‹ Les boucaniers (volume 3)Chapitre 63 sur 167 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

dans les poclics du déliml, dit-il en ouvrant la main et en montrant une dizaine depisloles en or, c'est bien le moins que l'on reprenne son bien là où on le trouve.

— Tu vois, Alain, qu'il ne faut jamais douter de la bonté de la Providence, répondit de Morvan, qui prit bravement son parti sur cette restitution un peu illégale, mais que sa position ne lui permettait pas do repousser.

— Sans compter, ajouta Alain, que je n'ai rien promis cette fois à ma bonne Notre-Dame dAuray! C'est encore trois cierges d'économisés.

Vers la fin de la journée, nos deux piétons , après une dure et longue étape, apercevaient déjà les premières maisons d'Ancenis où ils devaient coucher, lorsque au bruit du galop d'un cheval accourant derrière eux, ils retournèrent la tête, puis, presque en même temps, ils poussèrent une exclamation de surprise. Le maquignon Mathurin, monté sur un superbe genêt d'Espagne , se trouvait à quelques pas d'eux.

Soit préoccupation d'esprit, soit indifférence, Mathurin parut ne pas remarquer ses anciennes connaissances de Penniarck : il continuait son chemin : quand de Morvan, élevant la voix :

— M. Mathurin, lui cria-t-il , veuillez, je

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VOUS prie, vous arrêter un moment ; j'ai besoin (l'échanger quelques paroles avec vous.

Le maquignon ramena à lui la bride de son cheval, qui plia sur ses jambes de derrière et resta immobile.

— Que me voulez-vous, mon ami? demandat-il à de Morvan. Quoi ! c'est vous, M. le chevalier, reprit-il presque aussitôt, vous, à pied et dans ce piteux équipage? Ma foi, je serais bien passé cent fois auprès de vous, à vos côtés, sans vous reconnaître. Qu'est donc devenu l'excellent cheval que je vous ai livré à Brest, par suite d'une si déplorable erreur?...

— Ce cheval m'a été volé la nuit dernière; mais de quelle déplorable erreur voulez-vous donc parler ?

— D'une erreur qui a été commise par mon valet d'écurie et m'a été bien sensible! Le maladroit n'a-t-il pas confondu deux chevaux que je venais de vendre avec ceux que j'étais coa\ enu de vous fournir en échange de Bijou !...

— Alors lecheval qui m'a étévolécelte nuit...?

— Ne vous était nullement destiné. A peine averti de cette méprise, je courus de suite à votre hôtel ; mais vous étiez déjà parti depuis plus de quatre heures, et il me fut impossible de vous rattraper. J'en suis pour mes mille livres...

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