CHAPITRE I
La façade du palais de Frédéric est sur un plan plus uniforme et plus grave. Un demisiècle à peine sépare la construction des deux édifices. Ce temps suffît pour faire sentir l'influence de la réforme et son progrès dans le domaine des arts.
Le palatin Frédéric a dédié la façade de son palais aux ancêtres; il en a fait une galerie d'aïeux. Les comtes électeurs sont figurés de grandeur naturelle, le corps bardé de fer, l'épée au poing, la droite chargée du globe du monde qu'ils portaient aux solemnités impériales : belle pensée, et dignement rendue, si l'artiste eût daigné tempérer de quelques traits gracieux la rigidité de son ciseau. On compte vingt et un de ces guerriers augustes; mais la bataille les a couverts de blessures. L'un n'offre plus qu'un tronc décapité; la tête a roulé plus loin. Un boulet a rompu celui-ci par le milieu du corps; sa statue chancelante s'appuie au
est au Louvre (collection Sauvageot); haute de quelques pouces, en albâtre. On l'attribue à Albert Durer. Le prince est assis dans sa chaise électorale. Il est gros et laid. Il s'en >aut que sa figure et sa personne portent la distinction et la grâce qui ornent son palais.
mur comme un blessé qui va choir. Un troisième a vu tomber une à une les pièces de son
armure.
Le bas de la muraille est percé d'une porte , avec ces mots écrits en latin et en hébreu :