‹ Les bords du Rhin de la frontière suisse a la frontière de HollandeChapitre 49 sur 155 · De Fribourg à Colmar · texte numérisé non relu

De Fribourg à Colmar

44 kil. Chemin de fer, trajet en 1 h. 10 à 2 h., pour 4 Ji. 20, 2 ^ 90 et 1 Ji. 80.

On traverse une contrée marécageuse couverte de bois et de prairies, le Mooswald , franchit le canal de la Dreisam, qui est le plus souvent à sec, et prend la direction de l'O., entre les versants fertiles du Tuni-Berg, élévation volcanique isolée à g. (sud), et le Kaiserstuhl à dr. — 8 kil. Hugstetten (aub.: Kreuz). — 12 kil. Gottenheim. — 15 kil. Wasenweiler. — 18 kil. Jhringen.

23 kil. Vieux -Brisach, en ail. Alt-Breisach (227 m.; hôt. : *Deutscher Kaiser ou Post ; Salmen) , vieille ville de 3106 bab,, le Mons Brlsiacus des Romains, sur un rocber escarpé qui s'élève à env. 80m. au-dessus du Rhin, la dernière ramification S.-O. du Kaiserstuhl. Cette ville présente déjà de loin un aspect imposant.

On prétend qu'au x^ s. encore, Vieux-Brisach formait une île dans le Rhin. C'était jadis une des forteresses les plus importantes du St-Empire romain, la clef de l'Allemagne. Appartenant à l'Autriche depuis 1331, elle fut prise en 1638, après un siège formidable, par Bernard de Weimar, général suédois. Celui-ci étant mort, elle fut occupée par les

Français de 1639 à 1697 et par les Autrichiens en 1700, reprise par Tallard et Vauban en 1703 et rendue à l'Autriche en 1714. En 1740, les dommages causés aux fortifications par les débordements du Rhin déterminèrent l'Autriche à ne pas les rétablir et même à en démolir quelques parties dès l'année suivante. Toutefois la démolition complète de la forteresse n'eut lieu qu'en 1793, par les Français, qui la bombardèrent

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du fort Mortier et des batteries du Rhin. Les ouvrages, reconstruits en partie dans la suite, furent de'fmitivement rasés par le gouvernement de Bade. Une inscription gravée au-dessus de l'ancienne porte du Rhin faisait dire autrefois à Vieux-Brisach :

Limes eram Gallis , nunc pons et janua fio ; Si pergunt, Oallis nullibi limes erit!

(J'étais une limite pour les Français , je suis maintenant pont et porte; s'ils passent, la frontière ne sera plus nulle part.)

A l'endroit le plus élevé de la ville se dresse la cathédrale ou St-Etienne, grande basilique voûtée en forme de croix. Le chœur, la tour du S. et la partie occidentale de la nef sont gothiques, le transept et la tour du N. romans. A l'intérieur, on remarque un magnifique jubé du xv*^ s. , le maître autel , du style gothique, de 14 m. 24 de haut et 7 m. 24 de large, avec un bon retable en bois de 1526 par Jean Lievering (?) , représentant le couronnement de la Vierge. Il y a dans le chœur deux tableaux peints par Diirr, de Fribourg (1851). — Beau panorama de la terrasse. — Il y a dans le jardin du Château une tour érigée en l'honneur du colonel du génie Tulla , qui prit une grande part aux travaux de correction du Rhin. Au S., VEckardsherg^ hauteur avec des restes de fortifications anciennes.

A 2 h. 1/2 au N. de Vieux-Brisach, au pied du Kaiserstuhl et au bord du Rhin, les ruines de Sponeck (aub.), d'où Ton a une belle vue sur l'Alsace et les Vosges. — A 3/4 d'h. ou 1 h. de là, les ruines de Limbourg, où naquit Rodolphe de Habsbourg, en 1218.

Le chemin de fer traverse le Rhin sur un pont à treillis. — 26 kil. Neuf-Brisach, en ail. Neu-Breisach^ petite forteresse construite par Vauban en 1703 et prise aux Français par les Allemands le 10 nov. 1870, après huit jours de siège. — 36 kil. Siindhofen.

45 kil. Colmar (p. 157).

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