ACTE II, SCÈNE VII
LE TAILLEUR
Comme il plaira à Mademoiselle , mais je lui ferai observer que l'ouvrage est un peu broché ; on me l'a commandé , ce matin , à cinq heures.
C'est égal, voyons... {Le tailleur montre un habit de cour.) là!. J'ai deviné... Ah ! je savais bien que depuis long-temps mon cousin le Marquis était plus des nôtres qu'il ne voulait le paraître. M"* DUGOEGET regardant l'habit.
Que vois-je ? Nous avoir trompés de la sorte ! C'est une indignité !
LE TAILLEUR prenant cela pour soi.
Comment! trompés, Madame! Drap magnifique !
DE VERTEUiL n part.
Ce que c'est pourtant que l'habitude ! Il prend cela pour lui , le tailleur!
M*" DUCORGET.
C'est affreux!
( Le Marquis vase placer entremadame Dugorget et le tailleur. Louise va prendre la place qu'occupait le Marquis. )
LE MARQUIS d madame Dugorget.
Pour Dieu! Madame, brisons-là , et laissez^moi en finir avec cet homme.
LE TAILLEUR d part.
Cet homme !
LE MARQUIS bos au tailleur.
Enveloppez-moi cela bien vite, dites tout ce que vous voudrez... mais disparaissez, maladroit etimbécille que vous êtes !
LE TAILLEUR à part.
Imbécille!.. {haut. ) Maladroit que je suis!.. Monsieur, m'af-il commandé un habit, oui , ou non ?
LE MARQUIS doucement.
Un habit de ville.
LE TAILLEUR de même. De cour.
LE MARQUIS avec hauteur.
De ville!
LE TAILLEUR de même.
De couri
LE MARQUIS
Insolent! (à Loatsc. ) Et c'est vous, Mademoiselle, qui avez osé me commettre avec cet homme !
LE TAILLEUR
Cet homme! Voilà deux fois que l'on se permet. . . Apprenez, Monsieur, que je ne suis pas plus un homme que vous. DE VERTEUiL uu toilleur.
Allons , allons, du calme... Vous vous oubliez.
LE TAILLETJB.
Comment, je m'oublie! Quoi ! en i835 , traiter de la sorte un citoyen recommandable , un électeur, un négociant !.. l'injurier comme un simple prolétaire !
DE VERTEtJiL à part.
Encore un aristocrate !
LE TAILLEUR
A quoi donc servent les révolutions, s'il existe toujours des distinctions entre les gens qui ont de la fortune? Oui, M. le Marquis, tous ceux qui sont riches sont égaux... Voilà votre habit
( // le lui pose sui' le bras. )
LE MARQUIS lui jetant l'habit. Allez au diable, vous, vos théories et votre guenille!
LE TAILLEUR
Ah! guenille...
(// lui rejette l'habit qui tombe aux pieds de madame Dugorget , le domestique ramasse Chabit.)
M"" DUGORGET.
Oh! oh! prenez garde, tailleur... C'est donc un manant que ce grossier là... M. le Marquis, faites-le jeter dehors.
LE TAILLEUR
Quelle est cette petite Duchesse , qui parle de jeter les gens dehors ?
M"* DUGORGET d part.
Duchesse !.. au fait, ce n'est pas à moi que ce garçon en avait. ( au tailleur.) Mon ami...
LE TAILLEUR
Je ne suis pas l'ami des nobles.
M"* DUGORGET d part.
Des nobles !
LE MARQUIS au tailleur.
Anrcz-vou» bientôt fait?
LE TAILLEUR
Quand j'uiurai dit deux mots à M. ic Baron.