‹ Les boudoirs de verreChapitre 37 sur 102 · ZO PRUDENTE I · texte numérisé non relu

ZO PRUDENTE I

Et, chacune persistant dans son dire, Lo ajouta : « comme l'aile des corbeaux », tandis que Jo, de qui la littérature se hausse jusqu'à la chanson de Fortunio, — à cause de la musique, ! — s'écriait : « Comme les blés ! »

Enfin il y eut une gageure, dont les conditions jurées de part et d'autre, — oh ! les graves serments ! — furent que la perdante, pendant toute une semaine, n'essayerait pas de détourner du devoir, — non, pas mêm^ d'un regard qui rit de côté sous les cils, ni d'un petit pied qui ne sait ce qu'il fait sous la table, — aucun des amants de la gagnante. Mais comment arriver à une certitude parfaite ? Ce n'était plus le moment des demipreuves, des vagues probabilités ; la gravité dès circonstances exigeait que la vérité fût établie indiscutablement. Jo éclata de rire. « Tu as une idée ? » dit Lo. « Excellente, ma chère ! » Et, quand elles se furent parlé à voix basse, Lo convint, dans un éclat de rire

aussi, que c'était fort bien imaginé. Il est certain que l'épreuve proposée serait tout à fait convainxante et qu'après cela il n'y aurait plus rien à dire.

Le lendemain, Jo et Lo, grâce à la complicité de Rosette, se tenaient l'œil au guet derrière la porte, entrebâillée à peine, du cabinet de toilette où Zo sans défiance ne se gênait pas plus devant son miroir que si c'eût été vous ou moi. Elles entendirent le glissement de l'éponge sur les rondeurs lisses de l'épaule et du bras, virent rouler sur la gorge, comme des perles, des gouttes d'eau, et l'une, ,à la pointe du sein, s'arrêter et luire, rosée d'une petite rose, qui ne tombe qu'à regret. Elles ne cessaient pas de regarder ! Tant qu'enfin il leur fut donné d'admirer tout entière, — à l'instant oii on laisse tomber à ses pieds avec la batiste de la chemise en rond les chers souvenirs des nuitées^ — cette exquise statuette en biscuit rose et vivant qu'on appelle madame Zo.

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