'on voit ça... dites y doue vous-même...
JEAN-JEAN
Oh! pour ça... c'est clair que j'aimerais mieux être en faction auprès de mamzelle que dans ma guérite.
FRANÇOISE
C'est joli... ça m' rappelle que n'ai connu un fourrier da régiment de Flandres qui m'a dit tout juste la même chose, y n'y a trente-deux ans,
LATUUPE.
Ce n'est point zhier.
JEAN-JEAN , à Maiguerite.
Eh bien ! mamzelle , parlez donc.
MARGUERITE
C'est qu'on veut me faire épouser nn cousin.
LATUUPE.
Eh bien ! on s'arrangera avec le cousin.
JEAN-JEAN , <i M« tun de fanfaronnade.
Oui , on peut encore s'arranger avec le cousin , tout d' même.
MARGUERITE
Ah ! je ne suis pas encore décidée.
Il faudra pourtant vous prénoncer... sans ça je ne bois plus avec ces messieurs . . à vot' santé , sapeur. LATULIPE , se levant.
Si , en attendant la danse , nous allions faire un tour dans le jardin.
FRANÇOISE
S'il y a des bosquets , je n'y vas pas.
LATULIPE
Non... nous irons du côté de la balançoire.
FRANÇOISE , se levant.
Pour la balançoire, j'en suis... ça m'étourdit z un peu, mais c'est égal... la Lorraine, vous êtes des nôtres .. ou sans ça, d'ailleurs, qu'il serait indécent que vous restiez seule avec le camarade.
JEAN-JEAN , à Margueiite.
Que c'est guignonnantî..
MARGUERITE, à Jean-Jean.
Je vais tâcher de rester.
Air : Ronde de la Ferme.
La balançoire est dangereuse , ] Je n'os'rai jamais y monter.
FRANÇOISE
Mon Dieu ! vous êt's donc bien peureuse ?
MARGUERITE
Ici je préfère rester.
Non, marozellc , faut nous escorter.
MARGUERITE
II faut les suivre , quelle peine !
JEAN-JEAN
Quel malheur , que Françoise nous gêne !
LATULIPE
Bah ! bah ! bah .' balancez- vous donc , Balancez-vous donc, ma dondaine; Bah ! hv\\ ! bah ! balancez-vous donc , Balancez-vous donc, ma dondon.
ENSEMBLE
Bail ! bah ! bah ! balancez-vous donc , Etc. , etc.
Jean-Jean passe devant avec Marguerite ; Latulipe passe la main autour de la taille de Françoise et essaie de la retenir.