‹ Les Boudin et les BourdinChapitre 12 sur 26 · Histoire d'Orléam, 1830, p · texte numérisé non relu

Histoire d'Orléam, 1830, p

3. Livres des peintres et sculpteurs, p. 60. Réimpression, Paris, 1872, in-18.

et il ajoute : « Il s'en fit une ti'oisième par M. Baudin, d'Orléans, qui le voulut faire de tète, sans en être prié... Je vis celle de Baudin qui n'était point mal. » M. Bapst, qui a étudié particulièrement cette question dans la Gazeltr des Beaiu-Arts^ , établit d'abord qu'il s'agit bien là, malgré la forme donnée au nom, de notre Bourdin; la dénomination d'Orléanais le prouve du reste suflisamment. Nous savons de plus que, sur l'acte de baptême de son fils, en IG09, Bourdin était désigné comme « sculpteur en cire », et il semblerait tout naturel

TÊTE DE CIRE DE HENRI IV Par Michel Bourdin (?) (Colleclion Dcsniottes)

que notre jeune artiste eût entrepris de faire un portrait en cire du feu roi ; c'était une façon de se faire distinguer. Remarquons bien d'ailleurs qu'il n'en reçut pas la commande et le fit de sa propre initiative. Ce n'est pas encore un artiste officiel. Il ne le fut même jamais.

Maintenant, que sont devenues ces trois œuvres? Pour celle de Jacquet qui fut préférée, qui servit aux funérailles et resta ensuite à Saint-Denis, il est probable qu'elle a dû être anéantie. Mais il nous reste précisément deux têtes de cire de Henri IV, ajustées l'une et l'autre sur des bustes pour lesquels elles n'étaient point faites et qui pourraient bien être les œuvres de Dupré et de Bourdin, d'autant plus qu'elles représentent toutes deux Henri IV tel qu'il pouvait être

i. Le maxqiiede Henri JF (3' pér., t. VI, p. 288-297).

vers 1610. Elles nous offrent même des traits communs si particuliers, qu'elles semblent bien avoir eu toutes deux pour original le moulage pris sur le cadavre du feu roi. L'une est à Chantilly, chez M. le duc d'Aumale, et l'autre à Paris, dans la collection de M. Desmottes, qui a eu l'obligeance de nous la laisser étudier et photographier. Toutes deux sont fort intéressantes, et quoique se ressemblant assez, elles présentent bien des différences. Celle de Chantilly, il faut le reconnaître, trahit la main d'un bien autre artiste que celle de Paris. Elle est pleine d'accents personnels et d'une expression douloureuse et puissante qui saisit au premier abord. Aussi reconnaîtrons-nous volontiers, avec M. Bapst, que c'est là l'œuvre de Dupré ', surtout si nous la comparons avec les médailles que le maître a laissées du roi Henri.

Celle de Paris, au contraire, ne présente presque rien qui la rapproche de ces profils si remarquables. Elle ne laisse pas d'avoir, dans l'ensemble, une assez grande allure, plus cavalière, plus vivante même que celle de Chantilly, mais sans doute ce que les traits du visage ont d'individuel et de puissant, certaines rides du front et du coin des yeux, le mouvement très caractéristique de la lèvre inférieure en avant, a été pris au moulage sur nature. Le reste, tout ce que l'artiste a dû faire par lui-même, la barbe, les cheveux, est beaucoup plus pauvre ; ces parties ont l'air postiche ; elles ne font pas corps avec le reste de la figure. C'est en somme un bon portrait en cire^ tel qu'en saurait faire un praticien habile, et Bourdin, si c'est lui, ne pouvait guère être encore que cela en IGIO. Malheureusement, l'on ne sait rien du chemin que lit cette figure depuis le xvii^ siècle jusqu'au moment oîi on la rencontre à Lausanne, d'où elle passa dans la collection Beurdeley, puis dans celle de M. Desmottes. Ce serait donc la première œuvre de Bourdin, mais encore ne peut-on pas la lui attribuer d'une façon certaine. Ce serait une œuvre de jeunesse, alors qu'il était seulement « sculpteur en cire », et nous ne trouvons pas encore là la note personnelle que nous allons voir s'accuser dans ses autres œuvres.

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