ACTE III, SCÈ]SE V
M°" DUGOaCET.
Que dites- vous donc là entre vous. Messieurs ?
DE VERTEUIL
Je disais , Madame, que je suis le plus heureux des hommes de pouvoir vous rendre le léger service auquel vous paraissez attacher une si grande importance. Vous connaissez sans doute la position du Mont-d'Or?
M"° DUGORGET.
Monsieur, certainement... {bas à son mari. ) Où est-il le Mont-d'Or ?
DE VERTEUIL bas à Dugorget en le tirant par te pan de son habit. En Bretagne.
Dr G OR G ET bas à sa femme.
En Bretagne... * près de Quimper-Corentin. {à part.) Cet homme a quelque chose de diabolique qui me pousse malgré moi.
m"" dugorget triompliante.
Hé! mais... en Bretagne, Monsieur... il a toujours été en Bretagne, le Mont-d'Or... prèsde Quimper-Cotentin.
Cotentin, c'est bien cela... Ecoutez-moi maintenant, s'il-vous plaît : le ministre revient à Paris.
M™' dugorget.
Et comme il fait bien! il n'aurait jamais dû en sortir.
de VERTEUIL.
C'est cependant fort heureux pour vous.
m"* dugorget.
Heureux !
DE VERTEUIL
Veuillez m'écouter, madame Dugorçet.
M"" DUGORGET.
D'abord, jamais je n'interromps.
DE VERTEUIL
Fort bien... Après avoir traversé la Bretagne, il traversera la Normandie...
M°" DUGORGET lui coupant ta parole.
Tout naturellement...
DE VERTEUIL
Oui... si j'ai bien calculé, il sera, demain matin, dans le département de l'Eure...
* Dugoroct , madame Du^orcct, M. de Verteiiil.
56 LES BOIDEURS,
M°" DUGORGET.
Mon département !
DE VERTECIL.
Précisément!., et vers midi à Bernay.
M"" DUGORGET.
A Bernay ?
DE VERTECIL.
A Bernay même... rendez-vous-y tout de suite, et présentez de ma part cette lettre à M. de Riberville ; il est de mes amis , et vous donnera vos entrées à la cour. Une occasion perdue ne se retrouve jamais. ( Illui donne la lettre, écoute , et dit à part. ) Ah I voici les chevaux de poste !
M°" DUGORGET.
Dites-moi, Monsieur, je vous en supplie : croyez-vous que M. le Comte daignera s'arrûter un instant dans... dans...
DUGORGET.
Dans nos parages "? {bas à madame Dugorget. ) Je l'ai placé , ma femme.
DE VERTECIL.
Comment donc! Je le prie instamment de passer un jour chez vous.
M"' DUGORGET.
Un jour franc... n'est-ce pas? Ah! oui, un jour franc, Monsieur, un jour franc... Il est malade, ce cher ministre; hé bien! tant mieux! je le soignerai, mijoterai..; Quelle est sa maladie ? dites, Monsieur, dites, quels petits soins tout particuliers, pviis-je, dois-je avoir pour le rendre à la santé? Oh ! rien ne sera épargné... Quelle maladie a-t-il?
DE VERTECIL.
Oh ! oh ! fatigué.
Fatigué!., deux jours francs !
yiirâeta IFalse.
Quel bonheur pxtrêine!
Fatigué! Dieu, que c'est he«r«ux !
Ckoisisitant moi même , Aurais-jc trouvé mif hx ?
Il aura cb^z nous
HcKsoiiiKsi Joui :
Un trnilciiient
Kaffralcbis'iaiit ,
AdouciMant ;