ACTE III, SCÈNE I. 4i
A la porte, fi donc!., à la persienne , Monsieur; mais rassurez-vous ! Dans la crainte de vous déplaire , ainsi qu'à mon oncle, j'ai été discrète... je n'ai parlé qu'à M. Eugène.
DE VERTECII,.
Comment! mon neveu savait...
LOUISE
Puisqu'il sera bientôt mon mari, ne faut-il pas que je m'habitue à lui dire tout ?
DE VERTEUiL d part.
Hum ! ( haut.) Moi , je le dirai à votre oncle, espiègle.
LOVISS.
A mon oncle !
Jir du Château Perdu.
Quand je lui dis : mon bon oncle , pardonne, Il ne me tient jamais long-temps rigueur. Quoique d(^jà altc façon fût benne , JV trouvé mieux , je dirai : Monseigneur. Ce titre là , qui n'est plus de recette, ;' Flatte toujours en petit comité :
Pourquoi rtiez Koi s'aitreiudre à l'étiquette f Si cela plaît , Vive la liberté !
DK VEKTEUIt.
Même air.
Ça plaît toujours : voyez le bureaucrate, Comme il s'y prend , abordant son patron; C'est Monseigneur qu'il dit à l'autocrate, D'un doux sourire , aussi le paye-ton!
Puis, Monseigneur, montant dans sa voiture, Court soutenir la charte-vérité. Chut ! nommez-moi monsieur, je vo J8 conjure, Dit-il aux siens , vive l'égalité !
LOUISE
Enfin, quand il me gronde trop fort, je Tembrasse, et la paix est bien'.ôt faite.
DE VERTEUIL
Demain, je serai votre oncle aussi.
lOUISE.
Demain ! Oh ! que la paix soit faite tout de suite !
4a LES BOUDEURS,
DE VERTEUiL l' embrassant .
C'est un bien heureux coquin , que mon neveu !
LOUISE
Eh bien! mon bon M. de Yerteuil, qu'avez-vous décidé? laisserez- vous mes cousins courir après le premier ministre qui est à Paris ?
LÀ MÀRQ.viSE entr*ouvant la porte , d droite , d part. A Paris !
LA BARONNE de même , d gauche.
Qu'entends-je?
( Elles écoutent. ) LOViSE bas.
Nous sommes pris !.. A droite et à gauche on nous écoute... mes deux cousines...
DE VERTEtlIt bas.
Ce sont elles qui sont prises... attention! [haut.) Tenez, mon enfant, je ne veux pas vous dire les choses à moitié: le premier ministre avait prévu tout ce qui se passe ici ; qu'on ne bouderait plus, qu'on voudrait môme aller au devant de lui... et m'avait instamment prié de laisser croire à son départ. Certes, il m'en a beaucoup coûté pour me prêter à ses vues, mais il m'a surpris ma parole... Enfin, je vais vous consoler de mon mieux : un seul de vos cousins partira. ( bas. ) Demandez-moi lequel.
LOUISE
Lequel, Monsieur?
DE VERTEUIL
Le plus coupable envers votre oncle. . . J'ai eu beau faire , le vieillard a tenu à sa petits vengeance.
LOUISE
Et l'autre ?
DE VERTEUIL
L'autre!. .Ah ! admirez ici la magnanimité de l'homme d'état! L'autre aura une direction générale. ( bas. ) Mainicnant , mon enfant, parlez... ils iront tous les deux ce soir au château.
LOUISE
Si telle est la volonté de mon oncle, je me soumets : je ne
parlerai point, mais je suis bien chagrine Adieu, i^lou-
sieur.
{Elit sort.)