Le Rhin; de Bingen à Coblentz
Chemin de fer de la rive gauche^ v, R, 33^ — de la rive droite^ R. 34.
Bateaux à vapeur ; à la descente , 2 h. 1/2 ^ à la montée , 4 h. 1/2. Bonne cuisine et bons vins à bord. Abréviations B.^ BB. et Ch. ^ v. p. 183. Voir aussi l'introd., p. xv.
Bingen , v. p. 189. Au-dessous de la ville se trouve le confluent du Rhin et de la Nahe. Pour les ponts de la Nahe et les gares des chemins de fer à Bingerbriick, v. p. 190. Les bateaux n'arrêtent pas à Bingerbriick.
Le versant S. du Niederwald produit l'excellent vin appelé Rûdesheimer-Berg (montagne de Rûdesheim). A mi-hauteur, à env. V2 11- de Rûdesheim, se trouve le château d'Ehrenfels, bâti en 1210 et souvent habité au xv®s. par les archevêques de Mayence. Fortement endommagé par les Suédois en 1635, il a été détruit par les Français en 1689. Les deux tours sont réunies par un haut mur du côté de la montagne, par où l'on pouvait attaquer le château.
La vallée du Rhin se rétrécit tout à coup pour former le Bingerloch (trou de Bingen);, courant très rapide en raison des rochers qui le resserrent et à l'élargissement duquel on a travaillé depuis les Romains jusqu'à nos jours. On n'a toutefois pas encore pu établir de station de grands bateaux à Assmannshausen. Le fleuve descend de 2 m. 70 de Bingen à Assmannshausen, c.-à-d. dans les proportions de près de 1 pour 1000.
A dr., Assmannshausen (Ch. seulement). — hôtels : *Krone (ch. 2.50 à 3^., dé. 80pf., dî. 2.50, p. 5.50); *Anker (ch.2à2^ 50, dé. 80pf., dî. 2.50); Rheinhôiel, en aval, en face de la station des bat. à vap. (ch.dep. 1 e^. 50, dé. 1), tous au bord du Rhin, avec belle vue; — Reufershan, Lamm (simple), aussi au bord du Rhin.
Le Rhin.
ASSMANNSHAUSEN. ///. R. 40. 197
Chemin de fer du Niederwald^ v. p. 187. La gare est à l'extrémité E. du village, non loin de l'église.
Barques : pour Lorch^ 1 à 6 pers., 4 cS. 50.
Bateaux à vapeur: pour Rudesheim et Bingen^ v. p. 187; bateau à moteur pour Rheinstein : 30 pf., 50 aller et retour.
Assmannshausen (80 m.) est un village d'env. 1000 hab., connu par son vin rouge aromatique. Une source d'eau thermale lithinoalcaline (32^5 C.) , que les Romains utilisaient déjà pour des bains, à 5 min. en aval du village, a été captée de nouveau en 1864. Le Kurhaus est fermé dep. 1898.
La rive dr. n'offre rien de bien remarquable jusqu'à Lorch. Les montagnes sont escarpées, couvertes de vignes dans le bas et de forêts dans le haut.
A g., à 4 kih en aval de Bingen et à 80 m. au-dessus du Rhin, le château pittoresque de *Kheinstein , dont il est fait mention dès 1279. La belle construction actuelle a été élevée de 1825 à 1829, par le prince Frédéric de Prusse et c'est un des plus beaux spécimens de château fort du moyen âge. La chapelle, au S., renferme le tombeau du prince (m. 1863). Il y a une collection d'armes et d'antiquités (entrée; une pers., 1 c/ï(; plusieurs, 50 pf. chacune). La vue est peu étendue.
A g., 1 kil. plus loin, la chapelle St-Clément, petite construction de la fin de l'époque romane, probablement élevée, pour le repos des âmes des chevaliers qui avaient péri dans la guerre de destruction contre les seigneurs pillards de cette contrée, sous l'empereur Rodolphe de Habsbourg.
A g., sur une hauteur, le château de Reichenstein, ordinairement appelé Falkenbourg, que les Français firent sauter en 1689. La confédération des villes rhénanes avait détruit ce nid de brigands en 1252, mais Philippe de Hohenfels l'avait rebâti dès 1261 et continuait à détrousser les voyageurs ; l'empereur Rodolphe de Habsbourg l'assiégea et le prit, comme plusieurs autres châteaux du même genre dans le voisinage, et il en fit pendre sans miséricorde tous les brigands, chevaliers ou non.
Au pied de la hauteur débouche la vallée du Morgenbach, dont une petite partie seulement est très pittoresque.
A dr. , le Bodenthal , vallée renommée pour son vin ; à g. , en aval du village de Trechtingshausen (Ch.; hôt. Weisses Ross), la vallée s'élargit un peu. Au-dessus d'une gorge se dresse la tour élancée du château de Sooneck, bâti en 1015, détruit aussi par Rodolphe de Habsbourg, puis reconstruit au xiv® s. et restauré depuis 1834.
La vue s'étend d'ici jusqu'à Bacharach. A g. se montre bientôt le long village de Niederheimbach (Ch.; hôt. Pfselzer Hof), dominé par la tour massive du château de Hoheneck, ordinairement appelé Heimbourg, du xiii^ et du xiv^ s., restauré de nos jours.
A dr., Lorch (BB. et Ch.; hôt.; Weibler , à la gare; Krone, recommandé), ville de 2100 hab., s'étendant sur le bord du fleuve. C'était au moyen âge la résidence d'une noblesse nombreuse, qui
BAC5HARACH.
Le Rhin.
y «vivait comme au paradis». Son église goth. St- Martin, des xiii®- XV® s. et qui a la plus belle sonnerie du Rheingau, a été soigneusement restaurée depuis 1876. Elle possède un maître autel remarquable, de 1483, et le monument du cheY&liQv Jean Hilchen de LoTch, qui se battit vaillamment contre les Turcs et contre les Français, en 1543 et 1544. La maison Hilchen , construction à cinq étages de la renaissance (1546), est au bord du fleuve.
A dr., plus bas que Lorch, sur la rive droite de la Wisjper, qui se jette ici dans le Rhin, à 177 m. au-dessus du fleuve, les ruines du château de NoUich, qui existait déjà en 1110. Sur le coteau du S.-O. se voit une crête rocheuse appelée Teufelsleifer, l'échelle du Diable. La légende raconte qu'un chevalier de Lorch y monta à cheval et parvint ainsi à conquérir la main de sa dame.
La vallée de la Wisper est parcourue par une route qui mène à Schwalbaeh : 33 kil. ; voit, à 1 chev., 20 c^., à 2 chev., 30 e€ ; 25 et 35 aller et retour. — Schwalbaeh^ v. p. 178.
A g., au-dessus de Rheindiebach , les belles ruines du château de Fiirstenberg, que le comte palatin reçut en fief de l'archevêque de Cologne en 1243. L'empereur Adolphe , se rendant à Aix-la- Chapelle pour y être couronné, en 1292, y fut retenu de force pour avoir refusé le péage. L'empereur Louis Y s'en empara en 1321, parce qu'il le trouva au pouvoir de son rival Frédéric le Bel d'Autriche. Il fut encore pris par les Suédois en 1632 et détruit par les Français en 1689.
A dr., à l'embouchure du Retzbach, le petit village de Lorchhausen, avec une église gothique neuve.
A g., au-dessus deBacharach et jusque dans la vallée, les vastes ruines de l'ancien château fort de Stahleck. Pendant la guerre de Trente- Ans . le château fut assiégé et pris huit fois par les Français de 1620 à 1640, et ce sont eux aussi qui l'ont détruit, lors de la dévastation du Palatinat, en 1689.
A g., Bacharach (BB. et Ch.). — Hôtels: HerhrechU à la gare, avec un grand jardin, bon (ch. 1.50 à 3 c^., dé. 1, dî. 2.50, p. 4.50 à 6); Bastian (eh. dep. 2 dé. 75 pf., dî. 1 c4i. 50, p. 4); Blilcherthal, dans la ville.
Bacharach est une petite ville de 1900 hab., à Pentrée de l'étroite vallée de Steeg, dominée par le château de Stahleck, au pied duquel on voit l'église St-Verner. Des murs du moyen âge, avec des tours ouvertes par derrière, espacées de 100 à 150 pas, descendent du château et entourent encore toute la ville ; ce sont de bons spécimens des fortifications de ce temps-là, généralement bien conservés.
Bacharach, nommé Bachercho en 1019 et Bagaracha en 1140, était jusqu'au xvi® s. le principal entrepôt des vins du Rheingau, et c'est plutôt à cela qu'à son propre cru qu'elle a dû sa célébrité. Le pape Pie IT (.^Eneas Sylvius) faisait venir tous les ans à Rome un foudre de vin de Bacharach, et Pempereur Venceslas délia la ville de Nuremberg de ses redevances envers lui moyennant quatre foudres du même vin.
Le Rhin,