JEAN JEAN £T LATULIPE
LATULIPE
Allons par ici, Jean -Jean . . est-ce que tu veux être .dans les traînards P. ; • i ' '" '
JEAN-JEAN , a\>ec une Imdine à la main.
Dame! c'est que vous allez au pas redoublé, Lalulipe, '
LATULIPE
Est-ce que lu ne vois pas que ies petites Bonnes sont VA'.''" Ehl par fil à gauche , en avant!., marché à elles!.. ( // /e vousse ^ Jean-Jean st; troui^e à la droite du spjctàtsur.^
JEAN-JEAN." V
Yous êftès encore uii fameux iou^-e^-iratxx..,.
LATULIPE
Un sapeur n'est-11 pas habitué de montrer le chemin aux autres?..
Ail" : Fanion , furila , farilette.
Je suis un vieux militaire , Et depuis plus de vingt ans , En amour coiniue à la guerre , J'ai bien employé mon temps :
A ma rnanicie j' me dissipe , Vois- je un canon?
Vois-je un flacon ?
Je fais mon état En bon soldat.
J' bois, morbleu !
Et j' fais feu Par principe.
En avant, Fanfan
Lalulijîe !
Ah ! miir noms d'un' pipe En .uvant.
Il marche m ili lai renient sur la ritournelle , Taulre le suit ; Latulipe se retourne brusquement, alors Jean-Jean marcfte devant lui en retournant la tête.
JEATS-JEAN.
Quand j'aurai auiaul de services que vous. . . j'en ferai autant...
LATUUPE.
Ça viendra...
JEAN JEAN
Ditesdonc... je ne vois pas c'ie jeunesse d'avanz hier...
La petite Lorraine r"
JEAN JEAN
Oui , elle avait pourtant bien promis qu'elle reviendrait par ici . . •
LATULIPE
C n'est pas de promettre qun les gêne le plus... mais elle en .lura rencontré un autre qui lui aura donné rendez-vous autre part.
JEAN-JEAN , soupirant.
C'est peul-êfre pour ça qu'elle n'est pas ici?..
LATULIPE
Çà se pourrait bien... ah ça , mais tu es donc amoureux d' cette petite Marguerite .'*
JE AN- JE AN
Dame ! elle est gentille.
LATULIPE
£h! mon dien!
Air : J'ons un curé patriote.
Tiens, Jean-Jean , tout's ces petit's bonnes
N' sont pas si bonn's que tu crois ;
Y en a moins d' sag's que d' friponnes ,
J' te r disons en vieux sournois :
Avec leux airs nonchalans ,
Avec leux deux bras balans ,
Eli's promènent en mèm' temps ,
Les cnfans et les galans ,
Et les galans et les enfans.
JEAN- JEAN
Ça me fait de la peine , parce qu'il me semble que j'allais ra'atiacher.
LATULIPE
Mille cartouches ! ne vas pas faire de ces parades-là !
JEAN JEAN
Air : j4u son dujifre et du tambour.
Latulipe , soyez tranquille ,
J' vous repnods que j s'rai bon soldat;
Auprès d' vous , il m' s'ra facile
De prendre l'esprit d' mon état :
A la gloir' quand on est docile,
Rien ne vous étourdit l'amour
Comme le roul'ment du tambour.
LATULIPE , lui frappant sur f épaule.
A la bonne heure !. . je vois que tu as des dispositions.
JEAN-JEAN
Dame! quand j'aurai de la barbe comme vous... je serai fier.
Oui. . . Mais c'est de la poudre à canon qui fait pousser
ça.
Air : Tout çapas^e.
Mon ami , dans not' méier , Point d' paresseux ni d' lâches ; Et tu d'viendras un guerrier , Si dans l' servie' tu t'attaches«
Ah ! dam', faudra qu' t'en détaches.
Si tu veux d' la l>arbc... apprends Qu'lcs lauriers cl les moustaches , Tout ça pousse (ter) en môme temps.
JEAN-JEAN
Mais vous , en parlant de moi... je vous remercie, sapeur, de la complaisance que vous avez eue d'entretenir la vieille Françoise pendant que je parlais à la petite.
LA TULIPE
C'est des services qui se rend entre militaires. . . T'avais fait veuir bouteille... tu parlais... je buvais... tout ça marchait de front.
JEAN JEAN
J'en ferais encore bien venir une, tout de même, si je croyais qu'aiT vont arriver.
LA TULIPE
T'as raison ; elles vont venir ; il est de bonne heure- • • commençons toujours en les attendant... Mais t'es donc foncé en luméraire i^
JEAN-JEAN
Oui, j'ai reçu dix-huit francs du pays... avec le prêt.
LATULIPE
Ca le fait dix-huîl livres dix sous : c'est gentil... ( Il tape sur la table avec son sabre ) Eh ! garçon !
JEAN-JEAN , frappant avec sa badine.
Hé î garçon !
LE GARÇON, accouranU Voilà, voilà, qu'est-ce qu'il faut, messieurs.^
JEAN-JEAN
Voulez-vous que je demande un demi-litre ?. .
LATULIPE
Fi donc'., un soldai ne doit rien faire à demi... garçon! un litre et du bon !
JEAN-JEAN
Il est bon enfant , le sapeur...
( Le garçon apporte un litre et deux verres, Latulipe et Jean- Jean s'asseyent chacun à un bout de la table.