II. Environs de Bade
Un nouveau genre de cure, la «cure de terrain», a e'té mis en pratique à Bade. Dans ce but, les principales promenades des environs ont aux arbres, à des distances égales de 10 min., des traits jaunes, rouges ou jaunes et rouges, indiquant que le chemin est de plain-pied , un peu montant ou escarpe'. Des chiffres rouges sur fond blanc donnent de plus les hauteurs au-dessus de la Conversation.
La plus belle des promenades de Bade est r*allée de Lichtenthal (pi. B 4-6), qui conduit en i/j h. à Lichtenthal (v. ci-dessous). Elle s'étend sur la rive g. de l'Oos, en amont, et elle est surtout couverte dans l'après-midi de nombreux promeneurs à pied, à cheval et en voiture. Elle est bordée de vieux et magnifiques arbres , de chênes, de tilleuls, d'érables, et dans sa première moitié, surtout au N., de jolis parterres et de bosquets rafraîchis par des jets d'eau, tandis qu'on voit sur les bords de la rivière de belles villas, dont le nombre augmente toujours. A env. 6 min. du théâtre, à la maison n° 6, à dr., les routes du Fremersberg et de l'Ybourg (p. 66) ; 8 min. plus loin, aussi à dr., la route de Gunzenbach.
En prenant la route du Fremersberg et tournant ensuite à g. , on arrive en 1/2 b. sur le Sauersherg (283 m.; jolie vue du Birkenkopf) et plus loin à f Ybourg (p. 66). Un chemin late'ral conduit en 10 min. à la Molkenanstalt, dans un joli site et où l'on peut avoir des rafraîchissements. — La vallée de Gunzenbach est très intéressant pour les minéralogistes. Un écriteau indique la direction de la Leopolclshœhe , qui offre un beau coup d'œil sur Bade et la vallée de l'Oos. — Un sentier conduit aussi de l'allée de Lichtenthal sur le Cœcilienberg (p. 63).
Lichtenthal. — hôtels: *Bœi\ avec un restaurant et un beau jardin (ch. , env. ib cM. par sem. -, dîn. , 2 c4) ; *Ludwigsbad, avec une source d'eau minérale (dîn., 1 Ji. 80); *Lœive, (dîn., i Ji. 50; pens. à partir de 4 oéi.)-^ Kreuz, ce dernier plus simple. — Brasseries très fréquentées à l'entrée du village. — Omnibus de la gare de Bade, à Lichtenthal, 3 fois par jour, 50 pf.
Lichtenthal (186 m.) est un village de 3620 hab., avec le couvent de Lichtenthal (immédiatement à dr. après le pont), fondé en 1245 parirmengarde, nièce de Henri le Lion, veuve de HermannV de Bade
de Bade. LA GEROLSAU. //. B. 10. 63
(m. 1243). Ce couvent, que les margraves de Bade prirent sous leur protection spéciale, a échappé aux injures du temps et aux orages de la guerre, et il est toujours habité par des religieuses de l'ordre de Cîteaux (16 à 18), qui sont soumises à une stricte clôture. L'église, à une seule nef, renferme le ^monument de la fondatrice (m. 1260), un sarcophage avec la noble figure de la margrave. A côté de cette église , avec laquelle elle est reliée par une arcade , se trouve la chapelle des morts, fondée en 1288 et restaurée en 1830; elle contient les tombeaux de margraves de Bade-Durlach,. entre autres celui de Rodolphe VI (m. 1372) et des tableaux d'autel de Hans Baldung, dit Grien. L'orphelinat dépendant du couvent est une fondation du tailleur Stulz (p. 69). Devant le couvent est un monument des Guerriers (1870-71). — Lq Cœcilienherg (230 m.), contrefort du Klosterierg couvert de sapins (415 m.), immédiatement derrière le couvent, offre de jolies promenades et des points de vue charmants. — Plus haut, sur une ramification de la montagne entre les vallées de Beuern et de Geroldsau. la nouvelle é'glise paroissiale, du style goth., avec une haute tour qu'on aperçoit de loin.
Sur la Seelach (272 m.), sommet situé en face, à TE. de la Gerolsau, où l'on monte du couvent en 1/2 ^- (route de voit, à dr. , sentier à g. de l'église paroissiale}, une villa du comte Creptowitcli , dans le style du moyen âge-, on y a une belle vue (^auberge à côté).
La route remonte de Lichtenthal la vallée de Beueek, en passant devant un grand nombre de maisons isolées et de groupes de maisons, et elle conduit en 25 min. à Ober-Beuern (211 m.). Il y a une hôtellerie très fréquentée, Zum Waldhorn, où l'on voit, au-dessus de la porte, la tête de l'ancien hôte souriant, œuvre du sculpteur français Dantan (m. 1869). — La vallée se rétrécit, et la route se bifurque à env, 1 h. du couvent de Lichtental. Le bras principal se dirige à g. vers Miillenbach , Gernsbach et le château d'Eberstein (v. p. 80). A dr., sur le chemin conduisant à Gaisbach et à Forbach (p. 82), se trouve l'établissement de pisciculture de G-aisbach {Fischzuchtanstalt Gaisbach ou Fischkultur; 267 m.), dans un joli coin de la vallée, avec un beau jardin et un bon hôtel (*restaur.). On paie 30 pf. pour visiter l'établissement. Cet endroit est beaucoup fréquenté de Bade; on y va en 2/4 d'h. en voitu.re.
Près de Lichtenthal, au S.-O., s'ouvre la Gerolsau, jolie vallée arrosée par le Grobbach, avec des prairies parsemées de bouquets de bois, et le village du même nom (226 m. ; aub. : Hirsch), à 35 min. du couvent de Lichtenthal. La route y prend à dr. pour monter à Steinbach (2 h. ; p. 66), par Malschbach (262m.) et Neuweier (p. 66). Nous restons à g. La vallée devient plus solitaire. A 1 h. du couvent, la, cascade de Gerolsau (293 m. d'altit.) , où il y a un bon restaurant.
La route de voitures conduit plus loin, à travers une belle forêt, à Herremcies (3 h.) , au Sand et au Plœttig. A la première bifurcation, à 20 min. de la cascade, nous laissons à dr. un chemin menant directement à Plsettig (p. 67). A 1/3 h. de là, nouvelle bifurcation. Les chemins se
64 //. R. 10. VIEUX CHATEAU. Environs
réunissent 1 h. 1/4 plus tard, sur la Badener Ilœhe (1004 m.; pas de vue), où il y a uu poteau. Il y a encore 1/2 h. de chemin de cet endroit à Herrenwies (p. 67j et à Sand (p. 67).
De Bade au vieux château , situé à 1 h. de distance , il y a une route de voitures qui monte au N. (v. le plan, C2, D2-1). Un agréable et large chemin pour piétons et cavaliers s'en détache à dr. , de l'autre côté de la station des ânes (tarif, 1 c/fi 40, 2 c/fi 40 aller et retour), et traverse un bois de pins; aux endroits douteux, la direction est indiquée par des poteaux. A mi-chemin environ , la Sophienruhe (349 m.), repos sur un rocher en saillie, avec un pavillon et non loin d'une source fraîche.
Le *vieux château de Hohenbaden (400 m.), sur un contrefort du Battert, est une vaste construction dont les fondements datent probablement du iii^s. de notre ère, lorsque les Romains élevèrent en cet endroit des fortiflcations. Il a servi de résidence aux margraves de Bade depuis le xii® s. jusqu'à la construction du nouveau château. La partie dite salle des Chevaliers (Rittersaal) est de la fin du XIV® s. Ce château a été détruit par les Français en 1689, et il n'en reste plus que des ruines , dans lesquelles des escaliers conduisent sur la tour. On y a une **vue magnifique sur la vallée du Rhin, depuis Spire jusqu'au delà de Strasbourg (la ville elle-même reste masquée) , et l'on a à ses pieds la charmante vallée de Bade, avec ses maisons blanches, ses chênes, ses hêtres verdoyants et ses sombres forêts de pins et de sapins. — Ily a unhonrestaurant tarifé au château, sur la terrasse ombragée où aboutissent les chemins de Bade.
Autour du sommet du Battert (565 m.), dont des poteaux indiquent la direction à la terrasse et à la porte de derrière du château («Auf die Felsen» ; escaliers), sont épars les Rochers (Felsen), masses de porphyre jetées pêle-mêle et aux formes les plus étranges, qui tombent à pic au S. Le plus bel endroit est la Felsenbrïicke, à 20-25 min. du château. Des sentiers, où il y a des poteaux, conduisent de là , en ^/^ d'h. env. , à Ebersteinbourg ou bien , à dr., à la Teufelskanzel et au Mont-Mercure (p. 65). — Un autre chemin, qui part également de la terrasse, passe au pied des rochers; il reste pendant 20 min. à peu près à la même hauteur, puis il descend à dr. , et il arrive également en V2 t- ^ Ebersteinbourg (v. ci-dessous).
De Bade a Ebebsteinbourg (1 h. 1/4)- La route de voitures est l'ancienne route de Gernsbach (pi. D3), qui monte à l'E. dans la vallée entre le Battert et le Mercure. Vers le point le plus élevé de cette route (374m.), à dr. , est la Teufelskanzel (chaire du Diable; 374 m.), bloc de rocher énorme. En face, V Engelskanzel (chaire de l'Ange; 390 m.), avec une croix de granit et un banc. Belles vues des deux endroits. Ensuite à g. la route de voitures d'Ebersteinbourg et à dr. celle du Mont-Mercure (v. ci-dessous). Un poteau à g. à la descente indique la direction de la Wolfsschlucht, gorge pit-
de Bade. MONT -MERCURE. II. E. 10. 65
toresque d'où l'on monte , par un chemin escarpé dans la forêt, à Ebersteinbourg.
Du village d'Ebersteinbourg (426 m.; aub. : Krone, Hirsch) , on monte encore à peu près pendant 10 min. pour arriver sur le sommet isolé que couronnent les ruines du château d'Alt-Eberstein ou Ebersteinbourg (489 m.; petite aub.). Ces ruines s'élèvent aussi sur des fondations romaines, sur lesquelles le châteaa fut construit du x^ au XIV® s. C'était la résidence de la vieille famille des comtes d'Eberstein, après lesquels il appartint aux margraves de Bade.
Le chroniques rhénanes racontent que l'empereur Othon I^^", ne pouvant réussir à s'emparer de vive force de la forteresse d'Eberstein, eut recours à la ruse. Il invita le comte à un tournoi et à un bal , dans l'intention de profiter de son absence du château pour le prendre d'assaut. Mais pendant le bal, la jeune fille de l'empereur avertit le comte de ce projet. Celui-ci courut en toute hâte à sa forteresse, et y arriva à temps pour repousser les attaques de l'ennemi , avec une telle intrépidité que l'empereur , admirant son courage , lui donna la main de sa fille. Uhland a fait de cette légende un charmant poème. — La tour, où il est facile de monter (10 pf.), ofl're une jolie vue.
De Bade au Mont-Mercure (Mercuriusberg). On peut faire en 1 h. 1/2 , par différents chemins , l'ascension de cette montagne, la plus haute des environs. Comme il est dit ci-dessus, la route de voitures se détache à dr. dans le haut de l'ancienne route de Gernsbach , d'où elle passe non loin de la Teufelskanzel (p. 64) et elle atteint le sommet en une petite heure, en décrivant de grandes courbes. Les piétons préfèrent un chemin qui part de la Scheibenstrasse (pi. D 3-4) et passe par VAnnaberg (303 m. ; aub.) , contrefort du Mercure. Dans le haut se trouve le réservoir supérieur de la ville et à côté l'aub. Zum Carlshof, avec un jardin et une jolie vue. On tourne là à g. et marche toujours sous bois. Il y a de nombreux poteaux. On y monte aussi de Lichtenthal, par le Schafberg (321 m.), etc. La cime du Mont-Mercure ou Grand Staufen (672m.) est couronnée par une tour de 23 m. de haut , qui offre une *vue fort étendue. La clef est à l'auberge voisine (10 pf.). Le nom de cette montagne vient d'une pierre votive romaine, dédiée à Mercure, qu'on y a trouvée et qui est placée dans une petite niche faite à dessein. — La route de voitures se prolonge au-dessous du sommet du Mercure, contourne à l'O. le Petit Staufen (625 m.) et aboutit, audessus de Mùllenbach, au Mûllenbild, sur la route de Gernsbach (v. ci-dessous). Les piétons vont à Gernsbach en 1 h., par Staufenberg (v. ci-dessous), en tournant à l'E, au Binsenwasen (517m,; poteau).
De Bade à Gernsbach, on met 2 h. ^/^ par la route neuve et 2 h. par l'ancienne. La route neave traverse Lichtenthal et Beuern (p. 62), puis le hameau de Mùllenbach (aub.), à env. 1/4 d'h. de la pisciculture, et elle monte par une grande courbe (raccourci considérable pour les piétons, tout droit à l'aub.) jusqu'au Mûllenbild (382 m.), où aboutit à g. le chemin du Mercure mentionné ci-dessus. Ensuite la route se bifurque: à g., on descend à Gernsbach; à dr., on va à peu près de plain-pied au château d'Eberstein (p. 81). —
Bœdeker, le Rhin, 13^ édit. 5
66 II. B. IL BUHL.
La vieille route est la même que pour Ebersteinbourg jusque sur la hauteur (p. 64).
Le Fbemebsbebg et I'Yboubg sont encore deux buts d'excursions intéressantes aux environs de Bade. On prend à 6 min. du théâtre, à dr. , la route qui monte à dr. de l'allée de Lichtenthal («Fremersbergstrasse»). A 12min., le groupe de maisons dit Thiergartenj 10min. plus loin, le restaur. Zwn KoTlmattfelsen. Ensuite une bifurcation: à dr., au Korbmattfelsen et â l'Ybourg (v. cidessous); à dr. , en 1 h., par la forêt, à la tour du Fremersberg (527 m.), où il y a une bonne auberge. Vue étendue de la tour sur la vallée du Rhin. On revient en 1 h. V4 à Bade par le Jagdhaus, où il y a un jardin-restaur. très fréquenté.
Il y a 1 h. à 1 h. ^j^ du restaur. du Korbmattfelsen à l'Ybourg, par des routes de voitures et des sentiers garnis de poteaux. De Bade, la route se détache de celle du Fremersberg tout près de l'allée de Lichtenthal. Belle forêt de sapins. L'Ybourg (517m.) est, comme l'Ebersteinbourg, une ancienne tour romaine en ruine. Vue étendue sur la vallée du Rhin. Modeste auberge. De l'Ybourg à Steinbach (v. ci-dessous), 1 h. Va-
Il. De Bade à Strasbourg.
Voir la carte -p. 80.
61 kil. Chemin de fer badois. Trajet en 2 h. à 2 h. 8/4, pour 6 c4i 70, 4 Ji. 75 et 3 JC. 30 ou 5 c4i. 90, 4 ait. et 2 M. 50. Vue généralement à g.
4 kil. Dos (p. 57). A g., la Forêt-Noire, et sur le devant, la tour de VYhourg (v. ci-dessus). — 7 kil. Sinzheim.
10 kil. Steinbach faub.: *Stern) , petite ville de 2055 hab. A
10 min. au N.-E., sur une colline (178 m.), la statue d'Erwin, l'architecte (p. 145), par Friederich (1844). En continuant à l'E., par Umweg, on arrive en 2 h. à l'Ybourg (v. ci-dessus). A ^/^ d'h. en amont dans la vallée du Steinbach se trouve Neuweier (185 m.; *aub. zum Lamm), qui a un vieux château et récolte un vin fort dit Mauerwein. De là à Bade par Malschbach (p. 63), 2 h.; à l'Ybourg, 1 h. Va- Une vallée au S.-E. de Steinbach produit VAffenthaler, un des meilleurs vins rouges du pays.
15 kil. Biihl ('hôt. : Robe, Badischer Hof, bons ; Krone, nouveau ; Koch), ville industrieuse de 3104 hab., à l'extrémité de la vallée du même nom. Son église neuve, du style goth., a un beau clocher à flèche en pierre. La vieille église, avec une tour du xvi^s., à été transformée en hôtel de ville. Plus loin se voit la chapelle du cimetière, où passe le chemin qui conduit aux ruines à' Alt- Windeck (1 h. V4; 392 m.), avec deux belles tours, sur une hauteur au S.-E.
11 y a une auberge dans le haut.
A 10 kil. auN.-O. de Biihl, près du Rhin, se trouve Schwarzach, dont l'église est une ancienne abbatiale de la fin de la période romane (xii^ s.).
La vallée de Btihl (Bilhlerthal) est une vallée industrielle arrosée par la BuhloU. Il y a une route desservie 3 fois le jour par un omnibus jus-