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fecit, cardinali Janueusi ecclesiam Sanctae Maria? iu via Lata; item Sabello civitatern Castellanam, et ecclesiam Sancta3 Marias majoris; reliquis aliis multa millia ducatorum coneessisse fertur: praecipue cuidam fratri Albo Veneto nuper in cardinalatum accepto cui quinque millia ducatorum auri donavit pro habenda voce ipsius. Quod cum primo scitum fuit a Veuetis, denegati fuerunt ei omnes fructus Beneflciorum, et mandatum fuit, ne quis ulterius amplius eum associaret; exceptis quinque duntaxat cardinalibus qui nibil voluerunt. Et bi sunt. cardinales Neapolitanus, Senensis, Portugallensis, sancti Pétri ad Yincula, sancta? Mariae in Porticu. Hi soli nibil babere voluerunt, dixeruntque, in Pontiflcatu voces dandas esse gratis, et non muneribus. Fertur etiam, antequam intrarent conclave pra?dictum, vicecancellarium pro babendo voto Ascanii praedicti et seguacium. misisse quatuor mulos oneratos argento ad domum dicti Ascanii, ut ibi in ejus domo custodirentur dum esset in conclave et quod securiùs ibi possent permanere, quam in ejus domo. Quod argentum fertur fuisse datum dicto Aseanio pro babendo ejus voto; civibusque Romanis multa promisit. »
Cette fameuse page, écrite loin de Rome par le podestat de Horta, renferme de telles erreurs que les ennemis de Borgia eux-mêmes commencent à ne plus lui prêter la même créance qu'autrefois. Voici les dépècbespar lesquelles ils prétendent la corroborer.
Dans une première dépêche, Manfredi écrit que « l'ambassadeur de Florence à Rome a annoncé l'élection du nouveau Pape, faite le il août, à V entière satisfaction du Sacré-Collège, dont l'approbation est unanime. »> Et il ajoute : « S'il en est ainsi, ne croyez pas, Illustrissime Madame, vu « les intrigues qui ont eu lieu, qu'il eût été vraiment nommé « par le Saint-Esprit, d'autant plus qu'on s'attendait à i'élec- « tion de tout autre que du susdit vice-ebancelier. A. Gapelli, Atti e memorie délie Ii. R. Depnlazioni di storia •patria di Modena, 1868, tom. IV, p. 3
Le H'. août. Manfredo Manfredi envoyait à la même duches! e le résumé d'une dépêche parvenue ;i Florence 1" 13 août.
« Excellentissime Madame, bien que dimanche dernier
j'aie reçu par la poste de Milan une lettre de l'évêque de Modène adressée à Votre Excellence, qui contenait, me disait-il, avis de la nomination du Pape, néanmoins je ne vous l'ai pas envoyée jusqu'à présent, sachant que mes lettres vous avaient déjà appris cette nouvelle. J'attendais, du reste, d'avoir quelque autre chose à vous mander de Rome, et, en effet, vous verrez ci-après ce que nous avons appris par une dépèche arrivée hier, très avant dans la soirée, écrite par l'ambassadeur de Florence. Le magnifique Pierre (de Médicis) en a donné communication à tous les ambassadeurs : la dépèche contient ta distribution de tous les bénéfices et charges que le Pape a faite aux cardinaux quand il a été nommé. L'ambassadeur annonce d'abord que le cardinal Ascagne a eu la chancellerie, la maison du vicechancelier, avec la garde-robe et les meubles; il a eu également Népi et l'Eglise d'Agria en Hongrie, qui vaut 10.000 ducats. Le cardinal Orsini a eu la citadelle de Soria, Monticelli, l'Eglise de Garthagène en Espagne, qui vaut 5.000 ducats, deniers comptants, et la légation de la Marche. Le Camerlingue a reçu des bénéfices en Espagne pour 4.000 ducats, et la maison où était Mgr Ascagne avant la vente qu'il en fit aux fils du comte Jérôme •: il a été convenu, de plus, qu'il aurait la libre administration de la charge de camerlingue. Le cardinal Colonna a eu l'abbaye de Subiaco avec vingt bourgs, dont le revenu est de 3.000 ducats. Les Colonna ont été déclarés patrons à perpétuité de cette abbaye et des bourgs. Le cardinal Savelli a eu la légation de Pérouse et Civita Castellana. Le cardinal de San Severino a eu la promesse que Fracasse (son frère) serait pris à la solde de l'Eglise, avec cent hommes d'armes, pour lesquels on payerait 15.000 ducats; il a eu, en outre, la maison qui appartenait au cardinal de Milan. Le cardinal de San Anastasio a obtenu des bénéfices en Espagne, et restera au palais de la signature. » (A. Capelli, Atti e memorie, etc., loc. cit.)
Une lettre de Manfredi, à la date du 17 août, renferme le post-scriptum suivant :
« Puisque la communication faite par le magnifique Pierre {de Médicis), de l'avis reçu de Rome au sujet de la distribution des charges et bénéfices qu'avait faite le Pape, ne mentionnait pas une certaine quantité d'argent qu'il
avait promise à plusieurs cardinaux, c'est peulsa magnificence ne voulait pas qu'il en eût été l'auteur. Mais ayant su depuis, de bonne source, que Sa Sainteté avait donné ou promis, au cardinal Orsini, outre ses bénéfices, 20.000 ducats; à Colonna 15.000 ducats, à Savelli 30.000, j'ai cru devoir le signaler à Votre Excellence, afia qu'elle comprenne que l'intrigue ne pouvait entraîner ces seigneurs au point où elle a été conduite, sans qu'il y ait eu de grands engagements et des promesses. Il a donc été nécessaire d'en venir à ce que je viens de rapporter. Si Colonna, Savelli, Orsini n'avaient pas accepté, le choc pouvait être périlleux. Son Excellence, dans sa très grande sagesse, sera sans doute d'avis de garder pour elle cette nouvelle de la promesse d'argent. » (A. Capelli, Atti e memorie, etc., loc. cit.)
Enfin, Manfredi écrit encore le 22 août : « On sait également que Sa Sainteté a payé et promis une grande quantité d'argent, peut-être 150.000 ducats, dont une grande partie sera payée à la banque des Spanocchi, banquiers du nouvel élu. » ... « Le Pape a également demandé à certains cardinaux de lui prêter de l'argent, entre autres au cardinal de Santa-Maria in Porto, qui, on l'a appris, lui adonné ce qui lui était demandé. » (A. Capelli, Atti a memorie, etc., p. 224.) Il rapporte, en outre, comme un bruit, que grâce à l'argent donné aux serviteurs du patriarche de Venise, ceux-ci l'avaient amené à donner sa voix au cardinal Borgia, dont il était auparavant l'adversaire.
N° 13. — Ch. X RÉCIT DE CORIO