VI. H
lequel on a dépensé alors 80000 florins^ afin d'avoir un local propre à recevoir dignement les hôtes que la ville voudrait fêter. La première grande fête qui s'y donna, en 1475, fut en l'honneur de l'empereur Frédéric III. Au xvii® et au xviii® s., la grande salle tomba en ruine, on en fit un magasin, et ce n'est qu'en 1857, après avoir été soumise à une grande restauration pendant deux ans, par l'architecte Raschdorff, qu'elle a été rendue à sa première destination. Avec ses créneaux et ses tourelles, le Gûrzenich est, après les églises, le plus important des anciens édifices de Cologne.
Au-dessus des portes de TE., les statues cf Agrippa et de Marsile ^ considérés, l'un comme le fondateur, l'autre comme le défenseur de la ville du temps des Romains.
L'INTÉRIEUR est toujours visible moyennant 50 pf. (s'adresser au restaurant). Au rez-de-chaussée, l'ancien magasin transformé en 1875, par l'architecte Weyer, en une magnifique salle de Bourse. — Au premier étage, la salle des fêtes, de 53 m. de long et 22 m. de large, divisée en trois par 22 colonnes de bois richement sculptées et avec une galerie. Les nouvelles peintures sur verre représentent les armes des anciens alliés de Cologne, les duchés de Juliers, de Clèves, et de Berg et la Marche; puis St Pierre, patron de la ville, deux aigles impériales, les armes de Cologne, celles des six bourgmestres en fonction lors de la construction de l'édifice et enfin celles des 22 corps de métier. On remarquera aussi les deux grandes cheminées^ du xv®s., ornées de riches sculptures relatives à l'histoire ancienne de la ville. Aux murs, des fresques représentant la procession historique lors de l'achèvement de la cathédrale en 1880, par Gamphausen et d'autres artistes. — La salle voisine (petit Giirzenich ou salle Isabelle) est décorée de peintures d'^. Schmitz : l'Entrée de l'impératrice Isabelle, femme de Frédéric II, la Légende de la délivrance de la ville par les femmes, sorties armées sous prétexte d'aller abattre du bois, et la Fête de la St- Jean (purification symbolique dans le Rhin), dont parle Pétrarque, qui visita Cologne en 1333. Concerts du Giirzenich, v. p. 276.
A l'E. du Giirzenich, sur le Heumarkt (pl. DE 5), s'élève depuis 1878 un monument de Frédéric-Guillaume III. Il se compose d'une statue équestre colossale de 6 m. 90 de haut, sur un piédestal de 6 m., entouré des statues des généraux et des hommes d'Etat qui ont surtout contribué à affranchir les pays du Rhin de la domination française. La statue du roi est de Blœser, de Cologne (m. 1874); les autres, de Dràke, Schweinitz, Tondeur et Bûchting.
Nous allons maintenant au S., par le Heumarkt, à
*Ste-Marie-au-Capitole {St-Maria-im- Capitol; pl. D4). Cette église, consacrée en 1049 par le pape Léon IX^ est une basilique romane en forme de croix, au plan grandiose et original. Le chœur et le transept, qui semblent dater du xii® s., se terminent en hémicycle, avec pourtour ; c'est le plus ancien édifice présentant la forme d'une feuille de trèfle. L'église doit son nom à la tradition qui place à cet endroit le capitole romain et le palais des rois francs. Elle passe pour avoir été fondée par Plectrude, femme de Pépin d'Héristal et belle mère de Charles Martel.
L'INTÉRIEUR a été décoré de peintures polychromes en 1870. — Sous le porche, des pierres tumulaires des époques mérovingienne et carlovingienne. La porte en bois à hauts-reliefs à l'entrée du N. date de la construction de l'église. La chapelle du S., de 1465, a de beaux vitraux. On remarquera aussi la tribune de l'orgue, qui est richement sculptée ^
Bœdeker, le Rhin, 16© édit. 19
OOLOGME.
St-lHerre.
c'est un ancien jubé, de 1523. 11 y a encore des lonts de 1594, un petit autel portatif roman, etc. — La magnifique crypte de cetie église, à trois nefs , avec trois chapelles carrées , etc. , est sur le même plan que le chœur. Elle renferme le tombeau de Plectrude, du xiiSs,, et elle a de vieilles peintures murales. — Le cloître, probablement de la fin du xi^ s., est sans doute le plus vieux de l'Allemagne.
A la sortie de cette église par le portail N. du transept se voit l'arc central du Pfaffenthor (pl. Pf., D4 ; p. 286). Inscription : «C. C. A. A.», c.-à-d. «Colonia Claudia Augusta Agrippinensis». Audessus, le nom de Gallien, qui fit construire cet arc, de 259 à 268. — Pour l'Augustinerplatz, au N.-O. de Ste-Marie, v. ci-dessous.
Dans le voisinage de Ste - Marie- au- Capitole, Rheingasse, 8, à dr., se trouve le Tempelhaus {maisons des Templiers; pl. D 5), belle construction romane du xii^ s. ou du commencement du XIII®, avec des fenêtres et des niches à plein cintre et un pignon à redans. C'est une anc. habitation particulière, achetée par la ville en 1836 et bien restaurée depuis peu. On en a fait le siège de la chambre de commerce.
St-Georges (pl. CD 4), église consacrée en 1067, était alors une basilique simple à colonnes, avec une crypte du même genre. Cette dernière a été restaurée. Le porche est de 1536.
St-Séverin (pl. B4), à l'extrémité S. de la vieille ville, occupe l'emplacement d'une église bâtie dès le iv® s., détruite et réédifiée plusieurs fois. L'édifice actuel, restauré en 1880, a été consacré en 1237. Son imposante tour carrée est de 1393 à 1411, la nef a été voûtée à nouveau en 1479 et la chapelle des fonts, qui a des vitraux, ajoutée en 1505.
On y remarquera le sarcophage de St-Séverin , avec un couvercle en forme de toit , une magnifique garniture de porte du xii® s. , un lutrin de cuivre doré en forme d'aigle , des stalles gothiques, quelques vieilles peintures, etc.
Au delà de l'église, la porte St-Séverin (pl. A4); reste des fortifications du moyen âge. L'intérieur comprend la 2® section du musée d'histoire naturelle, surtout des minéraux et des fossiles (entrée comme à l'Eigelsteinthor, p. 294). — haRingstrasse, v.p.293.
Sur l'Augustinerplatz (pl. D4), une statue de Bismarck, en bronze, d'après Schaper (1879). Dans la Sternengasse (pl. D 4-3), à dr., n^ 10, une belle maison, qu'une plaque commémorative et un bas - relief, donnent à tort pour celle où naquit Ruhens. Une plaque de l'autre côté de la maison rappelle que Marie de Me'dicis, veuve de Henri IV, roi de France, y mourut en 1642 dans l'exil. — En suivant la même direction, on arrive à
St-Pierre {St-Peter; pl. D3), église commencée en 1524, bien restaurée de 1890 à 1892.
A l'intérieur, de beaux *vitraux de 1520 environ et un tableau d'autel de Ruhens^ le Crucifîment de St Pierre. Il est d'une vérité telle qu'il fait mal à voir, mais c'est encore un des meilleurs du grand maître flamand. Ce tableau a été peint sur les ordres de la famille de Jabach, en mémoire d'Everard de Jabach (m. 1636). Le sacristain le montre pour la somme considérable de 1 c4(. 50. Derrière l'autel est inhumé le père du peintre, Jean Jîubens. — 11 faut encore payer 75 pf. pour voir un retable du style ogival
St-Oereon.
COLOGNE
tertiaire, le Portement de croix, le Crucifîment et la Descente de croix, avec de bonnes peintures sur les volets.
A côté, Ste- Cécile (pl. D3), église de fondation très ancienne, déjà restaurée de 930 à 941 et de nouveau considérablement au xii^ s., où l'on semble avoir cependant conservé des parties de la basilique à piliers du s. Elle a une curieuse crypte, donnée toutefois à tort comme un reste de la plus ancienne cathédrale de Cologne, qui fut bâtie par St Materne. On remarquera les basreliefs au-dessus du tympan de la porte du N.
Derrière ces deux églises, le grand hôpital civil (pl. D3); il occupe presque tout un îlot de la vieille ville.
A l'angle N.-O. du Neumarkt ou Marché-Neuf (pl. D E 3), s'élève r*église des Apôtres (pl. E2-3), basilique à piliers des plus imposantes, à trois nefs, avec deux transepts, un dôme flanqué de deux tours élancées au - dessus de la croisée de l'E. et une tour carrée sur celle de l'O. Le chœur, d'un effet pittoresque, et les bras du transept de TE. se terminent par de grandes absides rondes, avec deux rangées d'arcatures en plein cintre, surmontées d'une petite galerie. Cette église a été commencée vers 1200, sur l'emplacement d'une autre du xi^ s., détruite par un incendie, et achevée vers le milieu du xiii® s. Elle a été restaurée de 1875 à 1888.
St- Maurice (Mauritiuskirche 5 pl. D 2-3), dans la rue dite Mauritius-Steinv^eg, est une église goth. construite de 1861 à 1865 par Vincent Statz, avec une tour de 72 m. de haut.
St-Pantaléon (pl. C3), église de la garnison et des vieuxcatholiques, a été reconstruit dès 964-980, par l'archevêque Bruno (m. 965), frère de l'empereur Othon le Grand, et on dit qu'il y employa le reste des matériaux du pont de Constantin (p. 278). L'édifice actuel est du xii^ et du xiii^ s. et en partie aussi du xvi% néanmoins les soubassements des tours, avec ses dépendances à deux étages, semblent être encore tout à fait du x^ s. Les tours elles-mêmes datent de 1891. Dans cette église sont inhumés l'archevêque Bruno et l'impératrice Théophano (m. 999), femme d'Othon II. Il y a des restes de fresques romanes dans une chapelle latérale.
En allant de l'église des Apôtres à St-Géréon, on passe à la tour romaine mentionnée p. 287.
St-Géréon (pl. F 3) est l'église des martyrs delà légion thébaine, qui, selon la légende, furent rais ici à mort au nombre de 318, avec leur chef Geréon, pendant la grande persécution de Dioclétien, en 286. C'est une des églises du moyen âge les plus originales: à un long chœur roman se rattache une nef décagone du style goth., avec un porche carré. Il y a eu d'abord ici une construction de forme ronde, dont on voit encore des restes, d'origine romaine; elle est attribuée à Ste Hélène, mère de Constantin le Grand. L'archevêque Anno (m. 1075) y ajouta le chœur avec les deux tours carrées et la vaste crypte. De 1219 à 1227, la rotonde, qui tombait en ruine, fut transformée comme on la voit en une con-
COLOGNE
Ste- Ursule.
struction décagone de 18 m. 20 de long et 16 m. 94 de large, avec une voûte d'arête de 47 m. d'élévation, et dont les huit côtés de moindre dimension ont de grandes niches rondes. D'autres changements y ont été faits au xiv® et au xv^s., où furent ajoutés en particulier les voûtes du chœur, du porche, etc. Le sacristain, qui ouvre l'église moyennant 1 c/i(pour 1 ou2pers. etÔOpf. par pers. en plus, demeure sur la place plantée d'arbres appelée Gereonsdriesch, aun^ 17; mais il est le plus souvent dans l'église, où il suffit de frapper.
Sous le PORCHE (Vorhalle), des pierres tumulaires du moyen âge; à dr,, une chapelle bâtie en 1897. — L'intérieur, décoré de peintures, présente un coup d'œil excessivement original. Près des niches de la nef, dans de petites chapelles, au-dessus desquelles il y a des galeries supportées par des colonnettes, se trouvent des cercueils en pierre à moitié murés, renfermant les ossements des martyrs. Les crânes de ces derniers sont placés sous des arabesques dorées, dans le haut des deux côtés du chœur, où l'on monte par 15 degrés. Il y a de belles stalles sculptées duxv^s. La partie E. du chœur est encore plus élevée de 7 degrés. — La SACRISTIE, du plus beau style goth., de 1316, avec de bons vitraux peints, et la chapelle des fonts (Taufkapelle) , où il y a de vieilles fresques détériorées du xvi^ s., méritent aussi d'être vues.
La grande crypte sous le chœur, divisée en trois nefs par 16 colonnes, date en majeure partie, comme nous l'avons dit, du xi® s. Elle renferme un monument curieux de l'art à cette époque, restauré de 1867 à 1871, un pavé en mosaïque^ où l'on voit des scènes de la vie de Samson et de celle de David, ainsi que les signes du zodiaque. Il est possible qu'il ait été fait par des artistes italiens ; en tout cas des pavés avec les mêmes sujets se rencontrent souvent dans les églises d'Italie.
Au Gereonskloster (pl. F 3), une construction goth. de 1897 renfermant la bibliothèque de la ville et les archives historiques.
Dans la rue plantée d'arbres dite Gereonstr. se trouvent le palais archiépiscopal (pl. F 3) et, devant, une colonne de la Vierge (Mariensaeule) du style goth., érigée en 1858.
Ste- Ursule (pl. G 4), fondée au iv® s., a été maintes fois réédifiée dans le cours des siècles. Elle a un portail et un chœur goth. restaurés en 1891.
A g. du chœur, dans la nef latérale, se trouve le Homheau de Ste Ursule^ princesse de la Grande-Bretagne, orné de sa statue en albâtre, avec une colombe à ses pieds, beau monument exécuté par Jean Lenz^ en 1658. Suivant la légende, Ste Ursule fut assassinée à Cologne avec ses 11000 compagnes, à son retour d'un pèlerinage à Rome. C'est là ce que représentent une série de vieilles peintures restaurées, à dr. de l'entrée du S. Les nombreux ossements des illustres Vierges se voient partout exposés, dans de petites châsses à cadres d'or. Dix tableaux très anciens représentant les apôtres, peints sur ardoise, et dont l'un porte le millésime de 1224, sont placés à g. de la porte du S. Le pilier à g. au-dessous de l'orgue est orné d'une bonne sculpture en pierre fort ancienne, le Portement de croix. On remarquera en outre le sarcophage de pierre d'un enfant de la famille des maires du palais sous les rois francs. Le chœur a été décoré de peintures, en 1897. — Le trésor, dit Goldene Kammer (Chambre d'Or; entrée, 1 cM. par pers.), renferme le beau reliquaire de Ste Ursule^ du style roman tertiaire; d'autres reliquaires remarquables de la période goth. et une pièce de jeu d'échecs de l'époque carlovingienne, en cristal de roche.
St- André {St- Andréas; pl. F 4) a une nef romane de 1220 et un chœur goth. de 1414. Cette église possède une châsse en cuivre
' }iingstrasse.
COLOGNE
doré, dite des Machabées, du style ogival tertiaire, avec 12 basreliefs faits au repoussé, où sont depuis 1859 les restes d'Albert le Grand, le savant théologien de Cologne.
Dans une autre rue voisine, dite «An den Dominikanern», l'hôtel des Postes {Ilauptpost ; pl. F 4), grande construction achevée en 1893 , dans le style goth., avec tours aux angles et décorée de statues. — En face, la Banque de r Empire, de 1897.
L'église des Jésuites {Jesuitenkirche ; pl. F 4), bâtie de 1618 à 1629, est un échantillon caractéristique du style particulier à la compagnie de Jésus, style de la renaissance tenant du gothique. La chaire et le maître autel sont surchargés d'ornements. Très belle table de communion en marbre. Les cloches ont été faites avec des canons pris à Magdebourg et donnés par Tilly.
Presque à l'extrémité N. de la vieille ville, sur le bord du Rhin, l'anc. église collégiale de St-Cunibert (pl. G 5), spécimen remarquable du style de transition. Elle a été consacrée en 1247, un an avant la pose de la première pierre de la cathédrale. C'est une basilique voûtée, à deux transepts et trois tours. Tout l'édifice a été restauré de 1869 à 1871.
A l'intérieur se voient de bons vitraux du xiii® s. (fenêtres du chœur), des fresques romanes, des tableaux de l'école de Cologne et quelques sculptures des xiv® et xvi® s. , entre autres un Crucifîment en bas-relief.
Les nouveaux quartiers créés depuis 1881, par suite de l'agrandissement de l'enceinte de la ville, se visiteront le mieux en commençant du côté S., à la place Clovis (Chlodwigsplatz ; pl. A4), au delà de la belle porte St-Séverin (p. 290), où l'on va en tramway de la cathédrale.
LaKingstrasse, suite de boulevards de 6 kil. de long, qui a remplacé les anc. fortifications en est la partie la plus intéressante. Il y a des jardins, trois anciennes portes du moyen âge, des restes de remparts et de fort belles constructions. Près de l'extrémité S. est le Bayenturm (pl. B5), tour des xiii® et xiv®s. qui attire de loin l'attention, quand on arrive à Cologne en bateau à vapeur. Le premier tronçon important du boulevard, qu'un tramway parcourt dans toute sa longeur, est le Sachsenring (pl. B4-3), qui est bordé de villas. A dr. se trouvent une anc. tour ronde, dite Ulrep forte (café-restaur.), et, plus loin, contre une partie de l'anc. mur de fortification, un monument commémoratif de l'histoire locale au moyen âge, r Ulre - Denkmal. Plusieurs rues au S.-O. mènent au parc dit Volksgarten (pl. A2-3; p. 276). Ensuite vient le Salierring, avec une école industrielle; puis le Hohenstaufenring^ avec V église du Sacré-Cœur et le grand Hohenstaufenbad (bains). A l'C, la place royale (Kœnigsplatz), où il y a une synagogue (pl. D 1), achevée en
Sur la place Rodolphe est l'anc. porte dite Hahnenthob(p1. E2), maintenant un musée historique de la ville, public les dim. et fêtes