‹ Les bords du Rhin de la frontière suisse à la frontière hollandeChapitre 140 sur 207 · III. R · texte numérisé non relu

III. R

Le vieux Coblentz est du côté de la Moselle. Il n'y a rien de bien remarquable. Le pont de la Moselle a été construit en 1344, réédifié en 1440 et élargi en 1884. En amont, le pont du chemin de fer de Cologne. Le haut bâtiment avec deux tours aux angles, près du vieux pont, à VE.^ est I'ancien château [Burg ; pl. 1), construit en 1276, mais avec des additions postérieures, notamment la jolie tour de l'escalier au S. (côté de la ville), de 1599. C'était le séjour favori de l'électeur Lothaire de Metternich , qui y fonda en 1609 la ligue catholique.

Sur la rive g. de la Moselle, à 20 min. du pont de la Moselle, s'élève une simple pyramide, sur le tombeau de Marceau^ le général français, tué en 1796 à Altenkirchen : «soldat à 16 ans, général à 22 ans», dont les restes ont été transférés à Paris, au Panthéon, en 1889. A côté reposent les prisonniers français morts en 1870-71 au camp du Petersberg.

Le quartier S., dit la Ville Neuve, aux grandes places plantées de tilleuls, date de la fin du xviii^ s. et doit son existence à l'électeur Clément-Venceslas (v. ci-dessous). — La rue du Rhin (Rheinstrasse) y conduit à la place Gœben, où se trouve le monument du général de Gœben, né à Stade en 1816, qui s'est illustré dans les campagnes de 1864, 1866 et 1870-71 et qui est mort dans cette ville en 1880. La statue est d'après Fr. Schaper (1884). — Sur la place des Jésuites, où l'on va par le prolongement 0. de la rue du Rhin, une statue du phvsiologue J. Miiller (1801-1858), bronze par Uphues (1899).

La rue de la Poste conduit à la Place Clément ( Clemensplatz), où s'élève un obélisque de 19 m. de haut. — A l'O. de la place le théâtre (pl. 26), qui renferme une petite galerie de peintures (rien d'important). Elle est publique le dim. de 11 h. à 1 h.; en d'autres moments moyennant 25 pf.

Le château royal, vaste édifice qui a un haut portique de huit colonnes ioniques à chacune de ses deux grandes façades, à l'O. et à l'E. , a été bâti de 1778 à 1786 , sur les plans des architectes français M. d'Yxnard et A.-F. Peyre , pour le dernier électeur de Trêves, Clément-Venceslas (1739-1812), fils d'Auguste III, roi de Pologne et électeur de Saxe, et il a été habité par lui jusqu'en 1794. Le gouvernement prussien l'a fait restaurer en 1845.

Dans Taile gauche (N.) se trouve la chapelle électorale (Sehlosskirclie), maintenant chapelle protestante de la garnison. Le rez-de-chaussée de l'aile droite est habité par le gouverneur (Oberprsesident) de la province rhénane. Les appartements du premier étage renferment des œuvres d'art modernes, surtout des peintures, des tapisseries des Gobelins, etc. Sonnette du concierge en bas, dans le corridor du N. (25 pf.).

Au S. du château, la montée du pont de Pfafpendorf sur le Rhin, construit en 1862-64, et qui ne sert plus au chemin de fer (belle vue).

Les promenades dites Rheinanlagen , longues d'env. 2 kil. Vg? sont fort belles. A env. 8 min. du pont ci-dessus, devant la Trinkhalle (p. 207), débouche le chemin direct de la gare de la Moselle (10 min.). Plus loin, la ^statue de l'impératrice Augusta, qui vint

Bœdeker, le Rhin, 16© e'dit. 14

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régulièrement séjourner à Coblentz jusqu'à sa mort (1890), marbre par K.-F. Mœst. A l'extrémité S. des promenades, le pont des CHEMINS DE FER DE HoBCHHEiM sur le Rhin. Il est ouvert aux piétons dans le jour, sauf en temps de fort brouillard, et il n'y a rien à payer. Très belle vue de tous les côtés. Le pont aboutit, sur la rive dr., dans le bas de Horchheim (p. 206). Dans le haut du village se trouve la gare du chemin de la rive droite (10 min.). Il faut */2 h. pour retourner par la route jusqu'au pont de bateaux de Coblentz.

En poursuivant sa promenade sur la rive g. du Rhin au delà du pont, on arrive au bout de 8 à 10 min. à l'entrée de la vallée du Lauhhach. Un chemin à g. à l'entrée de cette vallée, d'où se détache bientôt aussi à g. un sentier plus court (V4 d'h.) mène en 25 min., par le Oeisenkœpfchen, au *Rittersturz, hauteur qui offre une des plus belles vues sur Coblentz et Ehrenbreitstein (restaur. et belvédère).

A ro. de la gare de la Moselle (p. 207), le cimetière, où reposent le poète M. de Schenkendorf (1783-1811) , K, Bœdeker (1801-59) et le général de Gœhen (p. 209).

Ehrenbreitstein et Asterstein.

La visite de la forteresse d"" Ehrenbreitstein est permise du 1^^ avril au 15 nov., sauf aux officiers étrangers. 2 h, suffisent pour y monter, la visiter et retourner à Coblentz.

L'excursion au Nellenkopf prend 2 h. 1/2 à 3 h., et il faut 1 h. 1/4 pour celle de V Asterstein. On n'a pas besoin de permission pour y monter, parce qu'on ne traverse pas de fortifications.

Un 'pont de bateaux (2 pf. de péage, 45 pour une voit, à 1 chev. et 60 pour une à 2 chev.) relie Coblentz à Ehrenbreitstein, sur la rive dr. Il est assez souvent ouvert pour laisser passer des bateaux, ce qui occasionne des retards et, pour arriver à temps à la gare, il vaut mieux profiter du bateau d'Ehrenbreitstein (p. 207). Ce pont est une promenade agréable le matin et le soir.

Ehrenbreitstein ou Thaï- Ehrenbreitstein (hôt. Zum Kurfûrsten, Hofstr., avec rest., ch. 2 à 3 cS., dé. 60 pf.) est une ville insignifiante de 5300 hab., située en face de Coblentz, sur le bord du fleuve et dans les vallons entre les hauteurs d'Ehrenbreitstein et d'Asterstein.

La rue dite Hofstrasse, à g. en venant du pont, mène à la gare du chemin de fer de la rive dr., en face de laquelle se trouve, à dr., un grand bâtiment construit en 1747 pour le tribunal supérieur de rélectorat, auj. un magasin (Proviant-Magazin ; pl. 27). C'est plus loin à dr. , en deçà de la porte par où sortent le ch. de fer et la route, que prend le chemin, en pente douce, par lequel on monte en V4 fl'h. à la forteresse. On y entre avec une carte qui se délivre à la dernière porte (50 pf.). On est conduit au point de vue par un sous-officier.

La forteresse d'Ehrenbreitstein (118m. au-dessus du Rhin,

ASTERSTRIN.

176 m. d'altit.), se dresse en face de l'embouchure de la Moselle, sur un massif rocheux escarpé , et qui ne communique avec les autres hauteurs que par le N. D'origine très ancienne, elle a joué un rôle dans la guerre de Ïrente-Ans et a été prise en 1799 par les Français, après une hrave résistance, puis reconstruite de 1816 à 1826, par le général prussien d'Aster. La *vue y embrasse la vallée du fleuve, depuis Stolzenfels jusqu'à Andernach , et les sommets volcaniques du Maifeld et de l'Eifel. A ses pieds, le spectateur voit le Rhin et la Moselle, et dans le grand triangle formé par leur confluent, la belle ville de Coblentz, avec son monument imposant de l'empereur Guillaume 1®^,

Le *NelIenkopf, saillie septentrionale du plateau d'Ehrenbreitstein, offre une vue encore plus grandiose. On y monte en prenant d'abord la Charlottenstrasse, à dr. de la Hofstrasse (p. 210), sortant de la ville et tournant, dans la vallée derrière l'Ehrenbreitstein , à g. au premier kilom. par un chemin qui traverse le hameau de Neudorf et mène au champ de manœuvres sur le plateau. Traversant ensuite ce plateau et se dirigeant , du côté du Rhin , à dr. vers des peupliers et un berceau devant le fort, on arrive au point de vue en 45 à 50min. du pont de bateaux. On recommande de passer au retour par Urbar (20 min.), où l'aub. de Moskopp a aussi une belle vue de la vallée du Rhin et des hauteurs de l'Eifel. Descente à la route au bord du Rhin et en 1/2 b. par là à Ehrenbreitstein.

Le fort d'Asterstein, sur la hauteur de Pfaffendorf, au S. d'Ehrenbreitstein, forme avec celui-ci les fortifications de la rive droite. Sur une terrasse en saillie s'élève un obélisque consacré à la mémoire des soldats du yiii^ corps d'armée prussien morts dans la campagne de 1866. On y arrive en 20 min. du pont de bateaux, en traversant tout droit Thal-Ehrenbreitstein et en suivant le chemin des voitures à dr. au bout de la Kirchstrasse.

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