‹ Les bonnes d'enfans, ou, Une soiree aux boulevards-neufsChapitre 19 sur 19 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

M. GIRARD amenant COCO cl LOLOT TE , Madame GlRARb , ARMAND , MARGUERITE , LATU- LIPE, FRANÇOISE, JliAN-JEAN, les Chaurs dans le jond.

W. GIRARD , paraissant sur le devant de la scène en criant

bien fort.

Madame Girard !.. maûauie Girard ! n'allez pas si loin,

M""^ GIRARD, se retournant.

Ciel ! Coco 1 cher enfant ... où élais-ln donc ?

coco.

Chez le pâtissier.

FRANÇOISE, prenant Loluite.

Ah! mainzelle Lolotle, que le diable lîe vous emporte.. . n'en suis encore toute émue...

M. QlKkE.V> , séi>èrement.

Madame Girard.. . que cela vous apprenne une autre fois à ne pas quitter mon fils.

M™' GIRARD

Mais , monsieur , il était avec sa bonne.

M. GIRARD

Avec sa bonne, est-ce que vous n'êtes pas bonne pour garder vos enfans... Quant à vous , mamzelle Marguerite, vous pouvez chercher une place ; je n'ai pas besoin chez moi de filles qui dansent avec les soldats.

MARGUERITE

Ah ! monsieur Girard !

M. GIRARD

Et vous , Françoise , à voire âge... J'instruirai M. Rigaud de voire conduite...

FRANÇOISE

Je ne crains rien , monsieur.

LATULIPE

Parbleu ! puisque les mioches sont retrouvés . . .

M. GIRARD

Qu'est-ce que c'est que des mioches , monsieur le sapeur.^ est-ce que mon fiîs est un mioche ^

LATULIPE

Excusez , monsieur le bourgeois , je n'ai pas eu l'intention de l'insulter.

JEAN-JEAN

Il a voulu dire bambin.

ï-RANÇOlSt.

Sapeur , vous n'êtes cause que nous v"là sur le pavé. ( Elle

jilcure. )

M. GÎRARD.

Oui , je ne veux pas chez moi d'une fille qui a des allures*

JEAN-JEAN

Monsieur, ce n'est pas des allures: je suis un hounéle garçon , incapable d'abuser d'une payse ! d'ailleurs je suis connu de mes chefs . . . n'y a qu'à demander à ma compagnie ce qu'elle pense de Jean Canclaux?

MARGUERITE , étonnée.

Jean Canclaux !

FRANÇOISE

Canclaux ! ah mon dieu ! .. quel bonheur! .. moi qui ai lu la leclure , c'est lui qui n'est le cousin à qui qu'elle est promise.. .

JEAN-JEAN , à Marguerite.

Ah! ma cousine ! que c'est heureux !.. Comment vous êtes Marguerite Canclaux ?

MARGUERITE

Eh ! oui , mon cousin.

Oh ! mille bombes ! en v'ià une bonne. MARGUERITE , pleurant.

Ci'est égal, puisqu'on me renvoie, monsieur et madame, j'ai bien du chagrin de vous quitter. Adieu, Coco, coco , frappe des pieds.

Je ne veux pas que ma bonne s'en aille , moi !

M. GIRARD

Au fait, si c'est le cousin, madame Girard;, je vous demande grâce pour elle.

M°8 GIRARD

J'y consens , et je permets au cousin de venir lui faire la cour à la maison , honnêtement.

JEAN-JEAN , mettant la main à son schakot. Sensible, madame.

LATULIPE, b-as à Jean- Jean.

Dis donc , malin , elle va te repasser des bouillons à sa cuisine.

FRANÇOISE

Monsieur Girard , vous ne direz rien à monsieur Rigaud , à mon égard , n'est-ce pas ?

M'ne GIRARD.

Non , à condition que vous n'irez plus danser à la guinguette.

FRANÇOISE , passant au milieu.

On ne m'y reprendra plus. Monsiur Giraud... si le sapeur n'avait des vues sur moi... voudrez-vous demander la permission à monsieur Rigaud pour qui ne vienne aussi me faire la cour honnêtcmeut, s'il veut m'épouseri'

LATULIPE

Moi i' le plus souvent !

FRANÇOISE

Dame! vous m'avez fait danser...

LATULiPE, passant près de Françoise,

J'en aï fait danser bien d'autres.

Ail" de Marianne.

J'ai fait danser les Egyptiennes Au son du sisf rc , nuit et jour ; J'ai fait walser les Autrichiennes Au l)ruit du hi'ro et du tambour :

Quittant l'AH'inagne ,

Aux Lell's d'Espagne

Je fus toutd' go , Fair' dansor 1' i'andango;

Fallait qu' chez l'RuSiC,

De la j' courusse :

J' lis danse 1' pas A leurs feniin's plcin's d'apas.

Si d'Ics épouser a la ronde , Tout's ces danj's-la m'avaient prié , Je me serais donc marié

Aux quatre coins du monde.

FHAN'ÇOISE.

Sapeur... ça n'est pas joli : dès aujourd'hui, notre liaison z'esi (ii)ie.

LAIULIPE.

Conime VOUS voudrez , la vieille...

' Qui n'est malhonnête ! ( E//e sourit) Dans tout ça. n'y a eu plus de peur (}uc de mal. Ne me souviens qu'en dix- huit cent n"un... pareille chose m'est arrivée... j'étais ellée à Chalenton avec tin corporal des calonniers... qui ue devait m'épouser- . . il nous mène à l'ccolc vétérinaire... pendant que nous regardions les squelettes , v'Ià le petit qui disparaît ; nous l'avons retrouvé au bout d'un colidor... alors je lui prends la main. . . ( m^ec inf/inëludr. ) Eh ben ! ousqu'est donc la petite ?

LATULIPE, lui présentant L&totte.

La v'15.

^'"'' FRANÇOISE, à Lohilc.

Ah ! mon dieu ! tu m'as fait encore une jolie souleur. Les enfans! les entans !

M. GIRARD

Ah! les enfans ! les enfans !... nous ne sommes pas plus raisonnables qu'eux. 4

FAUDEVILLE.

LATUI.IPE.

Air : Que Pantin serait content !

Ici bas ,

A cbaque pas ,

Pauvres liomiiies

Qus nous sommes !

Nous nous croyons tous Iiicn grands.

Et nous sommes des enfans.

LE CHOEUR

Ici bas , etc.

ARMANI).

Aux enfans mutins ,

Pour calmer leurs têtes ,

Ou met des pantins ,

Des bochets en mains ; Plus tai'd ce sont des rangs.

Des titres et des paillettes :

Nous nous croyons bien grands , Et nous sommes des enfans.

LE CHOEUR

Ici bas , etc.

LATULIPE. '

Air : Ah ! mon ami Thomas.

Un petit luron ,

D' sa nourrie' vermeille

Presse le flacon,

Et trouv' ça bien bon ; '

Mais drès qu'il a vingt ans, Y n' fait qu cbanger d' bouteille :

Nous nous croyons bien grands , Et nous n' somm s que des enfans.

LE CHOEUR

Ici bas, etc.

FRANÇOISE , au Public.

C bon monsieur Girard,

Ici nie pardonne ;

Ayez qiielqu'cgard.

Si j' fis un écart :

J' m'en souviendrai long-temps ; y fais tout c' que j' peux pour êtr' bonne , Et pour que les parens M'amènent les p tis enfans.

LE CHOEUR

Ici bas , etc.

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